Roman·Service Presse

Ombruscus

Ombruscus de Jean-Daniel Doutreligne, Editions L’Alchimiste

Pour résumer:

Chaque soir, à l’horizon, l’Œil géant de la Stèle se révulse, annonçant ainsi le début du cycle nocturne. Les habitants doivent alors impérativement porter le masque de sommeil pour se protéger du Cauchemar, car ses ombres altèrent la réalité, emprisonnent et tuent. Quiconque brave le Cauchemar perd la vie. Si Maître Val ne l’ignore pas, il se fait malgré tout piéger. Pourquoi ? Que cherchait-il en errant si tardivement, sans son masque de sommeil ?

Tim, son apprenti au sein de la Maison, se retrouve dès lors sans instructeur. Destiné à devenir lui-même Missionnaire, il est contraint d’accompagner Ver-de-Cendre, un maître cruel, chargé d’enquêter sur le meurtre d’un confectionneur de masques. Pour assurer la sécurité de Tim et Ver-de-Cendre, les Gardiennes de la Maison recrutent Axelle de Montbrune, une kalligraphe hors-norme, usant de magie grâce à des écritures ancestrales.

Et si l’avenir de l’île entière se jouait ? Et si le Cauchemar n’était pas du tout ce que chacun croit ?

Ce que j’en pense:

Décidément, Les Éditions L’Alchimiste ont l’art de publier des romans qui nous transporte dans un univers emplit de magie et de mystère. Avec Ombruscus, le lecteur est plongé dans un univers complètement inconnu où la société ne ressemble aucunement à ce que nous connaissons.

Tout commence avec le meurtre par le meurtre d’un Confectionneur. Ce dernier chargé de fabriquer des masques de sommeil permettant aux gens de se protéger du Cauchemar.  Pour mener l’enquête nous suivons Tim un apprenti qui est chapeauté par son Maître Ver- de- Cendre. 

L’intrigue est lancée très rapidement, le lecteur se retrouve très vite pris par l’histoire. Les rebondissements se suivent à bon rythme sans pour autant se multiplier. L’enquête avance à bon pas. Bien évidemment, tout cela ne va pas se dérouler sans embûche et c’est tout le sel de cette l’histoire. J’ai vraiment adoré cette histoire très prenante qui m’a menée doucement vers un dénouement que je n’attendais pas.

Tim est le personnage principal. Il est présent tout au long du roman. Très vite, il devient attachant. On sent que son passé est douloureux et compliqué. Il est intelligent, sensible et très attachant.

Autour de lui gravitent de nombreux personnages tous très travaillé. J’ai beaucoup aimé le personnage de Axelle, la Kalligraphe. Elle renferme un pouvoir étrange et fascinant associé à un savoir ancestral qui fait de cette protagoniste un élément fort du roman.

Jean- Daniel Doutreligne n’a donc pas négligé ses personnages secondaires et c’est véritablement un point positif.

D’un point de vue stylistique, l’écriture de l’auteur est très agréable. J’ai vraiment apprécié son style sans fioriture ni description inutile. Chaque mot a son importance et tout semble s’imbriquer presque naturellement.

Bref:

Une lecture que je vous conseille.

Si je devais le noter:

5-plumes

Merci qui?

Je tiens à remercier les Éditions L’Alchimiste pour leur confiance.

Les éditions l'Alchimiste

Littérature de Jeunesse

La cabane enchantée

La cabane enchantée de La Comtesse de Ségur, Casterman

Pour résumer:

On pourra grâce à ce recueil faire la connaissance de Rosalie, qui saura bientôt que la curiosité est un vilain défaut, de Blondine, que le malheur poursuit sans relâche, d’Henri, à qui courage et persévérance ne manquent pas, et enfin d’Ourson, qui se verrait bien en Prince merveilleux… Cinq contes de fées, cinq histoires enchantées.

Ce que j’en pense:

Lorsque j’étais enfant, j’adorais lire La Comtesse Ségur. Alors quand j’ai retrouvé ce livre dans ma PAL, je me suis dit que j’allais pouvoir me pouvoir me replonger dans mon enfance.

La Cabane Enchantée est un recueil de contes typiques du style de La Comtesse de Ségur. Autant dire que mes goûts ont largement changé depuis le temps. Dans ce roman, les contes sont remplis de bons sentiments. Il s’agit de suivre le droit chemin, d’obéir à ses parents, de respecter les règles. Systématiquement, lorsque l’on enfreint les règles, il arrive quelque chose de terrible. Les personnages manquent sérieusement de profondeur et les histoires sont simplettes.

