Dent d’ours de Yann et Henriet

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Dent d’ours de Yann et Henriet, Dupuis

Pour résumer:

Quand Max est mis aux arrêts pour trahison, sa vie bascule. Pilote dans l’US Air Force, Max dit ‘le Polak’ a émigré aux Etats-Unis pour fuir la persécution nazie en Europe. Né en Haute-Silésie, de famille juive polonaise, Max s’est engagé dans l’armée américaine, où il sert sur une base aérienne du Pacifique. Pris pour un autre, il est soupçonné d’être un espion nazi, victime de sa ressemblance avec l’Allemand Werner Königsberg, né comme lui en Haute-Silésie, et qu’il a effectivement connu quand il était enfant, lorsqu’il rêvait d’aviation avec lui et la petite Hanna.

Ce que j’en pense:

Le scénario se déroule durant la seconde guerre mondiale et mélange présent et passé. L’histoire s’installe lentement mais sûrement, mettant en place une intrigue très prometteuse. Il y a très peu de rebondissements mais beaucoup de bonds dans le temps. Le passé alimente l’histoire du présent comme des flash-backs. Le tome 1 est donc une belle promesse complètement concrétisée par les tomes suivants. C’est juste un plaisir de découvrir la suite. Le suspens s’installe et on s’attache aux personnages. Les ellipses se font moins nombreuses pour laisser place à l’intrigue principale.

Outre une intrigue alléchante, cette BD met en scène des personnages plutôt fascinants. Max qui est au centre a tout du héros comme on les aime. Le personnage de Hanna prend également une grande place et elle prend toute sa dimension. Ces deux protagonistes mènent la danse et ont des caractères bien trempés.

L’écriture est simple et efficace, les dessins sont beaux et j’ai apprécié les multiples détails des avions. Les couleurs sont sublimes et apportent à la BD cette ambiance qui lui est propre.

Bref:

Un petit bijou!

Un petit aperçu:

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Si je devais le noter:

4-plumes

Y a pas que moi qui en parle:

Les fanas de livres

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Cette semaine chez Mo.

 

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Vol au- dessus d’un nid de coucou de Ken Kesey

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Vol au- dessus d’un nid de coucou de Ken Kesey, Stock

Pour résumer:

Dans une maison de santé, une redoutable infirmière, « La Chef », terrorise ses pensionnaires et fait régner, grâce à un arsenal de « traitements de choc », un ordre de fer, réduisant ses pensionnaires à une existence quasi-végétative.
Surgit alors McMurphy, un colosse irlandais, braillard et remuant, qui a choisi l’asile pour échapper à la prison. Révolté par la docilité de ses compagnons à l’égard de « La Chef », il décide d’engager une lutte qui, commencée à la façon d’un jeu, devient peu à peu implacable et tragique.

Ce que j’en pense:

Qui n’a pas lu Vol au- dessus d’un nid de coucou?

Heureusement, j’ai rattrapé mon retard et complètement par hasard. Attention, c’est le passage où je raconte ma vie. J’étais donc dans ma médiathèque adorée et je venais chercher Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey, mais malheureusement, quelqu’un avait dû passer avant moi… Mais dans le rayonnage, du même auteur, se trouvait Vol au- dessus d’un nid de coucou. Après une (petite) hésitation, je me suis dit que ce ne serai pas mal de le lire pour découvrir l’auteur.

L’intrigue se déroule dans un asile de fous. Alors que la Chef règne en maîtresse ultime sur tout ce petit monde, arrive un nouveau pensionnaire qui va perturber cette petite vie « tranquille ».

L’histoire n’est pas pleine de rebondissement mais nous déroule la vie de ces hommes. Tout tourne autour du bras de fer entre la Chef et Mc Murphy le nouveau pensionnaire. Tout le long, les rapports de force changent et chacun gagne un peu de terrain à sa manière. C’est passionnant de voir comment chacun réfléchit et aborde l’autre. J’ai adoré l’histoire même si ce n’est pas selon moi le point fort de ce roman.

Le pivot de ce roman, ce sont ces personnages. Ils sont touchants, émouvants, attachants…

D’abord, il y a Grand Chef qui est en fait le narrateur de cette histoire. C’est un indien qui se fait passer pour sourd et muet. Il a quelques hallucinations mais il n’est pas fou du tout. Il analyse à merveille son compatriote Mc Murphy.

Mc Murphy est LE personnage phare de ce roman. Il est très attachant. Au début du roman, il apparaît brutal. Il semble vouloir arnaquer tout le monde et surtout, il se confronte directement avec la Chef. Au fur et à mesure, le personnage prend du relief. On se rend compte que sous ses airs de gros durs, se cache en fait quelqu’un de très sensible. Il est profondément humain et essaie que ces camarades s’épanouissent.

La Chef est une espèce de bonne femme infâme et frustrée qui voue sa vie à pourrir celle des autres. Elle a Mc Murphy dans le nez et c’est une affreuse sadique. Clairement, je la déteste.

Les personnages sont donc très travaillés. Ils ont chacun leur caractère et ont leur propre psychologie. Ce sont de petits bijoux sur papier.

Quant à l’écriture… Elle est juste magnifique! Le style est superbe. Il y a de vrais beaux moments de grâce, comme par exemple la partie de pêche. J’ai eu un vrai coup de foudre stylistique pour cet auteur et ce roman. Au fur et à mesure que je lisais, je me disais que j’avais un véritable chef d’oeuvre sous les yeux. Je suis passée par tellement d’émotion en lisant ce livre que c’est juste indescriptible. Tout le livre nous amène vers un climax tragiquement beau.

Bref:

C’est sublime!

Si je devais le noter:

5-plumes

Y a pas que moi qui en parle:

Calmeblog

Les livres que je lis

Mes livres de chevet

Cette lecture s’inscrit dans le Challenge un classique par mois du Pr. Platypus.

Tout les gif sont tirés du film Vol au-dessus d’un nid de coucou.

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Atelier d’écriture

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© Felix Russel- Saw

J’avais la boule au ventre. Je préparais cet événement depuis tellement de temps…

Du plus loin dont je me souvienne, j’ai toujours voulu être photographe. Lorsque j’ai annoncé pour mes 18 ans mes ambitions artistiques à mon père, il m’a regardé avec mépris et a déclaré « Ce métier de saltimbanque n’est pas pour toi. » Ma réaction a été immédiate. Je suis montée dans ma chambre, j’ai pris quelques affaires et j’ai claqué la porte. Tristan, mon copain de l’époque, est venu me chercher quelques minutes plus tard dans sa camionnette aménagée. Il m’a souri, puis tendu un petit paquet qui contenait un appareil photo. Il m’a serré dans ses bras et il a démarré. J’ai dormi toute la nuit à l’arrière du véhicule pendant que lui conduisait. Au petit matin, il m’a réveillé et a entrouvert le coffre du minivan dévoilant un paysage luxuriant à perte de vue. Je me suis saisie de l’appareil et j’ai capté cet instant magique. Ce fut ma première photo…

Le vernissage battait son plein. Je serrais des mains, trinquais avec les invités tout sourire. Cette photo était au centre de l’attention de tous. Les uns admiraient le jeu de lumière, les autres félicitaient le sentiment d’immédiateté. À la fin du vernissage, la propriétaire de la galerie m’a sourie et m’a tendue une enveloppe contenant un chèque de 10 000€ pour le fameux cliché. Au dos du chèque, quelques mots: « J’avais tort. Papa. »

Les textes des autres participants sont sur Bricabook.

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Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

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Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre, Le Livre de Poche

Pour résumer:

« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Ce que j’en pense:

Quand ma collègue m’a tendu le livre en me le recommandant chaudement et en me disant que j’allais l’adorer, j’avoue que je me suis sentie très intriguée. Je connaissais Pierre Lemaitre pour son Travail soigné et sa Robe de marié que j’avais adoré. Mais là, ma collègue m’a dit « rien à voir! ».

Je me suis donc plongée dans la lecture de ce roman la tête pleine de questions diverses. J’ai compris très vite que l’intrigue était simple. Antoine tue son petit voisin alors qu’il n’a que douze ans. Paniqué, il cache le corps et garde ce secret pour lui. Dès lors, le lecteur suit Antoine dans ses moments de doute et d’angoisse tout au long de l’enquête sur la disparition du petit garçon…

Si vous venez régulièrement me rendre visite, vous devez commencer à connaître mon goût pour les thrillers musclés pleins de rebondissements et tout le toutim. Donc voici à peu près ma réaction face à ce roman:

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Il n’y a pas d’action! Le lecteur suit simplement les méandres que la culpabilité creuse chez notre personnage principal. OK, l’action ça ne fait pas tout! Mais le truc, c’est que le récit devient très vite répétitif et du coup, j’ai vraiment eu du mal à m’intéresser à l’histoire d’Antoine.

Antoine… Parlons- en… C’est le personnage principal. C’est un bon garçon, très gentil dont la psychologie est très détaillée tout au long du roman. Il est rongé par le remord, ça lui bouffe la vie et oui, comme je suis un être humain, je le comprends. Le travail autour de ce personnage est colossal mais allez savoir pourquoi, il m’a très vite ennuyé. Peut être que je ne porte pas assez de compassion dans mon cœur, je n’en sais rien, mais franchement, Antoine il m’a un peu gonflé à la longue.

J’adore le style de Pierre Lemaitre. Son choix de narration est judicieux. L’écriture est forte comme à son habitude. J’ai trouvé de magnifiques descriptions, de très beaux passages mais à part ça… Pas de grand coup de foudre.

Bref:

Une belle écriture mais cela ne suffit pas à faire oublié l’intrigue un peu faiblarde.

Si je devais le noter:

1-plume

Y a pas que moi qui en parle:

Les lectures de Lily

Jérôme

Noukette

La Fée lit

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Aïe de Sandrine Beau et Ariane Delrieu

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Aïe de Sandrine Beau et Ariane Delrieu, Limonade

 

Ce que j’en pense:

Un éléphant qui se fait bobo et qui va voir un docteur. Une histoire simple et remplie d’humour qui dédramatise les petits bobos.

Le personnage de l’éléphant est hilarant et l’animal est vraiment judicieusement choisi. Qui pourrait penser qu’un éléphant aussi massif souffrirait tant d’un si petit bobo?!

Les illustrations sont vraiment sympas. L’esthétique de l’album me plaît. Les couleurs sont toutes douces.

Ce qu’en pense Lily:

Lily a aimé l’histoire et le fait que l’éléphant hurle « Aïe ». Elle a trouvé l’histoire rigolote mais n’a que moyennement adhéré aux illustrations, je cite: « J’ai un petit peu pas aimé les images. »

Si je devais le noter:

5-plumes

Si Lily devait le noter:

3-plumes

Vous noterez que c’est la première fois que je fais un article avec la participation de ma fille Lily qui a 4 ans et déjà des envies très tranchés pour son âge.

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Tokyo Sanpo de Florent Chavouet

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Tokyo Sanpo de Florent Chavouet, Éditions Philippe Picquier

Pour résumer:

 » Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde. Plus qu’un guide, voici un livre d’aventures au cœur des quartiers de Tokyo. Pendant ces six mois passés à tenter de comprendre un peu ce qui m’entourait, je suis resté malgré tout un touriste. Avec cette impression persistante d’essayer de rattraper tout ce que je ne sais pas et cette manie de coller des étiquettes de fruits partout, parce que je ne comprends pas ce qui est écrit dessus. A mon retour en France, on m’a demandé si c’était bien, la Chine. Ce à quoi j’ai répondu que les Japonais, en tout cas, y étaient très accueillants. « 

Ce que j’en dis:

Tokyo Sanpo est un journal de bord d’un français qui a vécu au Japon.

Le journal est organisé par quartier et nous livre des petits moments de la vie quotidienne. Le lecteur y découvre des descriptions de personnages ou de devantures.

Ce roman graphique est fait avec beaucoup d’humour, c’est un véritable documentaire avec pleins de mésaventures et d’anecdotes.

Le gros point fort de ce livre, ce sont les illustrations qui sont juste magnifiques. Elles sont élaborées aux crayons de couleurs et il y a plein de petits détails.

Bref:

Une lecture agréable où on en prend plein la vue.

Un petit aperçu:

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Si je devais le noter:

4-plumes

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Cette semaine chez Stephie.

 

 

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Atelier d’écriture

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© Fred Hedin

C’était le rituel du dimanche de Pâques. Maman nous récurait de fond en comble. Papa mettait son plus beau pantalon en grinçant des dents.  Mamet et papet venaient nous chercher dans leurs beaux habits et nous allions tous ensemble à la messe. Maman me tenait par la main, remontait mes chaussettes, ajustait ma chemise et me faisait la raie bien au milieu avec des gestes appliqués. La messe, je m’y ennuyais ferme. Moi, ce que j’attendais, c’était le restaurant. L’église se vidait peu à peu et nous traversions la place du village. Cette petite place bordée d’amandiers et de chênes, abritait le sacro saint terrain de pétanque où les petits vieux passaient leurs journées. Le bar restaurant était plein à craquer. Monique nous installait à notre table habituelle. Elle suait à grosses gouttes, avait remonté ses manches et parlait fort en bonne tenancière. Elle régnait en maîtresse sur le seul bar du village. Elle tenait d’une main de fer sa gargotte. Les hommes l’aimaient pour ses formes généreuses et son franc parler. Les femmes l’appréciaient pour sa cuisine et ses bons conseils. Quant aux enfants nous l’adorions car elle nous glissait des bonbons en cachette sous nos serviettes de table. L’ambiance du dimanche de Pâques était un peu spéciale. Tout le village se réunissait ici, attendant l’eau à la bouche le festin que nous offrait Monique. Son mari était au fourneau et, exceptionnellement, leurs filles aidaient au service. Le menu était grandiose. Nous dégustions des petits pâtés de Pézenas en entrée, puis venait le gigot rôti à l’ail et au romarin et enfin la tarte Tropézienne. Tout ce petit menu arrosé de Pastis et de bon vin du Pays pour les adultes et d’antésite pour les plus jeunes. Même le curé quelque peu ivre, et qui nous avait rejoint , se réconciliait avec ceux qui n’étaient pas venus à la messe. Puis venait l’heure du café. Monique nous donnait des zézettes de Sète et nos parents nous autorisaient à sortir de table. La place du village se remplissait alors d’enfants. Certains enlevaient leurs chaussures à gland et leurs chaussettes pour tremper leurs pieds dans l’eau fraîche de la fontaine. D’autres sortaient leurs billes. Nous étions tous là, heureux, respirant le bon air provençal, le soleil nous réchauffait le dos et la garrigue s’étendait à perte de vue.

Les autres textes sont à découvrir sur le blog Bricabook.

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