Atelier d'écriture

Atelier d’écriture

© Jay Toor

Elle ne devait pas être bien loin. Jay lança un regard inquiet aux alentours. Cela faisait des heures qu’elle avait disparu. Il l’avait appelé dans les bois, il avait pleuré, supplié, lui qui ne s’abaissait jamais à ce genre de sentiment. Son jean était trempé jusqu’aux genoux et c’est impuissant qu’il était retourné se réfugier dans sa voiture. Il avait mis le chauffage à fond et tentait tant bien que mal de se réchauffer. Le week- end avait pourtant si bien commencé. Il avait peaufiné tous les détails avec minutie. Le trajet en voiture, la petite cabane dans les bois, le repas aux chandelles… Mais lorsqu’il était sorti de sa douche, il s’était aperçu qu’elle n’était plus là. Les draps froissés étaient vides et la porte grande ouverte. Il avait saisi rapidement ses affaires et était parti à sa recherche. Pourvu qu’il ne lui arrive rien, pourvu qu’elle ne rencontre personne.

Soudain, dans le lointain, il aperçu une ombre qui se profilait. Il l’a reconnu aussitôt. Ses cheveux blonds, sa silhouette élancée. Elle se déplaçait avec difficulté. Il démarra et roula lentement dans sa direction. Elle fit des grands gestes désespérés pour qu’il l’aperçoive. Enfin, elle revenait à la raison. Il s’arrêta juste devant elle et descendit de la voiture, lorsqu’elle le reconnut, elle se mit à hurler. Son corps se mit à trembler sous l’impulsion du taser et elle s’effondra, poupée de chiffon inerte. Il s’agenouilla à côté d’elle, lui caressa les cheveux tendrement. Elle n’était pas trop amochée. Il remarqua une écorchure sur son mollet et grimaça. Il se releva lentement et d’un coup de pied puissant, lui brisa une cheville. « Tu ne partiras plus mon amour, toi et moi, c’est pour la vie. »

Les textes des autres participants sont disponibles sur le blog Bric à Book.

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L’Apocalypse selon Magda

L’Apocalypse selon Magda de Chloé Vollmer- Lo et Carole Maurel, Delcourt

Pour résumer:

L’apocalypse annoncée il y a un an n’aura finalement pas lieu ! Tandis que l’humanité tout entière célèbre la nouvelle, Magda, 14 ans, est dévastée. Pourquoi ? Pour le comprendre, il faut revenir en arrière, à ce jour où Magda décide qu’elle mourra sans regrets. D’amours maladroites en paradis artificiels,

 sous le compte à rebours des saisons, la jeune fille se découvre à elle-même, dans un monde d’adultes dépassés par les événements.

 

Ce que j’en pense:

Ce one-shot commence par une annonce terrible, la fin du monde aura lieu dans un an. La population mondiale se voit frapper par cette nouvelle qui semble inévitable. Dans ce cadre là, j’ai suivi la dernière année de Magda, une jeune adolescente de 13 ans. Cette dernière veut profiter au maximum de ses derniers moments, quitte à flirter avec l’interdit.

Le scénario est superbe, découpé en  quatre parties qui correspondent aux dernières saisons sur notre Terre. L’ensemble est bien construit avec une vraie montée en puissance. J’ai trouvé que l’histoire était très prenante dès le départ et la fin est bouleversante.

Au- delà de l’histoire de Magda, j’ai pu observer les différentes réactions des gens face à cette terrible nouvelle. Entre ceux qui plaquent tout pour profiter à fond de leurs derniers moments et ceux qui continuent à vivre tranquillement comme si de rien n’était, je n’ai pu m’empêcher de me demander « Et moi, j’aurai fait quoi? ».

Le personnage de Magda est bouleversant. Elle est émouvante dans dans son désarroi et sa fragilité mais également dans sa fureur de vivre les choses à fond. Comment se construire alors que tout menace de s’écrouler?

Cerise sur le gâteau, Carole Maurel se surpasse dans cette BD. Son style reconnaissable me bouleverse toujours autant. J’adore cette esthétique et ce coup de crayon. Les regards des personnages sont troublants, on y lit toutes leurs pensées. Quant aux couleurs, elles complètent à merveille l’ensemble, conférant une atmosphère très spéciale à ce one-shot.

À la fin de ma lecture, je savais que cette BD allait plaire à deux amies à moi et je leur ai donc prêté. Elles me l’ont rendu aussi émues et émerveillées que moi.

Bref:

Énorme coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Et puis Colette

Et puis Colette de Sophie Henrionnet et Mathou, Delcourt

Pour résumer:

Anouk, trentenaire parisienne enfermée dans la routine, vient d’apprendre le décès

 de sa soeur. Pire, celle-ci l’a désignée tutrice de Colette, 7 ans, ceinture noire de maturité et de mélancolie. Alors que la jeune femme craint de se faire dévorer par cette responsabilité imprévue, la petite fille va bousculer toutes ses certitudes. Saura-t-elle être à la hauteur de cette nouvelle relation ?

 

Ce que j’en pense:

Anouk est une jeune bibliothécaire qui apprend la mort de sa sœur Zoé et devient la tutrice de sa nièce Colette. Anouk se questionne, hésite et se remet en question.

Le scénario est très émouvant mais ne tombe pas pour autant dans la sensiblerie. J’ai vraiment aimé suivre Anouk dans sa réflexion et son introspection.

Les personnages sont vraiment attachants. Anouk respire l’humanité. Elle se retrouve totalement perdue face à cette situation. Colette, quant à elle, est une enfant hors du commun. Elle est très mature pour son âge. Ces deux personnages créent un duo de choc qui humanise ce one- shot.

L’esthétique est colorée et très agréable. J’aime le traitement des personnages, tout en rondeur et en délicatesse.

Bref:

une vraie belle BD.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

Album Jeunesse

Ma soeur, je la déteste!

Ma soeur, je la déteste! de Christine Davenier, Ecole des Loisirs

Pour résumer:

Ma sœur, c’est la plus douée, la plus gâtée, la plus intelligente et tout le monde la préfère. 
Moi, je la déteste !!

Ce que j’en pense:

Les relations entre frères et sœurs, ce n’est pas toujours simple… Dans ce petit album, ce sont les relations entre sœurs qui sont mises en avant. J’ai moi même une sœur. Bien que je m’entende très bien avec elle, cela n’a pas toujours été le cas. Et aujourd’hui, je dois gérer mes deux filles: pas toujours d’accord, pas toujours à l’écoute l’une de l’autre, tour à tour cul et chemise et ennemies mortelles.

Nous nous sommes donc installées toutes les trois pour l’histoire du soir et nous avons découvert ces sœurs qui se détestent. En fait, l’album nous présente le point de vue d’une seule des deux filles. Durant la première moitié, la petite fille se plaint que sa sœur est meilleure en tout et elle se montre jalouse. Dans la seconde partie, c’est toujours la même petite fille qui raconte mais elle explique qu’elle fait de son mieux pour s’améliorer et on voit ses parents la féliciter et la câliner. La première partie est plutôt explicite mais la seconde est beaucoup plus subtile. Les illustrations montrent la deuxième petite fille en colère et triste que ses parents félicitent sa sœur. Comme très souvent dans les albums, le texte complète l’image et vice versa.

J’ai trouvé l’histoire intéressante. L’idée de mettre en avant ce conflit et cette compétition dans la fratrie est bien exploitée. Les mots sont simples, les phrases courtes et percutantes.

Les illustrations sont très épurées avec des couleurs toutes douces et un trait tendre.

Ce qu’en pense mes filles:

Lily (6 ans) était très emballée par l’histoire et surtout interpellée par le fait que ces sœurs se détestaient. Sur la première partie de la lecture, elle a trouvé drôle que la petite fille soit jalouse de sa sœur mais la seconde partie l’a questionnée. Elle a bien compris que la deuxième sœur était aussi jalouse. À la fin, elle a conclu avec un « c’est dommage qu’elles ne s’aiment pas! ».

Faustine a adoré les conflits entre les deux petites filles. Elle n’a pas bien compris la subtilité du message (en même temps, elle a 3 ans) et a fini la soirée en refusant de dire bonne nuit à sa sœur en criant « caca boudin »…

Bref:

Une lecture intéressante.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

bd·Mercredi BD

Jeangot

Jeangot, Tome 1: Renard Manouche de Joann Sfar et Clément Oubrerie, Gallimard

Pour résumer:

Jeangot Renart naît dans une roulotte et adopte très vite un petit hérisson du nom de Niglaud. Devenus amis alors que la tradition aurait voulu que Niglaud finisse dans l’estomac de Renart, les deux compères font la manche pour survivre, jouent de la guitare, courent le guilledou et le cachet dans le Paris de l’entre-deux-guerres…

Ce que j’en pense:

Cette BD livre les mémoires de Niglaud, un hérisson manouche. Le scénario de ce premier tome relate le début de la vie de Niglaud et de son meilleur ami Jeangot. Les deux compères sont des musiciens manouches. À travers cette lecture, j’ai découvert leur parcours mais également leur évolution. C’est une belle histoire d’amitié et de vie. En effet, cette BD montre le meilleur comme le pire de ce que peut être la vie d’un Homme. J’ai aimé cette histoire simple mais efficace et dont les rebondissements judicieux alimentent un scénario bien construits.

Les personnages quant à eux sont super. J’aime leur façon de penser mais aussi d’évoluer. Chacun à son propre caractère et j’ai apprécié les relations qui se nouent entre eux. J’ai reconnu l’humour piquant de Joann Sfar dans les dialogues et certaines situations, ce qui ne gâche rien.

L’esthétique est vraiment sympa. Clément Oubrerie sert de façon magistrale le scénario. J’ai aimé ces traits un peu nerveux, les couleurs et l’ambiance générale qui se dégage de la BD.

Bref:

Une belle découverte!

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Stephie.

Young Adult

Sur le fil

Sur le fil d’Estelle Maskame, Pocket Jeunesse

Pour résumer:

MacKenzie Rivers avait tout pour elle : des amis formidables, de bonnes notes et, cerise sur le gâteau, le beau Jaden Hunter qui craquait pour elle. Mais tout s’est écroulé lorsqu’une tragédie a frappé la famille Hunter. Désarmée face à la souffrance de ceux qu’elle aime, MacKenzie ne voit qu’une solution : fuir. Cependant ses sentiments pour Jaden ne tardent pas à la rattraper…

Ce que j’en pense:

Retour de l’autrice de DIMILY que j’avais adoré. Forcément, lorsqu’on vient d’écrire un vrai succès, le prochain roman doit être à la hauteur.

Avec Sur le Fil, Estelle Maskame nous raconte l’histoire de Kenzie, une jeune adolescente à la vie pas si rose. Au fur et à mesure du roman, j’ai découvert des pans de la vie de Kenzie, et j’ai pénétré chaque recoin de son esprit. Cette jeune adolescente a connu un événement douloureux dans son passé qui a créé une vraie rupture. Mais il y aussi les Hunter. Auparavant, les enfants Hunter et elle étaient de vrais amis. Mais, là aussi une tragédie va changer leur destin à jamais. Cependant, Jaden Hunter et Kenzie ne vont pas résister à l’attraction qui les pousse irrémédiablement l’un vers l’autre.

L’intrigue est pleine de tension sexuelle entre les deux adolescents qui se cherchent mais à part ça, l’ensemble est plutôt ennuyeux. J’ai trouvé le tout un peu cliché et gnangnan. Dommage…

Le personnage de Kenzie est très caricatural. Elle ne se trouve pas jolie, elle se pose beaucoup de questions et a de nombreux états d’âme. Quant à Jaden, il est là aussi l’archétype de tous les personnages adolescents du type beau gosse ténébreux. 

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai trop lu de Young Adult ces derniers temps, mais du coup, la mayonnaise n’a pas vraiment pris avec moi. J’ai trouvé l’ensemble un peu trop cliché bien que le style d’écriture reste simple et agréable. Peut- être me suis je lassée des états d’âme adolescentes?

Bref:

Je n’ai pas été conquise.

Si je devais le noter:

3-plumes

Roman·Service Presse

Triangle

Triangle de Florent Rigout, Les éditions l’Alchimiste

Pour résumer:

Léa est sur les traces de son père disparu, mais à mesure que son enquête avance, elle voit le mystère s’épaissir autour de ses découvertes. Peu à peu, les choses s’accélèrent puis tout lui échappe. Des voiles se soulèvent pour laisser entrevoir d’étranges récits qui la forceront à remettre en cause sa vision de l’histoire de l’humanité. Mais les interrogations s’accumulent. Pourquoi son père serait-il lié à ces étranges légendes ? Quelle connexion peut-il y avoir entre un ancien corsaire, le scientifique Leibniz, Nikola Tesla, un lama bouddhiste et le premier pharaon d’Égypte ?

Entraînée malgré elle dans une quête sans précédent, bientôt traquée par un énigmatique ordre religieux puis aidée par un homme qu’elle connaît à peine, elle ira jusqu’au bout du monde pour trouver les réponses.

Ce que j’en pense:

Lire Triangle c’est plonger dans une aventure palpitante de plein pieds. Amateurs de rebondissements bienvenus!

Avec son intrigue accrocheuse, Florent Rigout nous entraîne dans le sillage de Léa une jeune femme bien décidée à retrouver son père qui a disparu. Très vite, elle va se retrouver mêlée à une quête ancestrale dont elle ne se doutait pas.

L’histoire regorge de rebondissements et franchement, c’est une véritable aventure que nous suivons. J’ai aimé ce rythme effréné et les surprises qui m’ont cueillies à tout moment de ma lecture.

Le personnage de Léa est très attachant avec un fort caractère. Il faut dire que pour se lancer dans une telle quête, il faut avoir des tripes. Autour d’elle gravitent de nombreux personnages masculins plus ou moins dangereux. J’avoue que je me suis méfiée de la plupart des personnages ayant peur de me faire avoir. Il est tellement facile de s’attacher à un personnage qui s’avère quelques pages plus loin être un judas!

L’écriture est vraiment agréable, un  peu musclée comme je l’aime. L’ensemble est vraiment bien construit.

Bref:

Une lecture palpitante.

Si je devais le noter:

4-plumes

Merci qui?

Un grand merci aux éditions l’Alchimiste pour leur confiance.

Les éditions l'Alchimiste