Ce côté manichéen m’a profondément agacée et je suis arrivée avec peine à la fin du roman. Bien sûr le style d’écriture de La Comtesse de Ségur est délicat et très emprunté, mais cela ne suffit pas à combler tout ce qui m’a déplu dans cette lecture.

Bref:

Cette lecture n’a plus le goût de mon enfance…

Si je devais le noter:

2 plumes

bd·Littérature de Jeunesse·Mercredi BD

Mausart

Mausart de Thierry Joor et Gradimir Smudja, Delcourt

Pour résumer:

Mausart vit à l’intérieur du piano appartenant au musicien officiel de la cour, un loup nommé Salieri. Profitant de l’absence de ce dernier, Mausart joue de ce piano et la joyeuse mélodie arrive aux oreilles du couple royal. Le roi demande à Salieri de rejouer ce même air à l’occasion de l’anniversaire de la reine. Pour sauver les apparences, Salieri va devoir contraindre Mausart à jouer à sa place sans se faire remarquer.

Ce que j’en pense:

Mausart est une petite souris vivant dans le piano du grand Salieri, le pianiste officiel du roi. Un jour, Mausart profite de l’absence du musicien pour jouer une superbe sonate sur le piano. Mais le roi passant par là entend la mélodie et demande alors à Salieri de lui rejouer le morceau.

Le scénario de cette BD jeunesse est bien construit. Il y a de la poésie mais également des rebondissements qui rythment ce récit très prenant. J’ai vraiment apprécié le côté intrigue de cour qui donne une dimension adulte à la BD qui est à la base dirigée vers un public plus jeune. La fin de la BD est ouverte laissant imaginer un deuxième tome.

Le personnage de Mausart est très attachant. Il se montre malin et courageux. Je ne sais pas vraiment pourquoi les auteurs ont décidé d’en faire une souris, néanmoins, j’ai trouvé cela plutôt sympa. Chaque personnage est un animal. Salieri est donc un loup et le roi et la reine des oies. Salieri campe un méchant assoiffé de pouvoir. La psychologie des personnages est plutôt simple mais le héros devient très vite attachant.

L’esthétique quant à elle est très colorée. D’un style plutôt classique, les vignettes fourmillent de détails tant dans les décors que les costumes, ce qui contribue à nous plonger dans l’époque où se déroule l’intrigue.

Bref:

Une belle lecture.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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écriture

Campagne

Il ramena tout son barda à sa maison, enchaînant les aller retours. Il commençait à suer à grosses gouttes. Quelle chaleur écrasante dans cette région. Il se sentit soulagé de retrouver la fraîcheur de son logement. Lui qui détestait être enfermé dans son appartement parisien découvrait le plaisir de profiter de son chez soi. Il se surprit à faire un brin de ménage et même à chantonner en passant le balai. Il donna à manger au chat. Installa le téléphone fixe, brancha sa box internet et fit toutes les manipulations possibles et imaginables pour que tout soit prêt dans 3 jours. Le gentil monsieur du magasin lui avait dit que ce serait le minimum au niveau des délais de raccordement. Il allait donc devoir prendre son mal en patience.

Le soleil commençait doucement à descendre dans le ciel et la forte chaleur se muait en une vague tiède et réconfortante. Tim entreprit de nettoyer la table et la chaise de jardin pour pouvoir s’improviser un apéritif à l’extérieur. Il découpa du saucisson, versa des chips dans un petit bol, ouvrit une bière et s’installa, lunettes de soleil sur le nez face à l’immensité du paysage. Quelques minutes à peine après s’être installé, il entendit un bruit à côté de lui. Une vieille dame aussi fripée qu’un pruneau vint poser une bouteille de Suze et un petit verre sur la table de Tim. Elle tira la chaise voisine et s’assit péniblement à côté de lui. Elle lui sourit et se versa d’une main tremblante un verre de l’alcool ambré. Tim ne pouvait s’empêchait de regarder ses mains pleines de tâches de vieillesse. Sa peau parcheminée semblait si fine. Son regard clair se tournait vers l’horizon flamboyant de l’Occitanie. Elle portait une simple blouse à fleurs sans manche et avait attaché ses cheveux gris de façon élégante. Tim vit des ongles vernis d’un rose pâle et pensa que la coquetterie n’avait pas d’âge. Ici, les jardins n’avaient pas de frontière. Il n’existait ni clôture, ni barrière. Un sentiment d’infinie liberté envahit le jeune homme. Le silence alentour avait un pouvoir apaisant. Peu à peu, les muscles de Tim se détendirent un à un, il se surprit à fermer les yeux et à respirer profondément, comme si pour la première fois il goûtait à l’air. Soudain, la vieille dame se mit à parler de sa petite voix douce. Elle expliqua à Tim qu’elle était née dans le village il y avait maintenant 85 ans dans la maison où elle habitait actuellement. Ses grands-parents vivaient dans la maison où logeaient Tim. Elle décrivit au jeune parisien, son grand- père courbait dans le potager à biner la terre, sa grand-mère pelant les pommes de terre, la voix de sa mère quand elle chantait des chansons occitanes. Elle lui dépeignit la fête des vendanges qui rassemblait tout le village sur la place de la Mairie. Elle expliqua à Tim que les enfants adoraient les vendanges car ils aidaient les adultes dans les vignes, la rentrée étant repoussée à début octobre. Le jeune homme écouta attentivement et goûta aux grains de raisins sucrés, il sentit la douce chaleur dans son dos courbé sur les ceps de vignes, la joie du bal qui fêtait la fin de la récolte. Transporté dans une autre époque par la douce voix de sa voisine, Tim regardait les environs avec un autre regard. Les alentours étaient empreints d’un riche passé, de souvenirs joyeux. La vieille dame venait de lui conter son premier bal des vendanges lorsqu’elle se leva lentement et retourna à sa maison à petits pas vers sa maison, laissant Tim seul dans les dernières lueurs du soleil couchant. Il embrassa à nouveau du regard le paysage en ramassant ce qu’il restait de chips, de saucisson et de bière. Juste avant de fermer sa porte, il tendit l’oreille. La voix de la vieille dame s’élevait doucement dans la nuit tombante, chantant une mélodie d’ici qu’il ne connaissait pas mais aimait déjà.

Roman

Pauvre âme en perdition

Pauvre âme en perdition de Serena Valentino, Hachette Heroes

Pour résumer:

Nous connaissons tous l’histoire de la petite sirène, ce conte ancestral qui nous rappelle qu’il faut parfois perdre sa voix pour mieux la retrouver. Ariel désire explorer le monde et s’aventurer au-delà des frontières du royaume de son père, le roi des océans. Par amour, elle renonce à sa voix et manque d’y laisser la vie. Mais le bien l’emporte, et elle sort de ces épreuves métamorphosée et heureuse.

Pourtant, ce n’est que la moitié de l’histoire. Qu’en est-il de son ennemie Ursula, la terrible sorcière des mers? Pourquoi et comment est-elle devenue si retorse et pleine de haine, dédaignée par la cour de Triton?

Voici l’histoire d’une pauvre âme en perdition…

Ce que j’en pense:

Avec ce roman qui reprend la célèbre histoire de La Petite Sirène, mais, d’un autre point de vue, nous sommes plongés dans l’envers du décor.

Le lecteur découvre donc l’histoire d’Ursula, la vilaine du dessin animé. De nombreuses références sont faites à d’autres histoires au début du roman et franchement, cela ne gêne pas la compréhension de l’histoire mais néanmoins, cela empêche de comprendre tous les tenants et les aboutissants.

L’intrigue générale est plutôt bien faite même si elle est plutôt simple. Certains dialogues sont directement retranscrits du dessin animé et en grande fan de Disney, j’ai apprécié la référence.

Le personnage d’Ursula apparaît sous un nouvel angle. Elle acquiert une certaine profondeur et l’on découvre un nouveau pan de sa personnalité. J’ai apprécié de connaître son passé. Certaines découvertes sont surprenantes et m’ont fait regarder d’un autre œil le dessin animé de Disney.

Le style d’écriture est quand même simple peut être un peu trop. Ce n’est pas mal écrit mais franchement ce n’est pas non plus mirobolant. Il ne faut donc pas lire ce roman pour son côté stylistique mais plus pour découvrir d’autres choses sur la fameuse vilaine de Disney.

Roman·Service Presse

Le Concile de Merlin

Le Concile de Merlin, Tome 3: Graal de Lionel Cruzille, Editions l’Alchimiste

Pour résumer:

Gwendaëlle frôle la mort, encore une fois. Alors qu’ils ont parcouru le monde, découvert nombre de secrets et ramené de véritables trésors en Britannia Minor, Gwendaëlle et Gildas sont à nouveau meurtris, tant par leurs blessures que par l’incompréhensible trahison d’Iloan. Que cela cache-t-il ? Quelle est l’étendue de sa félonie ?
Sous les vents froids de la côte de Rhuys, les deux inséparables trouvent à nouveau refuge pour se rétablir comme ils peuvent ; ils se protègent mais se cachent aussi. Pourtant, le destin revient bientôt frapper à leur porte. Maya a voyagé pour suivre les enseignements du nouveau maître des Pèlerins du Temps : Gwendaëlle.
D’autre part, une nouvelle question cruciale émerge par le biais d’un autre mystérieux journal de Merlin qui témoigne d’une nouvelle folle : et si le plus grand enchanteur n’avait jamais cherché le Graal durant toutes ces années de quête ? Se pourrait-il que le Graal ne soit pas du tout ce qu’on croit ? Néanmoins, Gwendaëlle et Gildas y découvriront peut-être le seul moyen de défaire l’Ombre.

