Roman

Frère et soeur

 » Elle n’avait plus honte de rien. Son corps, elle n’en voulait plus d’autre. Puisque son frère l’aimait ainsi. Que le reste n’avait donc pas d’importance. Que le monde et son jugement ne pouvaient plus pénétrer le petit enclos de leur paradis. Qu’ils y étaient protégés par la force indestructible de leur union. Que c’était justement peut-être grâce à son obésité qu’une telle union avait été rendue possible. Que, moins grosse, son frère l’aurait peut-être moins aimée.  » Lui est croque-mort. Elle l’attend à la maison, presque impotente à force d’obésité. Ils s’aiment à la folie. Mais ils sont frère et sœur… Et la douleur qui taraude Jeanne depuis quelque temps n’est pas le signe d’une maladie ordinaire.

Roman·Young Adult

Le Test

Le test de Sophie Adriansen, Magnard Jeunesse, 240 pages

 » Je tourne le robinet et je fais couler l’eau pour le bain. Je programme mon téléphone pour qu’il sonne dans huit minutes. J’ai besoin de huit minutes pour enregistrer ce que je viens de voir.
Je disparais sous l’eau. Deux barres.
Comme deux personnes dans ce corps.
Brusque bifurcation à gauche. Il fallait bien que ça m’arrive.
Je suis gauchère.
Et je suis enceinte. « 

Roman·Service Presse

Lilly et le labyrinthe

Lilly et le labyrinthe de Blanche Martire, Fabert, 100 pages

Lilly, petite fille introvertie n’a pas les mots pour s’exprimer, elle attend impatiemment de savoir lire et écrire. Pourtant, elle sent déjà que les histoires et le monde de l’écriture l’habite. profondément. Un jour, elle fait la rencontre de Sarah qui n’a peur de rien. Et si finalement Lilly lui ressemblait ?
« Lilly  aurait voulu remonter ses manches plus souvent, et ainsi se salir les mains. Son coeur n’aurait plus été enfermé dans un coffre-fort. Les gens l’aurait découverte alors, entière. Lilly aurait été à la rencontre des autres et du monde. Elle aurait même laissé ses traces sur le tronc des arbres, les nuages et la pluie. Ses voyages se seraient remplis d’encre et les feuilles se seraient embrasées. le papier roussi par les flammes aurait noirci jusqu’aux dernières pages. Un noir ébène, absolu.Et la fumée serait montée jusqu’au ciel. »

Rentrée Littéraire·Roman·Service Presse

Seule en sa demeure

Seule en demeure de Cécile Coulon, L’Iconoclaste, 333 pages

Cécile Coulon nous plonge dans les affres d’un mariage arrangé comme il en existait tant au XIXe siècle. À dix-huit ans, Aimée se plie au charme froid de Candre Marchère, un riche propriétaire terrien du Jura. Pleine d’espoir et d’illusions, elle quitte sa famille pour le domaine de la Forêt d’Or. Mais très vite, elle se heurte au silence de son mari, à la toute-puissance d’Henria, la servante. Encerclée par la forêt dense, étourdie par les cris d’oiseaux, Aimée cherche sa place. La demeure est hantée par le fantôme d’Aleth, la première épouse de Candre, morte subitement peu de temps après son mariage. Aimée dort dans son lit, porte ses robes, se donne au même homme. Que lui est-il arrivé ? Jusqu’au jour où Émeline, venue donner des cours de flûte, fait éclater ce monde clos. Au fil des leçons, sa présence trouble Aimée, éveille sa sensualité. La Forêt d’Or devient alors le théâtre de désirs et de secrets enchâssés.

Je ne connaissais pas Cécile Coulon. Avec ce roman, c’est chose faite! Seule en sa demeure, nous narre l’histoire d’Aimée. Enfin… C’est plutôt Aimée qui nous narre son histoire puisqu’elle est la narratrice principale (pas tout le temps mais dans la très grande majorité du roman). La jeune femme se voit marié à Candre Marchère, un homme veuf, riche et qui est en apparence doux et bon. Mais, très vite, Aimée va se demander ce qui est arrivé à l’ancienne femme de son époux.

L’intrigue de ce roman m’a véritablement passionnée. J’ai adoré! Cécile Coulon pose habilement son décor. Elle présente la situation de façon presque naturelle et puis, soudain, elle se met à insinuer des choses. Des petits détails s’accumulent, éveillant la curiosité du lecteur, le poussant à s’interroger. Comme seul le point de vue d’Aimée nous est accessible, nous voyons tout par son regard. Et, tout comme le personnage, nos doutes grandissent. Ce comportement est-il normal? Qui est cet homme qui traîne sur la propriété avec la langue coupée? Aimée mène habilement l’enquête, amenant le lecteur dans son sillage. Les rebondissements sont palpitants et les dernières pages ont livré une fin surprenante.

Cécile Coulon a donc su m’emporter dans son histoire. J’ai particulièrement apprécié son langage délicat. Elle décrit avec beaucoup d’habileté le manoir où habite Aimée mais également la forêt environnante. Il y a de la poésie dans son écriture. L’ambiance qui se dégage de ce roman est vraiment particulière et la forêt enrobe le lecteur de sa touffeur et de son atmosphère à la limite de l’onirique.

Seule en sa demeure est donc selon moi, un des meilleurs romans que j’ai lu de cette rentrée littéraire. L’intrigue, les personnages et l’ambiance du livre ont définitivement su me séduire.

S

Merci aux éditions l’Iconoclaste pour leur confiance.

Éditions de L'Iconoclaste