bd·Mercredi BD

Vive la marée!

Vive la marée! de David Prudhomme et Pascal Rabaté, Futuropolis

Pour résumer:

L’espiègle duo de La Marie en plastique est de retour, en verve et en observateurs taquins de leurs congénères sur les bords de mer. Haut le verbe et hautes les couleurs, la France en maillot de bain!

Ce que j’en pense:

Cette BD aux allures estivales tire le portrait d’une galerie de personnages se trouvant en bords de mer. Ainsi, le lecteur passe de personnages en personnages, découvrant des caractères différents, des physiques différents etc. J’ai adoré ces morceaux de vies! Le duo croque avec beaucoup d’humour les diverses personnalités que l’on peut rencontrer durant les vacances. Forcément, cela va du plus sympathique au plus bourru, mais le regard du scénariste et de l’illustrateur reste néanmoins plutôt bienfaisant sur tous les personnages.

Etrangement, j’ai ressenti de la tendresse durant la lecture, me sentant comme un témoin privilégié de la vie de ces personnes. Cela a également éveillé beaucoup de souvenirs. Vivant au bord de la mer, certains personnages m’ont rappelé des personnes croisées ici ou là durant la saison estivale.

Au- delà de la série de portraits, j’ai également apprécié le langage utilisé dans cette BD. J’ai trouvé l’ensemble mordant et rafraîchissant.

L’esthétique est plutôt sympathique même si j’avoue que ce n’est pas vraiment ce que je préfère. L’adéquation entre le scénario et les illustrations font que la magie opère et les couleurs solaires nous réchauffent le cœur en ce morne hiver froid.

Bref, si vous aimez les galeries de portraits grinçants, je vous conseille vivement cette lecture.

4-plumes

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez Stephie

Ma chronique en vidéo:

bd·Littérature de Jeunesse·Mercredi BD

Jeannot

Jeannot de Loïc Clément et Carole Maurel, Delcourt

Pour résumer:

Pour Jeannot, la vie était simple et heureuse jusqu’à ce drame qui a tout changé. Depuis il s’est mis à entendre ce que disent les arbres et les plantes. Cela paraît un peu fou mais il peut vraiment les entendre ! On pourrait croire à un don du ciel inestimable, mais Jeannot y voit plutôt une malédiction car les arbres sont bêtes comme leurs racines…

Ce que j’en pense:

L’histoire de Jeannot, ce papi qui entend les plantes se lit d’une traite. C’est presque trop court! Le scénario nous dévoile des moments d’émotions, mais également des moments qui font sourire et nous redonne de l’espoir. Loïc Clément a vraiment l’art de raconter les histoires. Encore une fois, je suis saisie par sa plume et la façon subtile dont il amène les choses. Ses personnages sont tout simplement attachants et très humains (ils redonnent fois en l’humanité!).

Le tout est accompagnée d’illustrations superbes! J’adore le travail de Carole Maurel et je dois dire que son univers correspond totalement aux propos. Ses nuances sépias donnent une autre dimension à l’histoire. Ses personnages délicats, leurs grands yeux, leurs expressions, donnent un côté tendre. Carole Maurel a donc su encore me séduire par son esthétique impeccable.

Bref,  le duo fonctionne et nous livre une BD remplie de tendresse et d’émotions.

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez Noukette

Ma chronique en vidéo:

bd·Mercredi BD

Touchées

Touchées de Quentin Zuttion, Payot

Pour résumer:

Lucie dort un couteau à la main. La crainte l’habite, les hommes l’effraient. Tamara, elle, se bat, se débat : pour ne plus être victime, elle devient agresseur. Quant à Nicole, c’est l’isolement. Elle s’efface, disparaît pour ne plus être visée. Les trois ont été victimes de violences sexuelles. Pour remonter la pente, trois femmes prennent les armes. Attaquer, défendre, toucher, se faire toucher… Elles vont se reconstruire et reprendre une vie sociale grâce à un programme d’escrime thérapeutique. Un programme d’un an pour se sauver et reprendre la maîtrise de sa vie.

Ce que j’en pense:

A l’heure où les violences conjugales sont en dangereuse augmentation, ce roman graphique sonne juste.

Il met en avant le personnage de Lucie qui a été victime de violence de son mari. Traumatisée, elle a vraiment du mal à se reconstruire et essaie tant bien que mal de retrouver une certaine normalité. Elle s’inscrit donc à un stage d’escrime thérapeutique lui permettant de reprendre confiance en elle. Au départ, elle se montre très en retrait mais très vite, elle se lie d’amitié avec d’autres femmes de son groupe qui vont ainsi lui permettre d’échanger et peu à peu de se reconstruire.

Le scénario de ce roman graphique est vraiment prenant. Dès les premières pages, je me suis laissée prendre dans cette histoire poignante. Le parcours personnel de Lucie est juste très émouvant. Au fil des pages, on découvre son passé mais aussi la relation qu’elle a avec ses proches qui ne jettent pas toujours un regard tendre sur elle. Les interactions que peut avoir Lucie avec les autres sont vraiment intéressantes. Sa relation avec son fils mais aussi avec son ex conjoint sont également mis en lumière. Les aller retour entre le passé et le présent permettent également de mieux comprendre les réactions de Lucie.

Comme vous l’aurez compris, ce roman graphique m’a vraiment pris aux tripes. Il m’ émue comme jamais et c’est avec une boule dans la gorge que j’ai tourné la plupart des pages. Mais, la fin laisse un message d’espoir et un sourire trempée de larmes.

D’un point de vue esthétique, l’ensemble est plutôt sobre. les décors sont peu nombreux et on se focalise sur les personnages et notamment sur leur corps. Les couleurs sont pâles voire un peu trop fades à mon goût. Néanmoins, l’ensemble met en valeur le propos.

Bref, Touchées est un roman graphique qui aborde un sujet difficile et met en lumière les femmes victimes de violence. De façon pudique et juste, Quention Zuttion narre cette histoire émouvant dont je ne peux que vous conseiller la lecture.

4-plumes

Un petit aperçu:

PlancheA_378340

Ma chronique en vidéo:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez Moka.

bd·Mercredi BD

40 éléphants

40 éléphants de Toussaint Kid, Augustin Virginie et Hubert, Grand Angle

Pour résumer:

Le crime est une affaire de professionnelles.

Londres – 1920. Elles sont quarante. Voleuses, tueuses, kidnappeuses, cambrioleuses, proxénètes… Issues des divers milieux de la société, elles ont fait du crime leur affaire et se sont associées pour plus d’efficacité.
Lorsqu’arrive Florrie « doigts de fée », jeune pickpocket talentueuse, toute l’organisation se révèle fragile et une lutte interne risque d’éclater. Le moment est mal choisi, car les éléphants doivent faire face à une police de plus en plus performante et à un gang masculin rival reconstitué et bien décidé à reprendre son territoire.

Ce que j’en pense:

40 éléphants est un triptyque qui nous plonge dans le Londres des années 20. Nous y découvrons une bande de sacrée bonnes femmes qui volent, tuent et défendent leur territoire becs et ongles.

Le scénario nous offrent de nombreux rebondissements et c’est un vrai plaisir de lecture. J’ai adoré découvrir ces personnages féminins au sacré caractère et qui ne se laissent pas marcher sur les pieds. Néanmoins, Toussaint Kid n’a pas hésité à également montrer leurs côtés les plus sombres et diaboliques.

C’est donc un perpétuel aller retour entre moment de sensibilité et moment de profonde cruauté qui s’offre aux lecteurs. Subtilement, Toussaint Kid nous fait aimer ces malfrats qui savent se montrer bien cruelle. Dans cette guerre de territoire en plein centre de Londres, tous les coups sont permis et c’est ce que nous narre ce scénario. J’ai particulièrement apprécié le dernier tome qui donne un éclairage différent des deux premiers. J’ai trouvé que ce triptyque était construit de façon intelligente et avait le mérite de nous présenter des personnages attachants et forts.

D’un point de vue graphique, j’ai beaucoup aimé l’ambiance des couleurs ainsi que les dessins. J’ai vraiment aimé tous les petits détails qui nous plongent dans cette époque. L’immersion est donc totale.

Bref, une lecture que je ne saurai que vous conseiller.

5-plumes

 

Un petit aperçu:

bd·Mercredi BD·Service Presse

Femmes

Femmes de Paulina Silva, La Boîte à Bulles

Pour résumer:

« De ma naissance, je n’ai aucun souvenir. Je n’étais plus poisson,
j’avais des bras, des jambes, un dos. »
Un jour, Pilar naît, puis elle grandit, se questionne, découvre, ressent, rencontre, aime, vieillit… Ainsi, sa vie, elle nous la conte en toute simplicité, délicatesse et sensualité.
Avec douceur et poésie, Paulina Silva livre un portrait intime de femme, en toute sobriété et finesse à travers cet album évoquant le temps qui passe, marque les visages, les corps, l’esprit…

Ce que j’en pense:

Femmes est un carnet qui narre la vie de Pilar. Cette femme nous raconte son enfance, son adolescence, son passage à l’âge adulte et sa vieillesse à travers son regard de femme. Elle nous raconte son corps qui change, grandit, murit, s’épanouit…

Il y a peu de texte dans ce carnet mais c’est d’une finesse et d’une sensibilité telle que l’on ne peut que succomber. Véronique Massenot signe un texte français qui confère à l’onirisme. C’est d’une véritable douceur. Les mots subtilement choisis sonnent juste et racontent avec beaucoup de pudeur ce corps de femme.

Le tout est accompagné d’illustrations magnifiques. C’est un véritable plaisir pour les yeux. Les couleurs sont sublimes et chaque page est une vraie œuvre d’art. J’ai passé de longues minutes à admirer chaque page, me délectant de chaque trait, de chaque mot.

Femmes est un carnet rempli de poésie et de sensibilité dont je ne peux que vous conseiller la lecture.

5-plumes

 

Un petit aperçu: Suivre le lien ici.

Ma chronique en vidéo: