Policier/ Thriller·Prix des Lectrices Elle 2020·Service Presse

Sous les eaux noires

Sous les eaux noires de Lori Roy, Les éditions du Masque

Pour résumer:

Lorsque, à la fin du lycée, Lane Fielding a fui Waddell, sa ville natale au fin fond de la Floride, pour l’anonymat de New York, elle s’est juré de ne jamais y revenir. Pourtant, vingt ans plus tard, fraîchement divorcée et mère de deux filles, elle se retrouve contrainte de retourner vivre chez ses parents, sur la plantation historique de la famille. Un lieu hanté par le passé et les crimes sinistres de son père, ancien directeur d’une maison de correction.
La disparition de sa fille aînée vient confirmer la malédiction qui pèse sur cette ville. D’autant que dix jours plus tard, une étudiante se volatilise à son tour. Lane, désespérée, entreprend alors de faire tomber les masques autour d’elle pour découvrir si quelqu’un n’a pas enlevé sa fille afin de se venger des crimes de son père.

Ce que j’en pense:

Lane revient dans le village de sa jeunesse après son divorce. Malgré les regards de travers, elle tente de reconstruire sa vie en oubliant son passé. Mais c’est chose difficile lorsque tout le monde lui rappelle sans cesse ce que son père a fait.

Avec Sous les eaux noires, Lori Roy nous livre un récit palpitant où présent et passé se mêlent. Les rebondissements s’enchaînent à bon rythme et des révélations sont faites tout au long de la lecture, alimentant la curiosité et la stupéfaction du lecteur. L’histoire est prenante. Personnellement, j’ai de suite accroché avec cette disparition de jeune fille qui fait écho au passé de sa propre mère. L’enquête avance tranquillement, un peu trop pour moi peut être. En effet, habituée au thriller musclé, j’ai trouvé que ce polar était une promenade de santé. J’aurai apprécié un rythme un tout petit peu plus soutenu. Néanmoins, Lori Roy a le mérite de nous livrer une intrigue maîtrisée. L’auteure tient son lecteur en haleine jusqu’aux dernières pages.

Les personnages du roman sont facilement identifiables mais remplis de mystère. Lane est l’élément central, le pivot de toute la structure du roman. Sans elle, il n’y aurait point d’histoire. Elle est le levier entre le passé et le présent et alors qu’elle recherche sa propre fille, c’est son passé qui se rappelle à elle. Apparaissant quelque peu paumée, elle s’avère d’une rare intelligence et campe finalement une femme forte à l’esprit vif. Bref, elle incarne une héroïne à la fois forte et sensible, une femme qui doit jongler entre son travail et ses enfants tout en assumant les regards que l’on peut jeter sur elle.

L’auteure prend le parti de changer de point de vue à chaque chapitre. En effet, le lecteur découvre les pensées d’un personnage différent à chaque fois. Ainsi, le récit se complète de façon intelligente sans pour autant créer de lassitude. Les différents éclairages de la disparition de Annalee sont donc observés par le lecteur sous toutes les coutures, lui permettant ainsi d’avancer dans l’enquête. Le style simple et efficace de l’auteure est très agréable. J’ai également aimé son ton juste. Elle aurait pu tomber dans le pathos lors de certains passages mais ce n’est pas le cas. 

Bref:

Sous les eaux noires est un polar agréable dont l’intrigue est bien construite et qui sait nous surprendre.

Si je devais le noter:

4-plumes

Policier/ Thriller·Prix des Lectrices Elle 2020·Service Presse

Tempêtes

Tempêtes d’Andrée A. Michaud, Québec Amérique

Pour résumer:

Sur les deux versants du Massif bleu, la nature se déchaîne. D’un côté, Marie Saintonge. Isolée au cœur de la forêt, dans une maison secouée par le blizzard, elle doit faire face à l’hostilité des lieux, aux voix sourdes de la peur et aux ombres inquiétantes qui viennent tour à tour frapper à sa porte. De l’autre côté, Ric Dubois. Confronté lui aussi à la fureur de la montagne lorsque les orages de juillet éclatent, il doit lutter pour sauver sa peau pendant que les morts suspectes se multiplient autour de lui. 

Ce que j’en pense:

Je ne sais pas vraiment par où commencer avec cette lecture. J’ai eu énormément de mal à en venir à bout. L’histoire de Sandra et Ric m’a laissée complètement de marbre.

L’intrigue se déroule sur les deux flancs d’une même montagne. D’un côté, nous trouvons Sandra qui rejoint la maison de son oncle qui s’est suicidé alors qu’une tempête de neige fait rage. De l’autre côté, Ric qui travaille dans un camping et voit les morts s’accumulaient autour de lui.

