bd·Mercredi BD

La maison de la plage

La maison de la plage de Séverine Vidal et Victor L.Pinel, Marabulles

Pour résumer:

Julie, une trentenaire parisienne, revient avec sa cousine Coline dans la maison de famille, en Loire-Atlantique. Elle a perdu son compagnon quelques mois auparavant. Elle est enceinte de sept mois et demi. Julie et Coline attendent le reste de la famille. Tout le monde se réunit dans la maison de la plage parce que l’oncle Albert souhaite la vendre pour récupérer sa part. Du récit, se dégage une atmosphère de vacances avec ses grandes tablées familiales, ponctuées de blagues, de discussions teintées de nostalgie puisque tous croient passer leur dernier été à la maison de la plage. Julie a une relation assez particulière avec cette maison. Sa chambre est repeinte en jaune, à l’exception d’un petit carré caché derrière un miroir, où l’ancien papier peint des années 60 a été conservé. Elle se souvient que sa grand-mère, Lucette, aujourd’hui décédée, lui avait fait promettre, si elle voulait un jour repeindre la chambre ; de ne surtout jamais toucher à ce petit carré derrière le miroir. Cette promesse est la clé de ce récit familial et intimiste…

Ce que j’en pense:

C’est l’histoire d’une maison de famille. Une maison au centre des tensions, une maison pleine de souvenirs, une maison où joie et tristesse se mêlent. Dans un cadre estival, Julie, Coline, Albert et les autres se retrouvent en famille. L’ambiance est tendue. La mort de Thomas plane, les disputes couvent. Trouveront-ils le moyen de régler leur conflit?

C’est beau une famille. Même lorsqu’elle se déchire, celle-ci met en évidence les liens qui unissent les uns aux autres. Il y a des rancœurs forcément, mais il y aussi beaucoup d’amour et de tendresse. Les souvenirs côtoient les moments présents et les promesses faites sont sacrées. C’est d’ailleurs l’histoire de cette promesse qui sera livrée aux lecteurs sur la deuxième partie de cette BD.

Le scénario habilement construit, mêle présent et passé. les moments se chevauchent, se complètent pour écrire un futur que l’on espère plus heureux et lumineux. L’histoire est prenante. On ne peut que s’attacher aux personnages qu’elle met en scène.

Ce livre est rempli d’humanité. Les personnages sont particulièrement émouvants. Certes, on ne peut pas approfondir leurs personnalités en si peu de pages mais on les touche du doigt et cela suffit à nous émouvoir.

Quant à l’esthétique, elle est assez sympathique bien que j’ai trouvé certaines vignettes un peu figées. Les couleurs sont très belles. Cela sent bon l’été.

Bref:

Une lecture touchante.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

bd·Mercredi BD

Les beaux étés

Les Beaux Étés de Zidrou et Jordi Lafebre, Dargaud

Pour résumer:

1992, les années ont passé, le jeune couple est maintenant à la retraite, la petite Pépète est devenue une jeune fille et la 4L est à vendre… L’occasion de se remémorer l’année 1962, leurs toutes premières vacances à son bord en compagnie… des beaux-parents. Les vacances avec Yvette-la-parfaite et Gros-Papy seront plus gastronomiques que bucoliques… en direction de Saint-Étienne !

Ce que j’en pense:

Comment ça vous ne connaissez pas Les Beaux Étés? Mais ça devrait être une lecture obligatoire! Une lecture que votre médecin vous prescrit pour vous redonner la patate! Alors ok, je ne suis pas très neutre vue mon amour immodéré pour Zidrou. Alors d’abord, il faut que vous alliez rattraper votre retard en lisant ma chronique sur les tomes 1 et 2 (ici). Et puis maintenant, je vais vous parler des tomes 3, 4 et 5.

Les trois derniers tomes sont sur le même modèle que les deux premiers. On retrouve la famille Faldérault qui part en vacances avec toujours leur fameux slogan « Cap au Sud! ». Alors forcément, il faudra faire avec le retard de Pif, le père, dessinateur toujours dans les choux. Il faudra booster Mamz’elle Estérel la 4L mythique! Il faudra refréner Pépette et son enthousiasme bondissant. 

Chaque tome nous livre donc un moment de vacances de cette famille terriblement attachante. On retrouve les rituels rigolos, les blagues potaches, l’ambiance musicale de l’école et cet amour qui déborde de partout. On se plaît à retrouver les personnages comme de vieux amis. On sourit à une anecdote, on a une larme au coin des yeux en fermant chaque tome avec l’appréhension que ce soit le dernier. Et puis, on voit la vie qui défile. Les enfants qui grandissent, les parents qui vieillissent mais toujours cette bonne humeur et cette tendresse.

Esthétiquement, je suis toujours autant conquise. Les couleurs, les dessins que dire. J’aime les attitudes des personnages, l’expression de leurs visages, les regards qu’ils échangent et qui sont parfois plus forts que les mots. 

Alors toi, qui n’a peut être jamais lu cette BD, fonce vite t’en procurer une et devient un Faldérault à ton tour.

Bref:

Zidrou fait encore mouche, c’est un coup de cœur!

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Moka.

bd·Mercredi BD·Prix des Lectrices Elle 2020·Service Presse

Le Roman des Goscinny

Le roman des Goscinny de Catel, Grasset

Pour résumer:

Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet  album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié.
Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l’appui et l’amitié d’Anne Goscinny, à ce «  Roman des Goscinny  » – un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en  trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa  naissance, dans le Paris des années 20, au cœur d’une famille juive, exilée de Pologne et d’Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L’enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René  : le dessin, le rire,  puis  l’écriture.

Ce que j’en pense:

Avec Le roman des Goscinny, Catel nous livre un document sur la vie du plus célèbre des Goscinny, René. Il faut dire que Catel est plutôt douée en ce qui concerne les biographies. Elle avait déjà su me séduire avec Olympe de Gouges, Joséphine Baker ou Kiki de Montparnasse. C’est donc avec une certaine excitation que je me suis plongée dans cette lecture.

Dès la préface, j’ai compris que Anne Goscinny, la fille de René allait jouer un rôle important dans l’écriture de ce document. Tout commence dans un café où Anne et Catel se rencontrent. Le récit s’ouvre sur des souvenirs, des photos et des impressions pour ensuite s’organiser de façon plus chronologique.

J’ai donc découvert l’enfance de René Goscinny, ce jeune garçon d’origine polonaise qui a grandit en Argentine. Je l’ai ensuite vu grandir et affirmer son envie de faire rire les gens. J’ai admiré sa détermination à vouloir accomplir son but. J’ai été touchée par ses amitiés multiples et fidèles, par sa bonne humeur permanente et son humour.

Catel nous livre un roman graphique à deux voix. D’un côté nous avons René Goscinny que l’auteure fait parler. Elle s’est d’ailleurs appuyée sur de nombreux interviews afin d’être le plus fidèle possible à l’esprit de René Goscinny. De l’autre, nous avons Anne, qui raconte son père, sa famille, son passé de façon très émouvante.

Ce roman graphique est aussi une véritable histoire d’amitié. Au fil des pages, l’auteure met en avant les liens qui se tissent entre elle et Anne Goscinny pour aboutir à une collaboration.

Comment parler de ce document sans parler de l’esthétique de celui-ci ? Le trait de Catel a toujours su me séduire. Les traits sont fins et harmonieux. L’utilisation du noir et blanc est maîtrisée. J’ai particulièrement apprécié le traitement de la couleur. La voix de Goscinny se livre dans des tons bleutés alors que celle de sa fille Anne se présente dans des tons orangés. Ce traitement des différentes voix est d’ailleurs mis en avant dès la couverture avec ces deux êtres qui se regardent avec tendresse. Le roman graphique met en avant également des documents originaux. Les premières caricatures de René Goscinny nous sont alors révélées. Les premières BD reprennent vie. C’est une vraie mine d’or.

Enfin, je voudrais souligner l’émotion qui se dégage de ce roman graphique. Anne Goscinny parle de son père avec beaucoup d’admiration mais on sent poindre très souvent ce sentiment de regret, de manque. Je terminerai en citant la fin de la préface écrite par Anne Goscinny et qui à elle seule résume parfaitement ce livre : « Sous le pinceau élégant et juste de Catel, je l’ai vu bailler, jouer, sourire, dessiner, écrire, espérer. C’est bien sa voix, là. Et c’est son rire aussi.

Qui a jamais eu la chance de voir ainsi naître son propre père ? »

Bref:

Un vrai coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Noukette.

 

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bd·Mercredi BD

Amour Minuscule

Amour Minuscule de Teresa Radice et Stefano Turconi, Glénat

Pour résumer:

Iris est d’origine argentine ; Ismail, syrienne. Ils s’aiment, vivent en Italie et forment le couple idéal. Mais alors qu’Ismail part en voyage pour régler des affaires familiales, la guerre éclate en Syrie. Pris dans la tourmente, il se bat pour rentrer au pays. Dans le même temps, Iris, elle, découvre qu’elle est enceinte. Mais la communication entre eux est rompue… Comment savoir si Ismail est encore en vie et s’il va pouvoir un jour revenir ? Comment lui annoncer qu’il va être le père de cet « amour minuscule » qui pousse dans le ventre d’Iris ?

Ce que j’en pense:

Iris et Ismail s’aiment d’un amour fou. Installés tous les deux en Italie, ils vivent paisiblement. Mais Ismail doit retourner en Syrie régler quelques affaires. Au moment, où Iris apprend qu’elle est enceinte, Ismail se retrouve pris dans la tourmente de la guerre.

Le scénario décrit les trajectoires parallèles de ces deux héros qui se retrouvent malheureusement éloignés. D’un côté, Iris qui va découvrir ses origines mais également beaucoup se questionner sur la maternité. Et de l’autre, Ismail qui va devoir lutter pour rentrer en Italie, vivant l’indicible. 

Les auteurs ont pris le parti d’intercaler des moments où l’on voit Iris et d’autres où l’on voit Ismail. Viennent s’ajouter à cela des retours dans le passé des personnages mais également des morceaux de journal intime. Tout s’imbrique savamment, laissant place à une histoire complexe.

Dans cet épais roman graphique, les moments d’émotions s’enchaînent et ne se ressemblent pas. On peut passer de la tendresse, au dégoût en seulement quelques vignettes. Les passages d’un personnage à l’autre sont faits de façon subtiles et tout semble glisser naturellement.

Esthétiquement, c’est magnifique. Il y a un changement d’ambiance lorsque l’on retourne dans les souvenirs des personnages. Les bulles changent de couleurs, bref, l’ensemble est construit de façon très intelligente. J’aime particulièrement le coup de crayon de Stefano Turconi. J’aime la façon dont il dessine les personnages et la façon qu’il a de les rendre vivants.

À ce stade, vous vous dites certainement que j’ai adoré ma lecture. Et bien, de façon surprenante, pas forcément. Certains passages sont très denses, très longs et par conséquent m’ont un peu ennuyée. Le problème, c’est que ces moments étaient nombreux et ont rendu ma lecture beaucoup moins agréable…

Bref:

Malgré un scénario fort et une esthétique agréable, je n’ai pas apprécié plus que ça ma lecture.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

Des mêmes auteurs:

Le Port des Marins Perdus

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Il fallait que je vous le dise

Il fallait que je vous le dise d’Aude Mermilliod, Casterman

Pour résumer:

Si elle donne le choix, l’IVG ne reste pas moins un évènement traumatique dans une vie de femme. Et d’autant plus douloureux qu’on le garde pour soi, qu’on ne sait pas dire l’ambivalence des sentiments et des représentations qui l’accompagnent. L’angoisse, la culpabilité, la solitude, la souffrance physique, l’impossibilité surtout de pouvoir partager son expérience. Avec ce livre, Aude Mermilliod rompt le silence, mêlant son témoignage de patiente à celui du médecin Martin Winckler. Leur deux parcours se rejoignent et se répondent dans un livre fort, nécessaire et apaisé.

Ce que j’en pense:

Ce roman autobiographique traite d’un sujet sensible: l’avortement. C’est avec beaucoup de sensibilité et de pudeur que l’auteure Aude Mermilliod nous livre son histoire et son expérience de l’IVG. À travers son histoire personnelle, le lecteur découvre le parcours d’une femme qui se retrouve confrontée à ce choix douloureux. Pour alimenter son récit, Aude Mermilliod a fait appel au témoignage de Martin Winckler, médecin qui dénonce les violences obstétricales.

Le scénario est construit de façon vraiment intelligente, alternant des moments de la vie de l’auteure avec des moments de la lutte de Martin Winckler pour le droit à l’IVG. Au- delà de l’histoire émouvante, j’ai découvert le combat qu’a été ce droit à l’avortement. Avec beaucoup de justesse, Aude Mermilliod nous livre son ressenti et ses émotions sans tomber pour autant dans le pathos.

Je pense que certaines scènes de ce roman graphique au sujet fort peuvent choquer. Beaucoup de vignettes dévoilent des corps nus. De manière personnelle, je trouve que ces vignettes sont les plus fortes émotionnellement car elles montrent le corps de la femme dans sa réalité. Je me suis identifiée assez vite au personnage. Bien que n’ayant pas connu cette situation, en tant que femme, je me suis vraiment sentie concernée. Comment ne pas se questionner sur ce qu’auraient pu être nos propres réactions? Ce roman graphique, bouscule et interroge. Il pousse à la réflexion mais dénonce également certaines pratiques obstétricales. J’ai donc découvert « l’envers du décor » avec beaucoup de désarroi. Le récit de Martin Winckler complète donc à merveille le témoignage de l’auteure en ajoutant une caution médicale et historique. Il met ainsi en avant les progrès qui ont été faits mais également, ceux qu’il reste à faire.

L’esthétique quant à elle s’accorde parfaitement au propos. Les dessins sont assez sobres, avec peu de détails, laissant ainsi toute sa place à l’histoire. Les ambiances de couleurs changent selon la temporalité mais aussi selon le narrateur. Les décors sont minimalistes.

Bref:

Un roman graphique plein d’émotions.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

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L’obsolescence programmée de nos sentiments

L’obsolescence programmée de nos sentiments de Zidrou et Aimée de Jongh, Dargaud

Pour résumer:

Lui, il s’appelle Ulysse. Il est veuf depuis plusieurs années et lorsqu’il perd son travail de déménageur, à 59 ans, une grande solitude s’empare de lui. Impossible même de s’entourer de ses enfants : sa fille est morte dans un accident à l’âge de 16 ans et son fils est très pris par son travail.

Elle, c’est Mme Solenza. Méditerranée de son prénom, 62 ans au compteur. Ancien modèle (elle a fait la couverture de Lui dans sa jeunesse !), elle ne s’est jamais mariée et tient la fromagerie de sa mère qui vient de décéder après une longue maladie.

Si leurs jours s’écoulent tristement et leurs occupations ne suffisent pas à masquer l’isolement qui est le leur, c’était sans compter un miracle émotionnel. Car entre cette femme et cet homme va se tisser une histoire d’amour d’autant plus belle qu’elle est tardive, et merveilleusement porteuse d’avenir…

Ce que j’en pense:

Ulysse vient de se faire licencier et Méditerrannée est une fromagère de la soixantaine. Rien ne les destinait à se rencontrer et pourtant…

Zidrou a l’art de m’émouvoir à chacune de ses BD. Ici, encore, il livre un scénario superbe comme il sait si bien le faire. Certains diront qu’il surfe sur la vague de la mode des papis mamis, mais, je n’y crois pas vraiment. Avec ce roman graphique, c’est la vision de notre société sur nos jeunes retraités qui est pointée du doigt. Car, vous le savez, la société aime beaucoup que chacun se cantonne à sa petite case et y reste bien tranquille. Or, avec ce récit c’est le décalage avec la société qui est mis en valeur.

Ainsi, à travers ses personnages, Zidrou aborde de vrais questionnements. Il pousse son lecteur à réfléchir sur la vieillesse. Il parle de l’acceptation de ce corps qui n’est plus si jeune, du regard des autres… Et puis surtout, comment retomber amoureux à cet âge où l’amour ne semble plus vraiment faire partie du tableau? 

Le scénario nous fait de belles surprises et la fin partage…

Les personnages sont donc remplis d’humanité et de bonté. On a l’impression de les connaître et très vite on s’attache à eux. La relation qui se tisse entre Ulysse et Méditerranée est attendrissante.

Pour illustrer ce propos, Aimée de Jongh fait preuve de beaucoup de talent. L’esthétique est belle et colorée. Les dessins des corps sont minutieux. Il y a pleins de petits détails et les traits sont fins. L’ensemble se marie à merveille et a su éveiller en moi beaucoup d’émotions.

Je l’avoue, comme beaucoup de personnes, j’ai peur de vieillir… Mais, avec cette BD, Zidrou et Aimée de Jongh nous prouve que le vieillissement est juste une autre étape de notre vie. Il pousse à respecter les choix de ces gens trop souvent cachés ou dénigrés par la société actuelle. Il nous murmure à l’oreille que nous serons tous les vieux de demain.

Bref:

Un véritable coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Le Patient

Le Patient de Timothée Le Boucher, Glénat

Pour résumer:

À quoi bon se souvenir qu’on a vécu l’enfer ?

La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée… 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie…

Ce que j’en pense:

Pierre Grimaud est le seul survivant du massacre des Corneilles. Il se réveille après 6 ans de coma et réapprend doucement à vivre grâce à Anna Kieffer, une psychologue.

Comme à son habitude, Timothée Le Boucher a concocté un scénario redoutable. Sans que je m’en doute une seule seconde, je me suis laissée prendre dans ses filets. Victime consentante, j’ai quand même été légèrement bousculée par cette spirale infernale qu’est Le Patient. Le suspens et l’angoisse vont crescendo tout au long de la lecture. La structure et la construction de ce roman graphique sont donc impeccables.

Mais Timothée Le Boucher ne s’arrête pas là. Ses personnages sont complexes et bien pensés. Mystérieux et insaisissables, ces derniers hantent presque le récit. J’ai très vite compris qu’avec cette auteur, il fallait se méfier des apparences mais il a encore réussi à me surprendre. Ce que j’ai apprécié également, c’est la cohérence entre tous les protagonistes. Pas de figuration, tout le monde a son rôle à jouer et son importance dans l’histoire. C’est d’ailleurs, cette précision diabolique qui me séduit chez l’auteur. Il pense à tout, rien n’est inutile. 

L’esthétique quant à elle est fidèle à celle de Timothée Le Boucher. Son style est reconnaissable dès la couverture. Les traits sont fins et nets. Les physiques sont anguleux avec énormément de gros plan sur les regards des personnages. Les couleurs sont franches. J’aime à retrouver ce style spécifique et à me laisser embarquer.

Bref:

Un roman graphique qui a su me tenir en haleine.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Stephie.