Roman·Young Adult

Tiny Pretty Thing

Tiny Pretty Things de Sona Charaipotra, Dhonielle Clayton, Hachette Roman, 460 pages

Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York.

Lorsque Gigi, nouvelle et seule élève noire, est choisie pour incarner le rôle phare du premier ballet de l’année, les rivalités se déchaînent. Bette, ballerine star de l’école, est prête à tout pour récupérer son titre et éviter la rage de sa mère, qui ne tolère pas qu’elle ne soit pas la meilleure. June rêve quant à elle de ne plus être cantonnée au rôle de l’éternelle doublure.

Les trois filles ont bien du mal à résister à la pression du monde impitoyable de la danse. Et les choses vont empirer… jusqu’au drame.

Roman·Service Presse·Young Adult

Salle de classe

Salle de classe de Florence Aubry, Mijade, 184 pages

C’est l’histoire de Stella‚ une prof qui arrive pleine d’optimisme‚ de motivation.
De l’autre côté : une classe : la 3A.
Avec une élève : Manou… qui vit très mal ce début d’année car elle a été séparée de son groupe de copines. Manou est mise à l’écart… et finit par devenir copine avec le nouveau‚ le garçon qui a déjà été renvoyé de plusieurs établissements et qui va faire sortir de Manou toute la colère contenue. Et celle qui va payer… c’est Stella‚ la nouvelle prof. Qui ne va pas oser en parler‚ se confier‚ demander de l’aide. Stella va s’enfoncer. Et c’est bientôt toute une classe qui va trouver la faille de l’enseignante‚ sa fragilité. La classe de 3A va s’y engouffrer‚ avec cruauté. Jusqu’à ce qu’elle craque.
Quelques années plus tard‚ Manou‚ devenue adulte‚ croise Stella sur un marché et repense à l’attitude qu’ils ont eue à l’égard de cette prof.

Dans un premier temps, je tiens à remercier les Éditions Mijade pour ce service presse.

Se plonger dans ce roman, c’est entrer dans la tête d’une enseignante en souffrance et d’une adolescente qui se retrouve à suivre un groupe de persécuteurs. Les deux points de vues s’alternent tout au long de la lecture. Nous sommes une fois dans la tête de Stella (la jeune enseignante) et à un autre moment dans celle de Manou (l’adolescente) . Ainsi, nous avons une vision vraiment complète de ce qu’il se passe dans cette salle de classe.

L’histoire m’a prise aux tripes, littéralement. Je ne sais pas si c’est parce que je suis enseignante, mais j’ai été particulièrement touchée par la détresse de la jeune Stella. Cette prof débutante se retrouve en réelle souffrance face une classe de 3ème qui lui fait la misère. Face à la difficulté, Stella se questionne beaucoup. Demander de l’aide? Chercher des solutions par elle-même? Fermer les yeux sur certains comportements? Quel est la bonne stratégie? Face à la violence des mots et des actes, Stella disparaît peu à peu, s’effondrant un peu plus à chaque page. Sa détresse est palpable et m’a mis les larmes aux yeux.

Et puis, il y a Manou, cette adolescente de 15 ans qui va se laisser influencer par Noé. Pour lui plaire, pour ne pas être mise à l’écart, elle décide de suivre ses camarades et d’elle aussi participer au fléau de Stella. Mais, certaines choses la dérangent et finalement, elle se rend compte que son comportement a largement dépassé les bornes, mais un peu trop tard…

Les deux personnages principaux complètent donc une vision rare sur le harcèlement que peuvent subir les enseignants de la part de leurs élèves. J’avais déjà lu des livres sur le harcèlement des élèves mais jamais sur celui des professeurs. Ce point de vue original m’a profondément bouleversée. Florence Aubry a su choisir les mots pour décrire, raconter cette histoire. Les mots sonnent avec force et ont eu un vrai écho en moi.

Ce roman est tout simplement une vraie claque. J’ai été retournée par cette histoire et par les mots de Florence Aubry.

S

 

Roman·Service Presse·Young Adult

La Falaise

La Falaise de Ghislaine Roman, Le Muscadier, 132 pages

« Je vois exactement la scène au ralenti.
Mon père ouvre son journal et change de tête.
Ma mère écarquille les yeux, façon de lui demander ce qui se passe.
Mon père froisse les feuilles,
les laisse tomber sur le carrelage et dit : “Ben zut alors !”
À ce moment-là, je ne me doute de rien. »

Charlotte, quinze ans, apprend que sa mère a été abusée quand elle était enfant. Au moment où son amour pour Pablo éveille son désir, elle va devoir faire face à la vague qui balaie sa famille. Elle découvrira l’abjection dont les adultes sont capables : certains savaient et n’ont rien dit. Entre rage et tendresse, Charlotte va devoir trouver son chemin.

Avant tout, je voulais remercier les Editions Le Muscadier pour leur confiance.

Le Muscadier

La Falaise fait parti de la collection Rester Vivant, qui est une collection que j’affectionne particulièrement.

Avec ce petit roman young adult, nous découvrons le personnage de Charlotte qui, alors qu’elle découvre sa sexualité, apprend que sa mère a été abusée lorsqu’elle était enfant. Cette nouvelle va faire un effet boum et bouleverser toute la petite famille. 

L’histoire est véritablement poignante. Dès le début de ma lecture, je me suis sentie comme percutée moi- même par l’histoire de cette famille. Le récit est narrée du point de vue de Charlotte, ce qui donne un éclairage particulier à l’ensemble. En effet, nous n’avons en aucun cas le point de vue de la victime mais celui de sa fille. De part ce parti pris, le texte acquiert une certaine originalité. De plus, Charlotte ayant 15 ans, l’histoire de sa mère fait écho en elle. Cette dernière fait d’ailleurs preuve de beaucoup d’empathie, mais n’hésite pas également à provoquer sa mère pour que cette dernière porte plainte contre son agresseur. 

La mère de Charlotte a du mal avec son statut de victime. Et malgré les blessures, elle a réussi à se reconstruire plus ou moins. Néanmoins, ce roman nous présente également des personnages profondément meurtris, des personnages qui à bout de souffle, ont envie d’en finir avec la vie.

Et puis, il y a l’opinion des gens. Ceux qui vous jugent, ceux qui vous dévisagent…Et les médias, qui étalent votre vie privée aux yeux de tous…

Et puis ce décor, cette falaise qui surplombe tout et au fil du récit s’effrite jusqu’à s’effondrer. Le décor évolue au fil de l’histoire, au fil des émotions. 

À ce titre, La Falaise s’avère un roman complet, qui balaie de nombreux aspects des abus sexuels. De plus, Ghislaine Roman a un style simple et décrit avec beaucoup de pudeur la situation que vivent les personnages. Le ton employé est juste. Il y a beaucoup de respect dans ce roman. Je suis passée par une palette d’émotions très forte. L’histoire m’a prise aux tripes et j’ai dévoré ce livre en quelques heures.

La Falaise a donc su m’émouvoir. Avec son écriture simple et pudique, Ghislaine Roman nous a décrit une situation terrible avec beaucoup de justesse.

 

 

Roman·Service Presse·Young Adult

Push

Push de Annelise Heurtier, Casterman, 288 pages

À 15 ans, Tessa suit son chemin de gymnaste,
guidée par la passion. Et cette année s’annonce prometteuse : sa mère, la présidente du club, a enfin réussi à recruter un entraîneur professionnel. Raphaël a vingt-huit ans, une présence intense et une devise pour motiver ses élèves, « Persist Until Something Happens ». Il a aussi, malgré lui, le pouvoir de créer des tensions…
À quelques semaines des championnats de France, une coéquipière de Tessa craque et abandonne le groupe. Trop de pression ? De mésentente entre les filles ?
À moins qu’il y ait eu autre chose.
Quelque chose qu’on n’a peut-être pas envie de dire.

Plonger dans Push, c’est découvrir les coulisses du milieu de la gymnastique. L’histoire narre les aventures d’un groupe de gymnastes qui voient arriver un nouvel entraîneur. À travers le regard de Tessa, les entrainements défilent sous nos yeux. La souffrance physique se mêle à l’ambition et à la volonté de devenir des championnes. Le rythme ininterrompu des séances laisse bientôt place à une douloureuse révélation. L’une d’entre elles a subi l’innommable de la part de son entraîneur… Avec beaucoup de sensibilité et de pudeur, Annelise Heurtier nous raconte cette dramatique histoire. Sans se montrer voyeuriste, elle nous parle des réactions autour d’un tel scandale. Les mots qu’utilise l’autrice sont choisis avec soin et c’est avec beaucoup de délicatesse qu’elle aborde ce sujet à travers le prisme de Tessa. L’écriture est agréable. J’ai vraiment apprécié cette lecture.

Merci au site Babelio et aux éditions Casterman pour cette lecture.

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Dans la tête d’Anna.com

Dans la tête d’Anna.com, Tome 1: Tu peux pas comprendre de Catherine Francoeur, Kennes Editions

Annabelle a une existence tout ce qu’il y a de plus banale. Sa rencontre avec Théa, qui a voyagé et vécu dans plein d’endroits dans le monde, va faire comprendre à Annabelle que son quotidien n’est pas du tout intéressant. La preuve, son blog, sur lequel elle raconte sa vie, n’est quasiment pas lu. Il lui vient alors une idée : et si elle « romançait » un peu la réalité en la rendant plus palpitante. Elle crée alors un nouveau blog sous le pseudonyme d’Anna, la version virtuelle d’elle-même qui vit cette vie dont elle aurait rêvé.

Grâce aux éditions Kennes, j’ai pu découvrir ce roman adolescent.

Kennes Éditions

Dans la tête d’Anna.com, narre l’histoire d’Annabelle, une jeune adolescente de 14 ans. Elle est plutôt ordinaire et sa vie d’adolescente est bien remplie entre les cours, les copines et son blog. Mais Annabelle, trouve sa vie trop plate, alors, elle décide tout simplement de s’inventer une vie sur son blog pour accélérer ses vues.

L’intrigue de ce roman est sympathique mais sans réel plus. Nous avons à faire à une sorte de journal intime d’Annabelle qui est juste une des adolescente les plus imbuvable que je connaisse. L’ado se questionne beaucoup et le lecteur suit le cours de ses pensées et surtout de ses jérémiades, ce qui rend l’ensemble très vite pénible.

En effet, Annabelle, se plaint en permanence. Elle est d’un égocentrisme à vomir. Au début du roman, je me suis dit que le personnage était sûrement crée ainsi pour lui faire connaître une évolution. Mais à la fin du roman, rien! La jeune demoiselle était toujours aussi imbuvable. Outre sa liste de défauts à rallonge, elle a l’art de se victimiser! Bref, vous l’aurez compris, j’ai tout simplement détesté! De plus, Annabelle incarne une ado hyper connectée. Elle est rivée aux écrans en permanence. Entre son téléphone et son ordinateur, pas une minute de répit. De lus, le fait qu’elle veuille absolument se crée une vie palpitant sur internet est assez révélateur de notre société actuelle. Encore une fois, le paraître semble être la priorité, quitte à mentir à tout son entourage.

Catherine Francoeur avait su me séduire avec Elsie et j’avoue que j’ai bien aimé son style également dans ce roman. Je trouve son écriture agréable. De plus, il y a un vrai effort de mise en page. Les divers SMS sont mis en scène, ainsi que les pages de blog. Néanmoins, l’histoire et le personnage principal n’auront pas su me séduire. Dommage!

S