Sandra ouvre le roman et j’avoue que c’est la partie que j’ai préféré. J’ai ressenti de l’empathie pour le personnage qui se montre d’une sacrée trempe. Malheureusement, j’ai trouvé cette partie bien trop courte.

La partie consacrée à Ric ne m’a pas du tout séduite. Il faut dire que je n’ai absolument rien compris. Les faits s’enchaînent sans queue ni tête et par une météo immonde. Et pour couronner le tout, c’est cette partie qui constitue la majorité du roman. Grosso modo dans le roman, il pleut, il neige, il y a des orages et des morts qui s’accumulent.

Les personnages se multiplient mais je n’ai pas réussi à m’attacher ou encore à mémoriser leurs noms.

De plus, je n’ai pas accroché au style de l’auteure. J’ai trouvé l’ensemble brouillon et sans queue ni tête. C’est un peu trop travaillé et ampoulé. J’aurai préféré quelque chose de beaucoup plus sobre, qui aurait rendu le texte moins hermétique. J’ai l’habitude de lire des romans et parfois de grands classiques mais là, j’avoue que c’était à la limite de l’imbuvable.

Pour résumer, bien que le sujet de base soit intéressant, je n’ai pas du tout accroché au roman. L’écriture ne m’a pas séduite du tout. J’ai eu beaucoup de mal à venir à bout de ce roman et c’est dans la souffrance que j’ai terminé ma lecture.

Bref:

Je n’ai pas aimé du tout!

Si je devais le noter:

Ah ben non, je n’ai pas vraiment envie de lui mettre  un plume…

Policier/ Thriller·Prix des Lectrices Elle 2020·Roman·Service Presse

Sacrifices

Sacrifices d’Ellison Cooper, Cherche Midi

Pour résumer:

Neuroscientifique, spécialiste du comportement des psychopathes, Sayer Altair est appelée d’urgence par le FBI. On vient de retrouver des ossements humains dans une grotte perdue du parc national de Shenandoah. Un tueur semble y déposer ses victimes depuis des décennies. Lorsque l’affaire est reliée à la disparition inquiétante d’une femme et de sa petite fille quelques mois auparavant, une course contre la montre s’engage pour les retrouver avant l’issue fatale.
Alors que l’enquête semble au point mort, un psychopathe anonyme dont Sayer étudie le profil, le Sujet 037, lui propose son aide. Mais peut-elle vraiment lui faire confiance ?

Ce que j’en pense:

Dévoreuse de thrillers, je ne connaissais pas encore Ellison Cooper. Désormais, c’est chose faite et je ne regrette rien. Dans Sacrifices, l’auteure nous livre l’histoire de Sayer Altair une enquêtrice du FBI qui se retrouve sur le site de Shenandoah. En effet, c’est dans cet endroit magique qu’ont été retrouvés de multiples squelettes. Dès le début de l’enquête, la tâche va s’avérer ardue. En effet, très vite, l’équipe menant l’enquête va subir de nombreuses attaques. L’intrigue se déroule sur un rythme haletant. Les rebondissements se multiplient. Entre spéculations et fausses pistes, l’auteure nous mène par le bout du nez et nous entraîne dans le sillage d’une enquête musclée. De plus, la dimension mythique des crimes rajoute un petit plus à cette intrigue bien ficelée. Jusqu’au bout je n’ai rien vu venir. La fin clôt de façon brillante ce thriller passionnant. Créant la surprise, elle remplit pleinement le contrat du policier qui prend aux tripes.

L’autre force de ce roman est indéniablement son personnage principal. Sayer Altair campe une jeune femme au caractère bien trempé. Très vite, le lecteur comprend qu’elle est dans une situation critique et qu’elle a un passif compliqué. Sous ses abords de dur à cuire et de femme froide, Sayer Altair s’avère cacher de véritables fêlures. Très empathique, elle a le cœur sur la main. Même si sa passion pour les psychopathes reste étrange, elle incarne parfaitement la flic du FBI qui se bat pour ses convictions.

Le style de l’auteure est très agréable et colle parfaitement au genre policier. L’écriture est précise. L’ensemble est bien ficelé rendant la lecture prenante à la limite de l’addiction. Sans être pour autant un page turner, Sacrifices reste un bon thriller comme je les apprécie tant.

Bref:

Une lecture agréable.

Si je devais le noter:

4-plumes

Policier/ Thriller·Prix des Lectrices Elle 2020·Roman·Service Presse

Notre part de cruauté

Notre part de cruauté d’Araminta Hall, Editions Préludes

Pour résumer:

Leur histoire d’amour est terminée.
Le jeu ne fait que commencer.

Traumatisé par une enfance difficile, Mike Hayes menait une existence paisible, bien que solitaire, jusqu’au jour où il a fait la connaissance de Verity Metcalf. Verity lui a tout appris de l’amour et, en échange, Mike a consacré sa vie à la rendre heureuse. Il lui a trouvé sa maison, son travail, et il s’est sculpté le physique que Verity considère comme idéal. Il sait qu’ensemble ils connaîtront le bonheur.

Peu importe si elle ne répond pas à ses e-mails ou à ses appels.

Peu importe qu’elle soit mariée à Angus.

Cela fait partie du jeu secret auquel ils avaient l’habitude de jouer.

Ce que j’en pense:

Tout commence avec une histoire d’amour passionnelle. V et M s’aiment comme personne. Ils s’aiment comme des déments. Leur Jeu dangereux les lie plus que jamais. Alors, lorsque V plaque Mike, c’est la claque et puis, il comprend enfin, ce n’est que le Jeu qui continue…

Araminta Hall nous livre avec ce roman un récit glaçant. Lire les premières lignes, c’est tomber dans un piège dont on ne pourra sortir qu’aux derniers mots. L’intrigue est véritablement prenante. Au fil des pages, le lecteur suit Mike. Il pénètre dans son esprit. Au départ, tout semble ordinaire. Le personnage principal vit sa vie tranquillement et puis, un ou deux détails viennent faire tiquer. Et puis, c’est un geste, une parole qui font lever les sourcils. Enfin, ces détails deviennent légion éveillant définitivement la curiosité du lecteur, l’interpellant. Le piège avec ce roman c’est que comme il nous fait pénétrer dans la tête de Mike, nous n’avons que son point de vue. Alors, dans ces cas là, comment démêler le vrai du faux ? Le lecteur aura tôt fait de se faire une opinion, trop de choses suspectes concernent M. Et puis, on doute à nouveau, n’est-il pas innocent ? N’est-il pas manipulé ? Les questions se bousculent.

Vous l’aurez compris, Araminta Hall joue avec son lecteur comme un chat avec une pelote de laine. Nous oscillons de droite à gauche, sans vraiment savoir où l’on va, sans être maître de notre destin. Impuissant, nous essayons de comprendre, de percer à jour Mike. Mais la pelote de laine que nous sommes reste une victime inerte. L’auteure a l’art de nous happer complètement. Son livre nous dévore, nous ronge de l’intérieur. Notre seul salut ? Le terminer, savoir et comprendre. Ce page turner au suspens haletant donne donc toutes ses lettres de noblesse au thriller psychologique. L’écriture est claire, incisive. Le style est imparable. Lire ce roman, c’est plonger dans les nimbes et en ressortir changé.

Bref:

Un incontestable coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

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Policier/ Thriller·Prix des Lectrices Elle 2020

Mon Territoire

Mon Territoire de Tess Sharpe, Sonatine Editions

Pour résumer:

À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Mais le jour où Harley est en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, elle décide de faire les choses à sa manière, même si cela signifie quitter le chemin tracé par son père.

Ce que j’en pense:

Harley McKenna est une jeune femme avec un lourd héritage. Fille de Duke McKenna, le caïd du North County, elle n’a de cesse de se montrer digne du territoire qu’a su conquérir son père. Au moment de reprendre les rênes, elle décide que désormais, c’est à sa façon que se feront les choses. Mais, sa manière de faire n’est pas vraiment celle que les sbires de son père préfèrent. Elle va devoir montrer qu’elle est la légitime héritière du royaume de son paternel.

Avec ce roman, Tess Sharpe nous livre une histoire qui prend aux tripes. Dès les premières lignes, on s’attache au personnage de Harley. On la suit tout au long de sa conquête et tel des spectateurs muets, nous assistons à sa longue ascension. La route ne sera pas simple mais Harley saura faire les bons choix pour s’affirmer tel qu’il se doit. Le rythme de ce roman est agréable. J’aime la façon dont découlent les situations. Plus l’on avance dans la lecture et plus on sent l’urgence du dénouement.

