Album Jeunesse·Littérature de Jeunesse·Service Presse

Les rêves d’Ima

Les rêves d’Ima de Ghislaine Roman et Bertand Dubois, Cipango

Pour résumer:

Dans un village des Andes, au bord du lac Titicaca, la jeune Ima sombre dans une tristesse mystérieuse et voit ses nuits peuplées de cauchemars terrifiants.
Sa famille d’artisans ne pourra rien pour elle, jusqu’à l’intervention d’un vieil indien qui sait interpréter les rêves et lui donnera le moyen de s’en délivrer. Mais cela ne sera pas sans conséquences pour le village… Ima décide alors d’affronter ses rêves et de les transfigurer, donnant à entendre des récits puissants qui plongent leurs racines au plus profond de l’âme inca.

Ce que j’en pense:

L’histoire d’Ima nous plonge tout droit dans l’univers des Incas, dans leur mysticisme et leurs croyances. Le lecteur découvre donc cette petite fille dont les nuits sont peuplées de cauchemars. Très vite, je me suis attachée au personnage principal de la petite fille qui lutte désespérément contre ses cauchemars et dépérit à vue d’œil. Puis renaît au dépend de tout son village pour finalement trouver un subtil équilibre.

Ghislaine Roman nous livre donc un récit en toute délicatesse, nous plongeant dans l’univers Inca. L’ensemble ressemble à un conte mais aussi à une leçon de vie et de respect.

Le tout est accompagné de superbes illustrations. La forme des visages et l’explosion de couleurs rappellent sans aucun doute l’univers des Incas. Ainsi, l’adéquation entre le texte et l’image permettent une meilleur immersion. Les traits délicats du dessin soulignent la poésie des mots.

Bref, cet album est une jolie parenthèse que je vous conseille de découvrir.

Je tiens à remercier les éditions Cipango pour leur confiance.

Cipango

Classique·Roman

Au Bonheur des Dames

Au Bonheur des Dames d’Emile Zola, Livre de Poche

Pour résumer:

Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace.

Ce que j’en pense:

La série des Rougon Macquart est une de mes séries littéraires préférées. Emile Zola est sans conteste un de mes auteurs chouchous et Au Bonheur des Dames reste gravé dans ma mémoire depuis un bon moment. Récemment, j’ai recroisé ce roman sur un blog. L’ayant lu dans mon adolescences (pas si lointaine…hum hum), et en ayant gardé un excellent souvenir, je me suis dit qu’il serait intéressant de me replonger dans cette lecture afin de voir si elle me faisait le même effet.

Me voilà donc avec ma vieille édition, sur mon canapé et emmitouflée sous mon plaid, prête à me plonger dans l’univers de la naissance des grands magasins. J’avoue avoir eu quelques appréhensions, car les goûts changent au fil du temps. Mon angoisse a été balayée dès les premières lignes. Je me suis retrouvée avec plaisir dans le Paris d’antan en pleine mutation. J’ai suivi la vie de Denise, cette pauvre orpheline qui débarque à la capitale avec ses deux jeunes frères pour gagner sa vie. J’ai frissonné lorsqu’elle avait froid et je suis moi aussi tombée sous le charme d’Octave Mouret. J’ai aimé l’ambiance bouillonnante des grands magasins et les descriptions fourmillantes de détails de Zola.

Au- delà d’une histoire et de personnages forts, Emile Zola nous taille le portrait d’une société en pleine évolution. Il raconte les petits commerces crevants de faim et les grands magasins dégueulants de richesse. Finalement, tout ceci sonne encore malheureusement tellement juste. Emile Zola a cet œil visionnaire qui fait que son roman reste actuel encore au 21ème siècle. Il narre avec brio ce Paris en mutation sur fond d’une histoire d’amour qui confronte deux classes sociales.

Comme à chaque fois avec Emile Zola, je suis subjuguée par son style, ses descriptions et l’ambiance si réaliste qui se dégage de ses romans. J’ai donc fortement apprécié cette relecture qui m’a donné envie de relire un autre roman de la série: Le Ventre de Paris.

 

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Roman·Service Presse·Young Adult

Le Vol d’Icare

Le Vol d’Icare de Christine Deroin, Le Muscadier

Pour résumer:

Valentin a dix ans quand il arrive dans sa nouvelle école. Sur un mur de sa classe est affichée une reproduction du collage de Matisse « Icare ». Valentin fera comme Icare, il volera. Valentin fera mieux qu’Icare, il volera loin, très loin. Il en est certain.

Enfin, pas toujours. Parfois, il est aussi certain d’être le plus nul des garçons.

Ce que j’en pense:

Le Vol d’Icare nous narre l’histoire de Valentin, un petit garçon au caractère particulier. Le livre alterne des moments de la vie de Valentin qui est le narrateur et des moments « psy » qui sont beaucoup plus informatifs et visent à nous éclairer sur la bipolarité chez les enfants.

Christine Deroin se met donc dans la peau d’un enfant bipolaire et exprime ses peurs, ses angoisses mais également sa souffrance face aux regards des autres. Avec beaucoup de justesse et de sensibilité, elle met des mots sur les maux de cet enfant. De plus, elle utilise un vocabulaire simple ce qui rend beaucoup plus crédible le fait que ce soit Valentin qui raconte. Ainsi, le lecteur éprouve de l’empathie pour le personnage.

Le versant psy est rédigé par Angélique Excoffier. Elle éclaire de façon plus formelle les troubles de la bipolarité. Elle explique les symptômes et les différentes solutions qui peuvent être envisagées face à ce trouble difficile à déceler chez les enfants. Ainsi, elle donne une autre dimension au texte et apporte un côté plus pédagogique. Angélique Excoffier s’exprime clairement et avec des mots simples ce qui facilite la compréhension.

En somme, Le Vol d’Icare a su m’émouvoir par son pan romancé et avec l’histoire de Valentin mais il a su également m’intéresser à un trouble peu connu par son pan psy.

Je tiens à remercier les éditions Le Muscadier pour leur confiance.

Le Muscadier

Ma chronique en vidéo:

Album Jeunesse·Service Presse

Au Fil du Temps

Au fil du temps de Guillaume Olive et He Zhihong, Editions des éléphants

Pour résumer:

« Il est temps de se lever » dit la maman à sa toute petite fille. Le temps, qu’est-ce que cela veut dire ?
Dans une promenade poétique, la petite fille interroge la carpe, la fleur de lune, l’arbre, la montagne ou la rivière, et découvre qu’il n’y a pas qu’une réponse à sa question : le temps peut être un instant, une journée, une saison, mais le temps peut aussi être l’éternité, comme l’amour que lui porte sa maman.

Ce que j’en pense:

Avec cette album, l’auteur aborde la notion de temps. A travers le questionnement d’une petite fille, il nous fait réfléchir. Finalement, le temps n’est-il pas tout simplement une notion et une perception très personnelle? 

Avec des mots simples et poétiques, Guillaume Olive nous pousse à réfléchir et à nous interroger. Dans ce monde où tout va de plus en plus vite, cet album est une vraie parenthèse mais aussi une vraie prise de conscience. Le regard innocent de la petite fille mais également des animaux et de la nature environnante, cherche à nous faire réfléchir sur notre propre conception du temps.

L’ensemble est accompagné d’une esthétique tout en douceur. Les couleurs sont sublimes. Les nuances pastels confèrent à la poésie et poussent à se poser pour admirer tous les détails.

Bref, une lecture pour les plus petits mais aussi pour les plus grands. Une vraie parenthèse poétique qui fait du bien.

5-plumes

Un petit aperçu:

Merci aux Editions des Eléphants pour leur confiance.

Editions des éléphants

bd·Mercredi BD

Vive la marée!

Vive la marée! de David Prudhomme et Pascal Rabaté, Futuropolis

Pour résumer:

L’espiègle duo de La Marie en plastique est de retour, en verve et en observateurs taquins de leurs congénères sur les bords de mer. Haut le verbe et hautes les couleurs, la France en maillot de bain!

Ce que j’en pense:

Cette BD aux allures estivales tire le portrait d’une galerie de personnages se trouvant en bords de mer. Ainsi, le lecteur passe de personnages en personnages, découvrant des caractères différents, des physiques différents etc. J’ai adoré ces morceaux de vies! Le duo croque avec beaucoup d’humour les diverses personnalités que l’on peut rencontrer durant les vacances. Forcément, cela va du plus sympathique au plus bourru, mais le regard du scénariste et de l’illustrateur reste néanmoins plutôt bienfaisant sur tous les personnages.

Etrangement, j’ai ressenti de la tendresse durant la lecture, me sentant comme un témoin privilégié de la vie de ces personnes. Cela a également éveillé beaucoup de souvenirs. Vivant au bord de la mer, certains personnages m’ont rappelé des personnes croisées ici ou là durant la saison estivale.

Au- delà de la série de portraits, j’ai également apprécié le langage utilisé dans cette BD. J’ai trouvé l’ensemble mordant et rafraîchissant.

L’esthétique est plutôt sympathique même si j’avoue que ce n’est pas vraiment ce que je préfère. L’adéquation entre le scénario et les illustrations font que la magie opère et les couleurs solaires nous réchauffent le cœur en ce morne hiver froid.

Bref, si vous aimez les galeries de portraits grinçants, je vous conseille vivement cette lecture.

4-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Stephie

Ma chronique en vidéo: