Album Jeunesse·Littérature de Jeunesse·Service Presse

L’enfant renard

L’enfant renard de Laure Van Der Haegen, Hong Fei, 44 pages

Dans une petite maison à l’orée du bois, une maman souffre : son petit s’y sent à l’étroit. Il est renard ; elle le laisse partir. Quand ils se voient, elle lui dit qu’elle fut renarde. Un jour, il revient : il a faim, froid, besoin de réconfort ; elle l’accueille. Il grandit, se transforme. Maman, elle sait qu’il repartira. En attendant, tendrement, patiemment, elle écoute son fils lui raconter ses aventures futures.

Décidemment, les éditions Hong Fei m’ont gâté avec ce deuxième service presse. Je les remercie.

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Ce petit album interroge tout simplement son lecteur sur la socialisation et sur ce que la société attend de nous. Alors que le petit renard veut vivre sa propre vie, sa mère s’inquiète mais lui laisse le champ libre. De lui même, l’animal sauvage deviendra un petit garçon.

Vous l’aurez compris, la métaphore et la symbolique sont des éléments centraux de cette lecture. La maman humaine incarne la société et ses attentes, alors que le petit renard incarne l’enfant fougueux qui peine et souffre des codes que la société veut lui imposer. 

La mère laisse le champ libre à son enfant, elle lui laisse le temps de comprendre, de s’accepter. Malheureusement, notre société actuelle n’est pas aussi clémente. Néanmoins, cet album nous montre que sans forcer, avec un peu d’amour, de temps et de patience, tout arrive.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui par certains aspects est presque un petit conte philosophique.

Le texte est accompagné de très belles illustrations dans des tons pastels créant une ambiance douce et rassurante. 

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Littérature de Jeunesse·Roman·Service Presse

Royal Special School, T2: Coup de théâtre et apple pie

Royal Special School, Tome 2: Coup de théâtre et apple pie de Nancy Guilbert et Yaël Hassan, Gulfstream éditeur, 208 pages

“Foggy Island, Écosse.Plus de doutes pour Rose et Virginia : le gentil Niven a bien été assassiné il y a cinq ans ! Par qui ? Et pourquoi ? Surveillées de toute part, la jeune élève et l’apprentie cuisinière vont devoir ruser pour découvrir qui se cache derrière ce crime odieux et révéler le coupable aux yeux de tous. Heureusement, entre les murs de la Royal Special School se trouvent aussi des alliés, certains des plus inattendus…”

Grâce aux éditions Gulfstream, j’ai pu lire le tome 2 de Royal Special School.

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Je garde un très bon souvenir de ma lecture du premier tome de Royal Special School. Dans ce second opus, nous retrouvons nos deux héroïnes, Virginia et Rose, toujours entourées de leurs amis fantômes. Ici, l’étau se resserre et les deux jeunes filles continuent à mener l’enquête sur la mort de Niven.

L’intrigue s’intensifie dans ce deuxième tome et l’enquête s’avère beaucoup plus complexe. Les rebondissements et retournements de situations se multiplient. J’ai beaucoup aimé le rythme de l’histoire et je ne me suis pas du tout ennuyée. 

Ce tome 2 intègre également de nouveaux personnages qui viennent aider nos héroïnes. Rose qui est élève à la Royal Special School n’évolue pas beaucoup durant ce tome. Je l’ai trouvé un peu fade comparée à Virginia qui est un personnage beaucoup plus nuancé. On découvre de nombreuses choses sur elle et sa vie dans le roman et elle s’avère courageuse mais aussi très sensible. 

L’écriture est toujours aussi agréable. Je reste très admirative par ce travail à quatre mains. J’ai adoré les différentes références latines, les touches d’humour mais aussi le suspens que les deux autrices ont réussi à installer. Mais, surtout, elles ont crée tout un univers autour de cette école. Elles ont  su créer une atmosphère particulière et spécifique au lieu où se déroule leur histoire.

Mention spéciale également pour Coralie Muce qui nous offre de superbes illustrations tout en finesse. Ces dernières sont vraiment délicates et correspondent parfaitement à l’esprit du roman.

Le tome 2 de Royal Special School conclut une enquête ponctuée de rebondissements. Le duo d’autrice fonctionne et nous livre un roman à l’atmosphère spéciale.

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Album Jeunesse·Littérature de Jeunesse·Service Presse

Le Malotru

Le Malotru de Bernard Villiot et Léo Mear, Editions Margot, 32 pages

Le Malotru nous présente un personnage peu sympathique qui passe sa vie à enquiquiner ses voisins et tous les enfants qui l’entourent. Mais arrivera t’il à changer?

Cette petite histoire en apparence très simple nous livre une véritable histoire de vie et une vraie leçon sur la gentillesse. 

Le personnage du Malotru connaît une véritable évolution. Bernard Villiot nous le présente comme une personne bourrue mais qui va être contraint à changer son attitude pour se sortir d’une situation plus qu’embêtante.

Cet album nous montre qu’avec un peu de gentillesse, tout peut vraiment changer.

D’un point de vue esthétique, c’est vraiment très beau. Léo Mear nous livre des illustrations remplies de douceur. Les couleurs sont magnifiques. Les nuances chaudes prédominent, les traits sont fins et délicats et c’est un vrai délice pour les yeux.

