bd·Mercredi BD

Malgré tout

Malgré Tout de Jordi Lafebre, Dargaud, 152 pages

C’est l’histoire d’un amour à rebours. Une passion platonique mais éternelle entre deux êtres. D’un côté, il y a Ana. Sexagénaire charismatique, ancienne maire tout juste retraitée, mariée et maman. Une battante au grand coeur qui impose le respect. De l’autre, il y a Zeno. Célibataire endurci, libraire proche de la retraite et doctorant en physique qui aura mis quarante ans pour terminer sa thèse. Un esprit libre et voyageur, aussi séduisant que mystérieux.

Au fil des années, ils ont tissé ensemble un amour impossible et intarissable. Tout en égrainant les excuses qui ont empêché qu’elle ne prenne forme, on remonte le temps de cette romance et de ses méandres… jusqu’à sa source.

Jordi Lafebre pour moi c’est avant tout Les beaux étés mais aussi La Mondaine. Deux séries que j’ai terriblement adoré. J’attendais avec énormément d’impatience de lire Malgré Tout. Les avis lus sur la blogosphère étaient très positifs et les visuels entraperçus me faisaient de l’œil.

Je me suis donc lancée dans cette lecture, découvrant l’histoire de Ana et Zeno. La BD commence par le chapitre 20. Les deux protagonistes se retrouvent, plus amoureux que jamais. Et puis, l’histoire commence, mais à rebours. Le scénario commence donc par ce que l’on pourrait appeler la fin. L’originalité de l’écriture a su me séduire. J’ai été désarçonnée au départ mais après, j’ai de suite accroché. Alors que dans toutes les histoires d’amour, on veut savoir comment cela se termine, ici on veut absolument savoir comment cela a commencé. Avec délectation, on découvre chaque pan de la vie des protagonistes. Chaque chapitre croque un moment de leurs vies. En quelques pages, on entraperçoit la complicité d’Ana et Zeno, la force de leurs sentiments. 

L’intrigue est donc très prenante et c’est un véritable page turner qui s’offre à nous. Les personnages sont juste magnifiques. Jordi Lafebre a une certaine sensibilité de laquelle je suis plutôt proche. Il nous offre donc une Ana au fort caractère mais très attachante et un Zeno un peu bohème et aux multiples vies. Les protagonistes sont très émouvants, ils sont humains et touchants. 

L’esthétique quant à elle est superbe. C’est toujours un plaisir de retrouver le travail de Jordi Lafebre. Les traits sont fins. Il y a beaucoup de détails. Les personnages ont cette espèce de dynamique que j’adore. J’aime particulièrement le travail sur les expressions. On ressent les émotions des personnages. Les couleurs sont superbes et j’adore l’ambiance qui se dégage.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette lecture que j’ai dévoré. J’avoue que je voyais arriver la fin avec appréhension car j’étais très bien avec les personnages. Et puis finalement, ce qui devait arriver, arriva, la dernière planche, les derniers mots …Et, ce qui pour moi est la fin de ma lecture, devient finalement le début de toute l’histoire d’Ana et Zeno.

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Cette semaine chez Stéphie.

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Déracinée, Soledad et sa famille d’accueil


La Boîte à Bulles
 m’a permis de découvrir cette magnifique BD et je les remercie.

Déracinée, Soledad et sa famille d’accueil de Tiffanie Vande Ghinste, La Boîte à Bulles

Bruxelles, 2012. Billie reçoit un appel de sa mère l’informant que la juge aux familles a décidé de rendre Soledad, sa sœur d’accueil, à sa mère biologique. Pour la famille, c’est tout à la fois un désaveu cinglant et surtout un drame car ils craignent pour la stabilité émotionnelle de Soledad.
Sans hésitation aucune, la jeune femme abandonne la capitale belge et ses études de médecine pour revenir au sein du cocon familial, au beau milieu de la forêt, retrouver ses parents et ses 4 autres frères et sœurs. Son retour auprès de sa « tribu » sera bientôt suivi par celui de Soledad, déçue et traumatisée – une fois de plus – par le rejet de sa mère biologique.
Si cette famille originale ne manque ni de charme ni de solidarité, ni d’originalité, chacun de ses membres se retrouve face à ses propres difficultés, que ce soit pour définir des choix de vie, pour se trouver une profession, ou pour continuer à croire en son rôle de parent d’accueil face aux aberrations d’une administration bornée…
Car le mal-être de Soledad, jeune adolescente tourmentée, se trouve amplifié par les événements récents, avec un sentiment d’abandon décuplé et l’impression de n’avoir sa place nulle part, pas même dans sa famille d’accueil. Autour d’elle, la tribu tente de faire front et de l’apaiser.
Mais c’est sans compter sur l’obstination et l’aveuglement d’un trio d’assistantes sociales au rôle de quasi sorcières maléfiques…

La Boîte à Bulles m’a permis de découvrir cette magnifique BD et je les remercie.