Les personnages sont nombreux dans ce roman mais le pivot central est Harley. Elle est présente partout. Bien que décrivant un monde en apparence masculin. Le lecteur a tôt fait de comprendre que le pouvoir est aux femmes. En effet, Harley et son acolyte Mo se sont données pour mission de protéger les femmes battues. Elles leur apprennent à se défendre et à ne plus avoir peur. Le rôle des mères est également mis plusieurs fois en avant. Par exemple, c’est la mère du clan ennemi qui aura le courage d’aller voir Duke pour négocier une trêve. Au fil des pages, le lecteur bascule dans un monde féminin et on comprend très vite que c’est justement vers ce basculement que tend Harley.

Le style de l’auteur est très agréable. Son écriture est fluide et m’a littéralement emportée dans son univers. Les descriptions sont précises. J’ai particulièrement aimé la façon dont elle nous livre les pensées de son personnage. Nous laissant ainsi pénétrer complètement dans son esprit. J’ai aimé la façon dont elle a su me surprendre avec des sentiments forts et contradictoires. J’ai eu du mal à finir le roman car je ne voulais pas vraiment quitter Harley mais finalement, il a fallut lui dire au revoir. Heureusement, les dernières lignes du roman sont une belle promesse.

Bref:

Une lecture très agréable.

Si je devais le noter:

4-plumes

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Sélection du mois d’octobre 2020

Policier/ Thriller·Roman

Sorry

Sorry de Zoran Druenkar, Livre de Poche

Pour résumer:

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, ils ont l’idée de monter une agence, nommée Sorry, chargée de s’excuser à la place des autres. Le succès est immédiat, ils aident des hommes d’affaires qui estiment s’être mal comportés, un associé ou une entreprise à alléger leurs remords à l’égard de leurs victimes… Jusqu’au jour où un mystérieux assassin désireux de soulager sa conscience recourt aux services du quatuor. Ce sera le début d’une longue descente aux enfers. Pris au piège, les quatre amis n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

Ce que j’en pense:

Frauke, Wolf, Kris et Tamara sont une bande de copains qui montent une entreprise un peu particulière. En effet, ils doivent s’excuser à la place des gens. Tout se déroule à merveille jusqu’à l’affaire qui va faire basculer leurs vies.

Le lecteur assiste donc impuissant à la longue descente aux enfers des jeunes gens. Le récit mêle changement de points de vue et analepses, créant ainsi un suspens insoutenable. Tout au long de la lecture, les questions se multiplient. Ce ne sont que les derniers chapitres qui nous permettront de comprendre. L’intrigue est bien construite. La mécanique du thriller est maîtrisée.

Les personnages en présence sont nombreux et insaisissables. Même la bande de copains ,dont chacun devient le narrateur, est difficile à cerner et à comprendre. Très vite, on en vient à se méfier de tout le monde.

L’écriture est agréable. Le style est rythmé et colle parfaitement au genre. Le choix de narration est judicieux et accentue la dimension mystérieuse du roman.

Bref:

Une lecture agréable.

Si je devais le noter:

3-plumes

Policier/ Thriller·Roman

Le Cri

Le Cri de Nicolas Beuglet, Pocket

Pour résumer:

À quelques kilomètres d’Oslo, l’hôpital psychiatrique de Gaustad dresse sa masse sombre parmi les pins enneigés. Appelée sur place pour un suicide, l’inspectrice Sarah Geringën pressent d’emblée que rien ne concorde. Le patient 488, ainsi surnommé suivant les chiffres cicatrisés qu’il porte sur le front, s’est figé dans la mort, un cri muet aux lèvres – un cri de peur primale. Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va découvrir une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…

Ce que j’en pense:

Sarah mène l’enquête sur une mort suspecte dans un hôpital psychiatrique. Très vite, elle comprend les proportions que vont prendre son enquête et rencontre Christopher.

Nicolas Beuglet nous livre une intrigue diabolique. L’ensemble est très bien construit. Le rythme est haletant. Il y a beaucoup de suspens et de rebondissements. J’ai été tenue en haleine de bout en bout. Sans vraiment m’en rendre compte, je me suis retrouvée engloutie dans ce page turner.

Le personnage principal est campé par Sarah. Elle est très attachante et tout en nuances. L’auteur exploite à merveille son personnage et développe son caractère de façon très habile. La psychologie est fine, nous livrant une héroïne à la fois dure et sensible. Le personnage masculin est Christopher. Il arrive plus tardivement dans l’histoire mais là aussi, le travail sur le caractère est précis.

Le style est très énergique. L’ensemble est bien rythmé, agréable et équilibré. Les descriptions sont justes, l’auteur sait ne pas trop en faire. 

Bref:

Une lecture prenante et agréable.

Si je devais le noter:

5-plumes