J’ai donc pris beaucoup de plaisir à lire mais aussi à feuilleter cet album.

Je tiens à remercier les Éditions Margot pour leur confiance et cet envoi.

Rencontre avec Thibault Prugne des éditions Margot | La tête en claire

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bd·Littérature de Jeunesse

Sacha et Tomcrouz

Un concept fort, des dialogues modernes, un aspect pédagogique ludique, Sacha et Tomcrouz propose des voyages envoûtants à travers l’Histoire et le temps ! Sacha Bazarec vit seul avec sa mère, une antiquaire un peu excentrique. Pour ses dix ans, il rêve d’un rat méga intelligent pour l’aider dans ses recherches scientifiques, mais à la place, il reçoit un chihuahua… C’est un chien et pourtant, il n’obéit à rien ! Il l’appelle Tomcrouz comme l’idole de sa maman. Et même si Sacha le somme de ne pas mettre de boxon, il renverse tout sur son passage au point de se retrouver, un matin, couvert d’une gelée incandescente. Depuis… un phénomène étrange se produit, et tous deux se retrouvent transportés dans des endroits bizarres, à travers le temps…Chaque album comporte une histoire complète, agrémentée de 2 fiches : Une fiche « Prends-en de la graine » où la mère de Sacha propose une leçon d’Histoire sur l’objet, déclencheur du voyage ; Et une fiche « Einstein » où Sacha explique une expérience scientifique réalisable par le lecteur et qui, dans l’histoire, lui permet de sortir d’une situation difficile.

Dans cette série jeunesse, nous découvrons un duo de choc, Sacha (le petit garçon) et Tomcrouz (le chihuahua). Ces deux petits personnages, se voient transporter dans diverses époques. Dans chaque époque, ils vivent une nouvelle aventure palpitante. On ne s’ennuie pas avec les deux acolytes. Trois tomes ont déjà vu le jour. Le premier se passe à la période des Vikings. Le deuxième à la cour du Roi Soleil et le troisième chez les Shaolin.

Chaque aventure est portée par un scénario pleins de rebondissements. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et les touches d’humour qu’Anaïs Halard dissémine tout au long des BD rendent cette lecture vraiment agréable. De plus, les personnages principaux sont vraiment attachants. Sacha est un petit garçon qui pourrait paraître comme loufoque mais qui sait se montrer courageux et sensible. Quant à Tomcrouz, ce petit chihuahua s’avère être pleins de surprises.

J’ai également apprécié les fiches que l’on trouve en fin de tome. L’une a un pan plus historique et est proposée par la maman de Sacha, qui est antiquaire. La deuxième a un pan plus scientifique et est proposée par Sacha (il tient de son père).

D’un point de vue esthétique, j’ai complètement accroché à l’univers de Bastien Quignon. J’ai aimé ces traits fins et vaporeux. L’ensemble pourrait paraître « simple » de prime abord mais la complexité des jeux de couleurs révèle véritablement la beauté des planches.

Bref, Sacha et Tomcrouz est une bonne série de BD jeunesse tant drôles qu’instructives. Les scénarios aux multiples rebondissements sont mis en valeur par les superbes planches. Anaïs Halard et Bastien Quignon constitue au duo qui fonctionne. Espérons que leur collaboration durera longtemps et qu’ainsi ils nous livrerons de nouvelles aventures de nos deux héros favoris.

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Les fleurs de grand frère

Les fleurs de grand frère de Gaëlle Geniller, Delcourt, 64 pages

« Un jour de printemps, des fleurs se sont mises à pousser sur la tête de grand frère. Au début, elles l’ont effrayé, et il ne savait pas quoi en faire. Nous sommes allés voir Mamie, qui connaît tout sur les fleurs. Mais des comme ça, elle n’en connaissait pas. Grand frère a alors demandé à Papa de les lui couper. Papa lui a dit : ‘ Mais tu ne les as pas encore écoutées ! ‘ Les fleurs ont alors commencé à lui parler… »

J’avais lu de très beaux avis sur cette petite BD jeunesse et j’avoue que je me suis montrée impatiente à l’idée de la découvrir.

Nous découvrons donc l’histoire de Grand Frère qui se voit un beau matin orné de jolies fleurs sur la tête. Alors, au départ, il n’est pas vraiment ravi, d’autant que ce type d’attribut est peu commun. Et pourtant, en se montrant attentif, il va peu à peu écouter ses fleurs qui vont devenir un vrai atout.

Ce scénario en apparence tout simple, livre en réalité un message bien plus complexe. En effet, beaucoup de thème sont abordés, et pas des moindres. La différence, la tolérance, le regard des autres et l’acceptation de soi sont autant de sujets dont traite cette BD. 

En abordant tout cela du point de vue du petit frère, Gaëlle Geniller se met à la hauteur de ses plus jeunes lecteurs. Les mots sont simples, les situations claires, permettant ainsi de toucher de son message de tolérance, le plus de monde possible.

D’un point de vue esthétique, c’est tout simplement beau. Les traits sont d’une finesse inouïe. J’ai aimé la sensibilité qui se dégage des planches. Et puis, il y a ces couleurs, si belles et si enveloppantes, qu’elles créent comme une espèce de bulle entre le lecteur et les personnages.

Les fleurs de grand frère  livre donc un beau message de tolérance et d’acceptation de soi. L’esprit graphique m’a complètement transportée.