Dès la lecture du résumé, j’ai été emballée par cette histoire qui s’appuie sur la véritable expérience de Tiffanie Vande Ghinste. En se plongeant dans cette BD, nous découvrons l’histoire de Soledad, une jeune adolescente qui vit en famille d’accueil. Le début du scénario nous présente la famille et nous explique que Soledad est retournée dans sa famille biologique ce qui crée un véritable séisme dans la vie des gens qui l’accueillaient. Le lecteur aperçoit la plupart des choses à travers le regard de Billie qui est l’aînée de la famille. Le scénario nous présente le combat de ses parents pour le bien être des enfants qu’ils reçoivent. C’est donc un récit très émouvant qui nous est livré. Mais outre l’histoire humaine, c’est aussi un véritable problème dans le système social qui est mis en avant. Petite précision, Déracinée se déroule dans une famille Belge. C’est donc une mise en lumière du système de ce pays. J’ai ressenti beaucoup de colère en lisant cette BD car certaines situations m’ont paru aberrantes et injustes envers les enfants.

Le scénario est donc très prenant. Soledad est au centre du récit. Cette jeune fille vit un profond mal être. Elle se questionne beaucoup. Et autour d’elle, gravitent de nombreux personnages. Ecoute, patience et empathie, sont les qualités que l’autrice met en avant dans cette BD. Les sentiments qui lient l’ensemble des protagonistes sont profondément touchants. Malgré la souffrance, malgré les injustices, la famille d’accueil œuvre à rendre la vie de ces enfants meilleure. Le travail de reconstruction est monumental et il mérite d’être souligné.

D’un point de vue esthétique, c’est tout un univers qui s’offre aux lecteurs. J’ai trouvé les illustrations très belles. L’ensemble est fait aux crayons de couleurs. Les nuances sont très douces pour les personnages et créent un contraste avec les décors qui explosent. Il y a pleins de petits détails. J’ai beaucoup aimé le style des personnages avec ce trait tout en courbe.

Bref, vous l’aurez compris, c’est un véritable coup de cœur que cette BD!

La Boîte à Bulles m’a permis de découvrir cette magnifique BD et je les remercie.20210415_170346_0000

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Cette semaine chez Noukette.

bd·Littérature de Jeunesse·Mercredi BD·Service Presse

Céleste la licorne

Céleste la licorne, Tome 1: Rallumons les étoiles de Geneviève Guibault, Lisette Morival et Jérémy Parigi, Kennes Editions

Le jour de son anniversaire, LunaBelle voit enfin son vœu se réaliser. Du moins, presque… Ce n’est pas un cheval qui atterrit dans sa chambre, mais une licorne ! Et la jolie bête a besoin de sa petite humaine pour une mission dans l’espace. Attention ! Prêts ? Volez !

Grâce aux éditions Kennes, j’ai pu découvrir Céleste la licorne!

Kennes Éditions

Pour ceux qui me connaissent un peu, vous devez savoir que les licornes sont pour moi une passion! J’ai donc découvert avec beaucoup de curiosité ce premier tome. Côté licorne, je n’ai pas été du tout déçue! Tout commence avec l’anniversaire de LunaBelle qui veut comme cadeau un cheval! Mais, c’est sans compter sur ses parents qui refusent encore une fois. Mais LunaBelle ne désespère pas! Elle fait donc un vœu et BIM! Voilà une licorne qui débarque dans sa chambre. Céleste (c’est le nom de la licorne) vient chercher LunaBelle car elle a besoin d’elle pour sauver son univers. Nous voilà donc transporter dans une aventure extraordinaire. Le scénario est bien rythmé, on découvre tout un univers. J’avoue qu’il y a beaucoup d’informations dans ce premier tome qui vise à installer le décor qui sera sûrement le fil conducteur dans les prochains tomes. L’ensemble est rempli d’humour, ce qui donne le ton de la BD.