Ce que j’en pense:

Et voilà, c’est la fin de la trilogie du Concile de Merlin (tome 1 et tome 2). Dans cet ultime tome, Gwendaëlle et Gildas se lancent dans un combat contre l’Ombre et à la poursuite du Graal.  Ce dernier volet nous offre une intrigue riche qui met en lumière beaucoup d’éléments des précédents tomes. Ainsi, Gwendaëlle devient un guide et se voit assigner la tâche de former de nouveaux Mages. Face aux différentes étapes de la formation, nous découvrons les secrets de ce monde magique.

J’ai vraiment eu l’impression de voir les coulisses. Les tenants et les aboutissants de cette série prennent toute leur importance dans ce tome 3. Tout au long du récit, il y a une montée en puissance qui débouche sur une ultime bataille qui prend aux tripes. Les dernières lignes sont prenantes et nous révèle un ultime secret, créant un turn over surprenant.

Dans ce dernier opus, les personnages prennent en épaisseur. Gwendaëlle est encore au centre de tout mais elle se révèle plus maternelle. Elle apparaît plus adulte que dans le tome 1. C’est donc une véritable évolution des personnages qui nous est présentée. Lorsque l’on regarde tout cela du oint de vue des trois tomes, on ne peut qu’être admiratif face au travail de construction des personnages.

Le style quant à lui est fidèle aux précédents tomes. C’est agréable à lire et l’écriture nous transporte dans un univers particulier, créant une atmosphère propice à ce type de récit.

Bref:

Une série dont je vous conseille la lecture.

Si je devais le noter:

4-plumes

Merci qui?

Merci aux éditions L’Alchimiste pour leur confiance.

Les éditions l'Alchimiste

Roman

Sentinelle de la pluie

Sentinelle de la pluie de Tatiana de Rosnay, Livre de Poche

Pour résumer:

Pour fêter l’anniversaire de Paul et leurs quarante ans de mariage, Lauren réunit la famille à Paris. Linden, le fils, est venu de San Francisco pour l’occasion, et Tilia, la fille, de Londres. Mais depuis plusieurs jours des pluies diluviennes s’abattent sur la Ville Lumière, laissant présager le pire. Pourtant ce n’est pas la crue de la Seine qui menace le plus la famille Malegarde.

Comment se protéger lorsque toutes les digues cèdent et que l’on est submergé ? Face au péril, parents et enfants devront s’avouer ce qu’ils s’étaient toujours caché. Traumatismes, secrets enfouis, coming-out… Tandis qu’en miroir du fleuve les sentiments débordent, le drame monte en crescendo, démultipliant l’intensité des révélations.

Ce que j’en pense:

Tatiana de Rosnay a l’art de raconter des morceaux de vie. Cette fois ci, elle nous transporte dans un Paris submergé par les eaux. Alors qu’une famille se réunit pour fêter ensemble un anniversaire, un événement tragique vient bouleverser leur week-end.

Il y a des récits qui font écho en nous de façon douloureuse. La situation que vont vivre Lauren, Tilia, Linden et Paul est dramatiquement proche d’une situation que j’ai moi même connu. Alors forcément, cette histoire, je me suis plongée dedans avec désespoir, revivant des souvenirs difficiles. L’intrigue est terriblement bien construite et l’intensité dramatique augmente au même rythme que la Seine envahit les rues de Paris. L’atmosphère est lourde, tragique… Là où il n’y a que du malheur, Tatiana de Rosnay nous offre une leçon de vie. Face à cette épreuve, les personnages se dévoilent, les liens se resserrent. Et la beauté de la vie nous frappe en pleine figure alors que tout autour de nous s’effondre.

Pour servir cette histoire, l’auteure s’appuie sur des personnages forts dont Linden qui est le personnage principal. Narrateur, il nous livre son histoire avec beaucoup de sensibilité. Photographe mondialement connu, il revient sur des pans de son passé, dévoilant sa difficulté à assumer son homosexualité et mettant en avant les problèmes relationnels avec sa famille. La parole se libère, les émotions se mettent à nues.

Comme à son habitude, Tatiana de Rosnay a l’art de nous conter des histoires avec simplicité et délicatesse. On ne peut qu’adhérer à son style. L’auteure trouve les mots justes pour nous émouvoir et nous prouve encore une fois qu’elle eut faire mouche.

Bref:

Un coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes