Roman·Service Presse·Young Adult

Sur le Fil

Sur le Fil de Christine Deroin, Le Muscadier

Pour résumer:

Julien et Aude ne font que se croiser chez la psy, mais ils ont un secret : une cachette où chacun·e dépose une lettre pour l’autre, avant ou après sa séance hebdomadaire.

C’est Aude qui a lancé le jeu. Jeu de confidences à l’inconnu·e d’une salle d’attente. Jeu de miroirs dans lequel ils deviennent le reflet l’un de l’autre. Borderline ensemble mais chacun·e seul·e dans son monde.

Ce que j’en pense:

Nouvelle incursion dans la collection Saison Psy des éditions du Muscadier. Cette fois- ci, Christine Deroin nous narre l’histoire de Julien, un jeune adolescent qui se découvre borderline. Tout comme dans Le Vol d’Icare, le roman se partage en deux parties, la partie romancée et la partie psy.

La partie romancée raconte l’histoire de Julien qui rencontre Aude dans la salle d’attente de son psy. S’engage entre eux une correspondance qui va leur permettre de discuter de leurs problèmes respectifs.. Aude a été diagnostiquée borderline et Julien ignore encore de quoi il peut bien souffrir. Le lecteur se plonge donc dans les pensées de Julien, il livre ses doutes, son mal être. C’est une vraie plongée dans le monde du borderline.

Le plan psy est pris en charge par Manon Beaudoin. Cette dernière nous décrit donc les symptômes de cette pathologie dont on connaît le nom mais très peu les spécificités. Manon Beaudoin nous explique avec des mots simples la réalité à laquelle se confronte les borderline. Elle permet aux lecteurs de mieux comprendre et appréhender ces personnes qui sont en vraies souffrances. 

Néanmoins, malgré les explications données, j’ai encore du mal à faire la différence entre les borderlines et les bipolaires. En effet, la frontière entre ces deux pathologies reste floue et les explications de Manon Beaudoin ne m’ont pas permis d’éclairer ma lanterne.

Bref, même si l’histoire a su me séduire, le pan psy n’a pas répondu à toutes mes questions.

Je tiens à remercier les éditions Le Muscadier pour leur confiance.

Le Muscadier

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Roman·Service Presse·Young Adult

Le Vol d’Icare

Le Vol d’Icare de Christine Deroin, Le Muscadier

Pour résumer:

Valentin a dix ans quand il arrive dans sa nouvelle école. Sur un mur de sa classe est affichée une reproduction du collage de Matisse « Icare ». Valentin fera comme Icare, il volera. Valentin fera mieux qu’Icare, il volera loin, très loin. Il en est certain.

Enfin, pas toujours. Parfois, il est aussi certain d’être le plus nul des garçons.

Ce que j’en pense:

Le Vol d’Icare nous narre l’histoire de Valentin, un petit garçon au caractère particulier. Le livre alterne des moments de la vie de Valentin qui est le narrateur et des moments « psy » qui sont beaucoup plus informatifs et visent à nous éclairer sur la bipolarité chez les enfants.

Christine Deroin se met donc dans la peau d’un enfant bipolaire et exprime ses peurs, ses angoisses mais également sa souffrance face aux regards des autres. Avec beaucoup de justesse et de sensibilité, elle met des mots sur les maux de cet enfant. De plus, elle utilise un vocabulaire simple ce qui rend beaucoup plus crédible le fait que ce soit Valentin qui raconte. Ainsi, le lecteur éprouve de l’empathie pour le personnage.

Le versant psy est rédigé par Angélique Excoffier. Elle éclaire de façon plus formelle les troubles de la bipolarité. Elle explique les symptômes et les différentes solutions qui peuvent être envisagées face à ce trouble difficile à déceler chez les enfants. Ainsi, elle donne une autre dimension au texte et apporte un côté plus pédagogique. Angélique Excoffier s’exprime clairement et avec des mots simples ce qui facilite la compréhension.

En somme, Le Vol d’Icare a su m’émouvoir par son pan romancé et avec l’histoire de Valentin mais il a su également m’intéresser à un trouble peu connu par son pan psy.

Je tiens à remercier les éditions Le Muscadier pour leur confiance.

Le Muscadier

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Roman·Young Adult

Cogito

Cogito de Victor Vixen, Robert Laffont

Pour résumer:

Un don du ciel…
Roxane, dix-huit ans, a plongé dans la délinquance quand ses parents ont perdu leur emploi, remplacés par des robots. Sa dernière chance de décrocher le Brevet d’Accès aux Corporations : un stage de programmation neuronale, une nouvelle technologie promettant de transformer n’importe qui en génie.
…ou un pacte avec le diable ?
Pour les vacances de printemps, Roxane s’envole pour les îles Fortunées, un archipel tropical futuriste entièrement dédié au cyber-bachotage. Mais cette méthode expérimentale qui utilise l’intelligence artificielle pour « améliorer » la substance même de l’esprit humain est-elle vraiment sûre ? En offrant son cerveau à la science, Roxane a-t-elle vendu son âme au diable ?
Demain, l’intelligence artificielle envahira toutes les strates de la société.
L’ultime frontière sera notre cerveau.

Ce que j’en pense:

Se plonger dans la lecture de Cogito, c’est définitivement découvrir un nouveau monde. Cette dystopie nous décrit donc un hypothétique monde futur, envahi par la technologie. Le système social profondément chamboulé a vu les robots prendre la place des être humains, les renvoyant aux basses besognes. Dans ce monde, qui avouons le, fait un peu peur, nous retrouvons Roxane. Cette jeune femme a l’avenir incertain, se voit offrir un stage de programmation neuronale, lui permettant d’engranger de nombreuses connaissances nécessaire à l’obtention du Brevet d’Accès aux Corporations. La voilà donc embarquée sur une luxueuse île avec d’autres participants.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec cette histoire, Victor Dixen met le paquet. Dès les premières lignes, je me suis sentie complètement happée par l’histoire. Le personnage de Roxane nous amène donc dans son sillage et l’on découvre en même temps qu’elle ce drôle de stage. Sauf que, tout va très vite tourner court et ce qui devait s’annoncer comme un voyage paisible vire peu à peu au cauchemar. Roxane incarne une jeune fille intelligente et que cette société a blessé. Elle ne rentre pas dans le cadre de ce qu’il faudrait être et fait preuve de maturité et d’esprit critique.

J’ai particulièrement apprécié la façon dont Victor Dixen nous amène peu à peu à travers son récit à nous interroger sur notre propre Monde. Un passage m’a particulièrement marqué: étant en permanence sur leurs écrans, les personnes ne savent plus écrire de manière manuscrite. Il est donc rare de trouver du papier et des crayons. La façon dont les machines et la technologie s’intègrent dans nos vies fait parfois penser à certaines scènes du roman. A travers son histoire, Victor Dixen pousse donc à la réflexion sans pour autant confronter franchement son lecteur. 

De plus, l’auteur a su créer un récit rythmé et pleins de rebondissements qui a capté mon attention jusqu’aux dernières lignes. Il a également construit des personnages forts et charismatiques. J’ai trouvé que tout cela ressemblait quelque peu à Hunger Games: Le côté, enfermement sur une île avec d’un côté des participants pauvres et d’autres privilégiés… Mais cela ne m’a pas dérangée outre mesure. 

Bref, une lecture prenante et qui pousse à réfléchir sur notre société actuelle.

5-plumes

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Roman·Young Adult

Nos faces cachées

Nos faces cachées d’Amy Harmon, Robert Laffont

Pour résumer:

Ambrose Young est beau comme un dieu. Le genre de physique que l’on retrouve en couverture des romances. Et Fern Taylor en connaît un rayon, elle en lit depuis ses treize ans. Mais peut-être parce qu’il est si beau, Ambrose demeure inaccessible pour une fille comme elle. Jusqu’à ce qu’il cesse de l’être…
Nos faces cachées est l’histoire de cinq amis qui partent à la guerre.
L’histoire d’amour d’une jeune fille pour un garçon brisé, d’un guerrier pour une fille ordinaire.
L’histoire d’une amitié profonde, d’un héroïsme du quotidien bouleversant.