LunaBelle qui partage la couverture avec Céleste, est une petite fille au caractère bien trempé et qui sait ce qu’elle veut. Elle n’a pas froid aux yeux et est très attachante. Céleste est une licorne qui remplit le contrat de l’animal extraordinaire tout en déboulonnant quelques idées reçues. Cela permet de ne pas rendre ce personnage trop cliché et c’est plutôt agréable. 

D’un point de vue esthétique, les traits sont ronds et fins. Les personnages ont de grands yeux expressifs. Les vignettes fourmillent de détails dans les décors, les vêtements, les expressions faciales etc. Les couleurs sont acidulées. Cette BD est un vrai bonbon. J’ai adoré tourner ces pages qui sont un vrai régal pour les yeux!

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Cette semaine chez Moka.

 

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Petits Moments d’amour

Petits moments d’amour de Catana Chetwynd, Kennes Editions

Un recueil de moments tendres dans lesquels tous les couples peuvent se reconnaître.

Petits moments d’amour est une douce collection de bande-dessinée sur les moments simples (mais précieux), absurdes et quotidiens d’une relation de couple.

Catana Chetwynd partage depuis plusieurs années sur internet sa relation avec son petit ami et des millions de gens suivent ses tendres aventures et se retrouvent dans ces petits moments qui font le sel de la vie à 2.

Petits moments d’amour est une BD qui rassemble plusieurs petites situations du couple en dessins. Ainsi, le lecteur rentre dans l’intimité d’un couple qui s’aime à la folie. 

Ces moments pris sur le vif, mettent en avant des moments de la vie quotidienne mais aussi les petites marques d’amour qui font toute la différence. Les situations sont attendrissantes, drôles et certaines ont su faire écho en moi.

D’après ce que j’ai cru comprendre, les anecdotes sont basées sur la vie de Catana Chetwynd. J’ai trouvé que le couple mis en scène est attachant mais aussi un peu agaçant de par sa « perfection ». J’ai également trouvé que l’auteure se dénigre énormément comparé à son conjoint. Elle se dit sans cesse qu’elle n’est pas assez bien pour lui et, à la longue, cela devient agaçant.

D’un point de vue esthétique, c’est assez particulier… Catana Chetwynd a un trait fin et simple. Les personnages ont de petits corps sur d’énormes têtes. Les yeux sont proéminents. Il y a très peu de décors et de détails. L’ensemble est en noir et blanc. C’est donc un style très épuré. Personnellement, j’ai trouvé que les expressions faciales étaient un peu trop figées, ce qui est dommage.

Bref, je n’ai pas vraiment adhéré à l’univers de cette BD qui m’a été gentiment envoyée par les éditions Kennes.

Kennes Éditions

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Cette semaine chez Stephie.

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Les filles des marins perdus

Les filles des marins perdus de Teresa Radice et Stefano Turconi, Glénat

« Y a des marins qui boivent et reboivent aux dames… »

Dans Le Port des Marins Perdus, sublime roman graphique paru en 2016 et couronné de succès, on a pu croiser les prostituées du Pilar, un bordel pour marins de Plymouth. Dans ce spin-off, on retrouve ces filles de petite vertu qui nous content à tour de rôle une histoire confiée par leur amant d’un soir.

J’avais adoré Le Port des Marins Perdus du même duo. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai renoué avec cet univers. 

Pour cet opus, nous nous retrouvons dans un bordel de Plymouth. Nous y suivons la vie des prostituées. Chaque jeune femme a son histoire, chaque jeune femme a sa raison de faire ce métier. Toutes ensemble, elles forment une famille. Au fil des pages, le lecteur les découvre. Sensibles, belles, impitoyables lorsqu’il le faut. Les coulisses se livrent à nous. Que se passe t’il dans les secrets des alcôves? Le lecteur va le découvrir à travers le regard de ces jeune filles.

Le scénario sublime a su m’envoûter dès le départ. J’ai littéralement dévoré cette BD! Certains rebondissements prennent aux tripes et l’on se prend d’amitié pour ses prostituées. Chaque personnage a son propre caractère et sa propre histoire. J’ai beaucoup aimé voir les protagonistes évoluer.

L’ambiance de la BD est fascinante. L’esprit graphique est sublime. Les dessins sont remplis de petits détails. Les décors foisonnent, les vêtements sont plein de draperies. Les couleurs sont magnifiques et confèrent une ambiance vraiment spéciale. La touffeur des boudoirs alternent avec l’ambiance plus fraîche du port et c’est un vrai plaisir à feuilleter.

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Cette semaine chez Noukette.