Rentrée Littéraire·Roman·Service Presse

Seule en sa demeure

Seule en demeure de Cécile Coulon, L’Iconoclaste, 333 pages

Cécile Coulon nous plonge dans les affres d’un mariage arrangé comme il en existait tant au XIXe siècle. À dix-huit ans, Aimée se plie au charme froid de Candre Marchère, un riche propriétaire terrien du Jura. Pleine d’espoir et d’illusions, elle quitte sa famille pour le domaine de la Forêt d’Or. Mais très vite, elle se heurte au silence de son mari, à la toute-puissance d’Henria, la servante. Encerclée par la forêt dense, étourdie par les cris d’oiseaux, Aimée cherche sa place. La demeure est hantée par le fantôme d’Aleth, la première épouse de Candre, morte subitement peu de temps après son mariage. Aimée dort dans son lit, porte ses robes, se donne au même homme. Que lui est-il arrivé ? Jusqu’au jour où Émeline, venue donner des cours de flûte, fait éclater ce monde clos. Au fil des leçons, sa présence trouble Aimée, éveille sa sensualité. La Forêt d’Or devient alors le théâtre de désirs et de secrets enchâssés.

Je ne connaissais pas Cécile Coulon. Avec ce roman, c’est chose faite! Seule en sa demeure, nous narre l’histoire d’Aimée. Enfin… C’est plutôt Aimée qui nous narre son histoire puisqu’elle est la narratrice principale (pas tout le temps mais dans la très grande majorité du roman). La jeune femme se voit marié à Candre Marchère, un homme veuf, riche et qui est en apparence doux et bon. Mais, très vite, Aimée va se demander ce qui est arrivé à l’ancienne femme de son époux.

L’intrigue de ce roman m’a véritablement passionnée. J’ai adoré! Cécile Coulon pose habilement son décor. Elle présente la situation de façon presque naturelle et puis, soudain, elle se met à insinuer des choses. Des petits détails s’accumulent, éveillant la curiosité du lecteur, le poussant à s’interroger. Comme seul le point de vue d’Aimée nous est accessible, nous voyons tout par son regard. Et, tout comme le personnage, nos doutes grandissent. Ce comportement est-il normal? Qui est cet homme qui traîne sur la propriété avec la langue coupée? Aimée mène habilement l’enquête, amenant le lecteur dans son sillage. Les rebondissements sont palpitants et les dernières pages ont livré une fin surprenante.

Cécile Coulon a donc su m’emporter dans son histoire. J’ai particulièrement apprécié son langage délicat. Elle décrit avec beaucoup d’habileté le manoir où habite Aimée mais également la forêt environnante. Il y a de la poésie dans son écriture. L’ambiance qui se dégage de ce roman est vraiment particulière et la forêt enrobe le lecteur de sa touffeur et de son atmosphère à la limite de l’onirique.

Seule en sa demeure est donc selon moi, un des meilleurs romans que j’ai lu de cette rentrée littéraire. L’intrigue, les personnages et l’ambiance du livre ont définitivement su me séduire.

S

Merci aux éditions l’Iconoclaste pour leur confiance.

Éditions de L'Iconoclaste

Roman·Young Adult

Tiny Pretty Thing

Tiny Pretty Things de Sona Charaipotra, Dhonielle Clayton, Hachette Roman, 460 pages

Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York.

Lorsque Gigi, nouvelle et seule élève noire, est choisie pour incarner le rôle phare du premier ballet de l’année, les rivalités se déchaînent. Bette, ballerine star de l’école, est prête à tout pour récupérer son titre et éviter la rage de sa mère, qui ne tolère pas qu’elle ne soit pas la meilleure. June rêve quant à elle de ne plus être cantonnée au rôle de l’éternelle doublure.

Les trois filles ont bien du mal à résister à la pression du monde impitoyable de la danse. Et les choses vont empirer… jusqu’au drame.

Roman·Service Presse

Les oracles de Teresa

Les oracles de Teresa d’Arianna Cecconi, Marabout, 400 pages
Depuis bientôt dix ans, Teresa n’a pas quitté son lit ni prononcé  le moindre mot. Quand elle a senti son esprit vaciller et sa  mémoire s’étioler, elle a choisi de rester couchée et de se murer  dans le silence afin de ne pas laisser s’échapper le secret enfoui  au plus profond d’elle-même.
Pourtant, depuis bientôt dix ans, autour d’elle, tout le monde  s’affaire et se relaie pour la garder dans le flot de la vie : ses  filles Irene et Flora, sa petite-fille Nina, sa cousine Rusì, et  Pilar, venue tout droit du Pérou, qui lui prodigue des soins au
quotidien. Lorsque les heures de Teresa semblent comptées,  toutes se réunissent pour la veiller et pour entendre ce qu’elle  est peut-être enfin prête à leur confier, pour les aider à se libérer.
« Grand-mère rêvait  tout en nous écoutant,  elle dormait tout  en veillant sur nous.  Ses paupières étaient  closes, mais dessous,  ses yeux étaient  grands ouverts. »

La rentrée littéraire continue sur le blog grâce au site Babelio qui m’a permis de lire Les oracles de Teresa.

Babelio

Ce roman nous propulse dans une histoire de famille intense. Teresa, qui est la grand-mère de la famille, est entrain de décéder. Toute la famille se réunit alors pour l’accompagner dans ses derniers instants. Toutes ces femmes se remémorent les souvenirs de leurs vies. Chacune à leur tour, elles se dévoilent un peu, avouant des secrets en faisant émerger d’autres. Chacune se penche sur Teresa et lui livre son âme. Teresa se montre une oreille attentive. Au fil des heures, les liens entre ses femmes se soudent et l’on voit comment leurs vies se sont entremêlées. Cette histoire est vraiment très touchante et j’adore les histoires de famille. Cette dernière est vraiment émouvante car toutes ces femmes n’ont pas eu des vies faciles notamment d’un point de vue amoureux.

Les personnages sont admirables d’humanité. Chaque femme a sa personnalité, son propre parcours et ses cicatrices qu’elle traîne inexorablement derrière elle. J’ai particulièrement apprécié l’habileté de l’autrice à nous dévoiler des pans de ses protagonistes. Toutes ces sensibilités s’entrechoquent et tout cela crée une atmosphère spéciale autour du personnage de Teresa. Car, même si cette dernière ne parle pas et ne bouge pas, elle est au centre de tout. Toutes les histoires convergent vers elle, pour in fine, raconter sa vie.

Stylistiquement parlant, j’ai trouvé cela très riche. Arianna Cecconi alterne les histoires de vie avec habileté. Certains passages écrits en italique mettent en avant des moments clés de la vie des protagonistes. J’ai beaucoup aimé la sensibilité dans l’écriture et les mots choisis avec délicatesse.

Les oracles de Teresa est donc un roman terriblement émouvant mais également rempli de poésie.

Rentrée Littéraire·Roman·Service Presse

Mon Mari

Mon Mari de Maud Ventura, L’Iconoclaste, 196 pages

C’est une femme toujours amoureuse de son mari après quinze ans de vie commune. Ils forment un parfait couple de quadragénaires : deux enfants, une grande maison, la réussite sociale. Mais sous cet apparent bonheur conjugal, elle nourrit une passion exclusive à son égard. Cette beauté froide est le feu sous la glace. Lui semble se satisfaire d’une relation apaisée : ses baisers sont rapides, et le corps nu de sa femme ne l’émeut plus. Pour se prouver que son mari ne l’aime plus – ou pas assez – cette épouse se met à épier chacun de ses gestes comme autant de signes de désamour. Du lundi au dimanche, elle note méthodiquement ses « fautes », les peines à lui infliger, les pièges à lui tendre, elle le trompe pour le tester. Face aux autres femmes qui lui semblent toujours plus belles, il lui faut être la plus soignée, la plus parfaite, la plus désirable.

La rentrée littéraire 2021 se poursuit sur le blog avec un envoi des Éditions L’Iconoclaste, que je remercie.

Éditions de L'Iconoclaste

Maud Ventura nous embarque avec ce roman dans le sillage d’une femme amoureuse folle de son mari. Tout au long de la lecture, nous la suivons dans sa semaine. Tout commence donc le lundi. On y rencontre cette femme sans nom. Très vite, le lecteur va se rendre compte qu’elle a un amour fougueux pour son mari (dont nous ne connaissons pas le prénom non plus), presque un amour malsain. Elle épie et interprète les moindres gestes de son conjoint. S’imaginant le pire, se questionnant sans cesse, elle a même inventé son propre système de punitions (oui oui, vous avez bien lu). Tout tourne donc autour du personnage du mari qui sans le savoir est au centre de tout. Et puis, il y a aussi les apparences, qu’il faut absolument sauver. Être toujours impeccable, sourire en permanence. Ce personnage m’a fortement fait penser à Bree Van de Kamp dans Desperate Housewives.

L’intrigue est rondement menée et nous narre donc une semaine ordinaire dans la vie de ce couple. J’ai vraiment été prise dans l’histoire. Plus l’on avance dans la semaine et plus le récit devient intense. La femme s’enfonce dans sa paranoïa et ses reproches. Lorsque j’ai lu la partie du lundi, je me suis dit que c’était l’histoire d’une femme ordinaire. Arrivée au mercredi, j’ai commencé à penser qu’elle avait quand même quelque chose qui clochait. Le dimanche est l’apothéose! Plus de doute, cette femme est à la limite de la folie.

Maud Ventura nous livre donc les pensées de ce personnage tordu. On découvre son esprit tortueux et limite malsain. Comme la femme est la narratrice principale, nous avons accès à toutes ses pensées et ce n’est pas vraiment joli à voir. Certains passages sont à la limite de l’absurde et j’ai sérieusement mis en doute la santé mentale de cette femme. L’autrice a donc eu l’idée géniale de nous immerger totalement dans l’esprit de son personnage.

D’un point de vue stylistique, cela reste très agréable à lire. J’ai particulièrement aimé les touches d’humour disséminées de-ci delà. Car, ce qui au départ nous paraît une histoire de couple banale, se transforme peu à peu en farce. J’ai aimé ce glissement subtil qui nous mène jusqu’à un épilogue qui m’a cloué sur place, clôturant avec brio ce roman. En effet, les dernières pages donnent une autre dimension à l’ensemble du récit et ça, j’ai adoré.

Roman·Service Presse

Vent blanc, Noir cavalier

Vent blanc, Noir cavalier de Luke Rhinehart, Aux Forges de Vulcain, 272 pages

« Je ne suis pas morte », dit-elle avec une voix douce et émerveillée.
Matari, qui s’était enfoncée dans la nuit neigeuse dans l’espoir d’y mourir, est sauvée et recueillie par Oboko, un poète et moine bouddhiste. Nous sommes au Japon, au début du dix-huitième siècle. Oboko et son ami Izzi, un poète de cour, aussi extraverti qu’Oboko est secret, s’éprennent, l’un comme l’autre, de la jeune femme, qui leur apprend que, bientôt, ils seront tous les trois rejoints, et sans doute massacrés, par le Seigneur Arishi, auquel Matari était promise, et qu’elle a fui.

Grâce aux éditions Aux Forges de Vulcain, j’ai eu la chance de pouvoir lire ce roman de Luke Rhinehart.

Aux Forges de Vulcain — Wikipédia

Ce roman est un véritable voyage au pays des Samouraïs. Le Japon s’offre aux lecteurs en toile de fond et nous présente un paysage onirique pour des personnages délicats. 

L’intrigue se noue autour de Oboko, un moine et de Matari, une jeune femme qui fuie son mari. Cette dernière se retrouve perdue dans la neige alors qu’elle est en pleine fuite. Oboko la découvre et décide avec son ami Izzi, de la protéger du Seigneur Arishi. S’en suit une véritable course poursuite dans les montagnes enneigées. Tout doucement, l’histoire monte en puissance pour arriver à son climax dans les dernières pages. Pourtant, de temps à autre, je me suis franchement ennuyée…

Le personnage de Matari est rempli de mystères. Elle est enveloppée d’une aura particulière qui la rend fascinante. Quant à Oboko qui apparaît austère au début de la lecture, il gagne en humanité au fil des pages. Izzi incarne le pan humoristique de cette histoire. En effet, au-delà du côté très sérieux et poétique, l’auteur n’hésite pas à rajouter des touches d’humour. 

L’auteur parsème des courts poèmes tout au long son récit ce qui confère au texte un aspect particulier. Il choisit avec soin ses mots. L’ensemble est délicat et rempli de sensibilité. Je ne connaissais pas cet auteur mais j’ai vraiment été ravie de le découvrir.

Pour conclure, j’ai apprécié cette lecture remplie de poésie et qui m’a fait voyager au Japon.

S