Ce que j’en pense:

Avec ce roman young adult, Amy Harmon a su me séduire dès les premières lignes. L’histoire d’Ambrose et Fern est terriblement clichée mais pourtant l’ensemble fonctionne parfaitement. Il faut dire que l’histoire de l’adolescente banale qui tombe amoureuse du beau gosse du lycée, c’est un peu du déjà vu. Mais lorsque le dit beau gosse se retrouve défiguré par une blessure de guerre, l’intrigue prend une tout autre tournure. Certes, le suspens n’est pas vraiment haletant et on a tôt fait de deviner quel sera le dénouement de ce roman et pourtant, on ne peut s’empêcher de tourner avidement les pages.

Selon moi, la force de ce livre réside dans ses personnages qui sont forts, plein de sensibilité et très émouvants. Fern incarne la fille de pasteur, fleur bleue et naïve mais tout au long du roman, son caractère s’affirme. Ambrose le beau gosse aux allures superficielles, cache également de nombreuses fêlures et le roman s’applique à démonter son image de mec parfait, nous révélant de nombreuses nuances. Même si les deux personnages cités ci- dessus sont les personnages principaux, ma préférence se tourne vers Bailey, le jeune cousin handicapé de Fern. Cet adolescent atteint d’une maladie incurable et dont Fern s’occupe sans cesse et juste un petit bonbon. J’ai trouvé que Amy Harmon avait vraiment réalisé un tour de force en inventant ce personnage si touchant. La relation entre Fern et Bailey est vraiment forte et c’est également un élément central de l’histoire.

Amy Harmon  aura donc su construire une histoire à La Belle et la Bête, avec des personnages forts et charismatiques. Son style est simple et efficace, ce qui fait de ce roman young adult, un véritable page turner.

5-plumes

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Roman·Young Adult

La tête sous l’eau

La tête sous l’eau d’Olivier Adam, Robert Laffont

Pour résumer:

Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l’eau. D’un coup.
Elle s’ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c’est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d’un père dépressif, ça n’a fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d’ailleurs ? Son frère, Antoine, n’y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire.
Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l’eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif.

Ce que j’en pense:

Le décor est planté. Tout au long des pages, le mystère s’épaissit laissant l’imagination du lecteur vagabonder sur ce qu’il a bien pu arriver à Léa, cette jeune fille disparu. Le début du roman met en place la nouvelle vie de la famille suite à la disparition de la jeune adolescente. Antoine, le jeune frère, raconte quelles répercutions douloureuses, cet évènement tragique a eu sur toute leur vie. Puis vint le retour de Léa. Un retour qui va s’avérer tout aussi douloureux. La reconstruction, les silences pesants, le regard des autres sont autant de choses à affronter. La tête sous l’eau narre avec brio cette histoire tragique où les personnages semblent se noyer au détour de chaque phrase. J’ai eu l’impression qu’ils surnageaient tout au long du roman, luttant tant bien que mal contre les courants tumultueux de la vie. J’ai été bouleversée par cette intrigue et par ces personnages remplis d’humanité et de fragilités. En effet, comment ne pas être ému par Antoine, ce jeune adolescent qui tente de se construire dans l’ombre de la tragédie et il y a Léa… Léa si fragile, si sensible, pleine de secret, de peur et de colère enfouis.

Olivier Adam signe avec La tête sous l’eau un roman troublant, qui a su m’émouvoir et me toucher au plus profond. Son écriture simple et efficace sert à merveille ce récit rempli de sensibilité. C’est subtil, les mots sonnent juste et c’est un véritable plaisir à lire.

5-plumes

Ma chronique en vidéo: