Roman

Monsieur est mort

Monsieur est mort de Karine Silla, Pocket

Pour résumer:

« Monsieur »… Vincent aurait pu l’appeler « Papa » si son père l’avait voulu. Si ce monstre paternel, ce Barbe Bleue des temps modernes, cet ogre de charisme et de froideur, n’avait brisé son enfance et celle de ses trois frères… Aujourd’hui qu’il n’est plus, Vincent peut enfin revenir à Paris, quitter l’Inde où, quinze ans plus tôt, il a fui sans un regard en arrière.
Quels secrets cet appartement mystérieux garde-t-il derrière ses portes depuis toutes ces années ?
Vincent peut-il trouver le bonheur et faire le deuil du malheur dans cette famille décimée par les non-dits et le fantôme paternel rôdant encore ?

Ce que j’en pense:

Monsieur est mort nous plonge dans une histoire de famille aux recoins bien sombres. En effet, à la mort de son père, Vincent qui s’était éloigné de sa famille, revient au bercail. Mais les fantômes du passé ne sont jamais bien loin. À travers d’habiles aller- retour à travers le temps, Karine Silla nous narre l’histoire de cette famille hors norme. Ainsi, elle nous laisse découvrir des pans de chacun révélant par des flashbacks du passé, des répercussions dans le présent.

Vincent se trouve au centre du récit et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet homme a énormément souffert dans son enfance et qu’il lui aura fallut beaucoup de courage pour s’éloigner peu à peu du nid familial. Le père absent pas sa présence, envahit tout le roman. Il semble scruter les moindres faits et gestes, observer de son regard dur les réactions de chacun. Sa froideur emplit véritablement le roman lui conférant un aspect sombre.

Ce roman ne m’a pas particulièrement emporté dans son récit. J’ai plus découvert sidérée, la maltraitance psychologique et physique qu’a subit le personnage principal. Tout le long de ma lecture, je me suis sentie mal à l’aise. Le personnage du père m’a littéralement glacée.

Quant au style de l’auteure, il n’a pas non plus su me séduire. Bien qu’ayant réussi à instaurer une certaine atmosphère, j’ai trouvé l’ensemble parfois un peu décousu.

2 plumes

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Roman·Young Adult

La tête sous l’eau

La tête sous l’eau d’Olivier Adam, Robert Laffont

Pour résumer:

Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l’eau. D’un coup.
Elle s’ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c’est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d’un père dépressif, ça n’a fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d’ailleurs ? Son frère, Antoine, n’y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire.
Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l’eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif.

Ce que j’en pense:

Le décor est planté. Tout au long des pages, le mystère s’épaissit laissant l’imagination du lecteur vagabonder sur ce qu’il a bien pu arriver à Léa, cette jeune fille disparu. Le début du roman met en place la nouvelle vie de la famille suite à la disparition de la jeune adolescente. Antoine, le jeune frère, raconte quelles répercutions douloureuses, cet évènement tragique a eu sur toute leur vie. Puis vint le retour de Léa. Un retour qui va s’avérer tout aussi douloureux. La reconstruction, les silences pesants, le regard des autres sont autant de choses à affronter. La tête sous l’eau narre avec brio cette histoire tragique où les personnages semblent se noyer au détour de chaque phrase. J’ai eu l’impression qu’ils surnageaient tout au long du roman, luttant tant bien que mal contre les courants tumultueux de la vie. J’ai été bouleversée par cette intrigue et par ces personnages remplis d’humanité et de fragilités. En effet, comment ne pas être ému par Antoine, ce jeune adolescent qui tente de se construire dans l’ombre de la tragédie et il y a Léa… Léa si fragile, si sensible, pleine de secret, de peur et de colère enfouis.

Olivier Adam signe avec La tête sous l’eau un roman troublant, qui a su m’émouvoir et me toucher au plus profond. Son écriture simple et efficace sert à merveille ce récit rempli de sensibilité. C’est subtil, les mots sonnent juste et c’est un véritable plaisir à lire.

5-plumes

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Roman

Fleur de tonnerre

Fleur de tonnerre de Jean Teulé, Julliard

Pour résumer:

Hélène Jégado a tué des dizaines de ses contemporains sans aucune raison apparente.
Quels secrets renfermait cette tête qui, le 26 février 1852, sur le Champ de mars de Rennes, roula dans la corbeille de la guillotine ?

Ce que j’en pense:

Avec ce roman Jean Teulé nous plonge directement dans la tête d’une des premiers serials killeuse de l’histoire. Hélène Jégado est donc le personnage principal de ce roman hors norme. On y retrouve une France d’antan, une atmosphère très spécifique comme sait les écrire Jean Teulé. Ce roman nous promène dans le sillage de Hélène. Cuisinière hors paire, elle est aussi la reine des empoisonneuses et les cadavres s’amoncellent à son passage.

Jean Teulé a l’art de raconter les histoires les plus étranges et d’habitude j’avoue que j’adhère. Mais là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je suis restée hermétique. J’ai reconnu le style très spécifique de l’auteur. Le langage cru, les phrases percutantes tout cela fait partie des romans de Jean Teulé. Mais ici, cela ne m’a pas suffit. Je n’ai tout simplement pas adhéré à l’histoire. Je n’ai pas accroché au personnage….

Pour une fois, Jean Teulé n’aura donc pas su me séduire avec son roman.

2 plumes

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Roman·Service Presse·Young Adult

Rumeurs, tu meurs!

Rumeurs, tu meurs! de Frank Andriat, Mijade

Pour résumer:

Un baiser et tout s’emballe. Alice devient la cible de Lena… qui était sa meilleure amie. Les moqueries‚ les mensonges‚ les insultes pleuvent sur son téléphone.
Elle ne peut rien contre la haine qui répand ses métastases sur les réseaux sociaux‚ partout dans sa vie. Tous ces inconnus semblent si bien la connaître et clament au monde combien elle est nulle.
Elle ne contrôle plus sa vie. Quelle est l’issue? Mourir? Tuer?
Un récit important‚ écrit à la demande des élèves rencontrés dans les classes‚ pour ouvrir le débat dans les écoles‚ mettre des mots sur les dérives des réseaux sociaux‚ les souffrances que traversent des ados devenus des cibles.

Ce que j’en pense:

Rumeurs, tu meurs ! est un livre qui s’ancre vraiment dans l’air du temps. À travers l’histoire d’Alice, nous découvrons les effets néfastes des rumeurs mais également des réseaux sociaux. Cette histoire pourrait arriver à n’importe qui. Un bruit commence à courir, c’est faux mais vous avez beau vous en défendre que ce bruit devient vrombissement pour devenir assourdissant et finalement vous envelopper complètement quitte à vous digérez. Ce roman qui se lit d’une traite, met le doigt sur un problème qui malheureusement avec les réseaux sociaux prend une toute autre dimension.

L’intrigue tourne autour de Alice, une jeune fille lambda qui alors qu’elle aidait le petit copain de sa meilleure amie se retrouve à l’embrasser. Rongée par la culpabilité, elle décide d’en parler à Lena mais le garçon est passé avant et sa version n’est pas tout à fait la même. Lena a tôt fait de faire des raccourcis et en un coup de clavier tactile, elle bâtit la pire des rumeurs sur le dos de son ancienne amie. Alice fait face mais très vite, la rumeur enfle. Les réseaux sociaux font leur travail sournois. Le mur de Alice se couvre d’insultes, son téléphone ne cesse de sonner et elle sombre peu à peu.

Autant vous dire que cette histoire m’a profondément touchée. Comment ne pas être émue face à Alice qui perd pied alors qu’elle essaie de garder la tête haute. La tension monte au fur et à mesure que la rumeur enfle. Certains personnages deviennent de vraies têtes à claques. Et plus on avance dans la lecture et pire c’est.

L’auteur a donc su construire une intrigue forte en mettant le doigt sur un vrai problème de société. Mais il va au-delà de cela en exposant également les « bons réflexes » à avoir en cas de harcèlement. Il essaie de mettre en avant la lueur d’espoir au bout du tunnel. C’est donc un roman fort que nous livre Frank Andriat. Grâce à ces personnages forts et à son écriture simple mais efficace, cet auteur trouve les mots pour toucher le plus grand nombre de lecteur. Selon moi, ce roman est à mettre entre toutes les mains car il délivre un constat alarmant mais également un message fort.

5-plumes

Merci aux éditions Mijade pour leur confiance!

Mijade

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Roman·Service Presse

Sale Bourge

Sale Bourge de Nicolas Rodier, Flammarion

Pour résumer:

Pierre passe la journée en garde à vue après que sa toute jeune femme a porté plainte contre lui pour violences conjugales. Pierre a frappé, lui aussi, comme il a été frappé, enfant.
Pierre n’a donc pas échappé à sa « bonne éducation » : élevé à Versailles, il est le fils aîné d’une famille nombreuse où la certitude d’être au-dessus des autres et toujours dans son bon droit autorise toutes les violences, physiques comme symboliques. Pierre avait pourtant essayé, lui qu’on jugeait trop sensible, trop velléitaire, si peu « famille », de résister aux mots d’ordre et aux coups. Comment en est-il arrivé là ?
C’est en replongeant dans son enfance et son adolescence qu’il va tenter de comprendre ce qui s’est joué, intimement et socialement, dans cette famille de « privilégiés ».

Ce que j’en pense:

Avec Sale Bourge, Nicolas Rodier nous narre l’histoire d’une de ces familles pas si ordinaires. Il y met en scène Pierre, un enfant de famille nombreuse et bourgeoise. À travers ce personnage, nous allons découvrir l’envers du décor, le pourri sous la couche de vernis. En réelle souffrance, il essaie tant bien que mal de s’extirper de cet univers qui l’empoissonne et l’étouffe.

Le récit de ce roman est tout simplement stupéfiant. Je me suis sentie complètement en empathie avec le personnage principal. Je me suis laissé prendre dans la spirale infernale qu’est devenue sa vie. Spectatrice impuissante, j’ai assisté à l’évolution de Pierre. La découverte de cet univers bourgeois est véritablement glaçante. En effet, sous l’apparence très propre sur elle de cette famille, se cache de vrais problèmes de violence et de mal-être.

Pierre incarne alors le personnage qui n’accepte pas les maux que lui inflige sa famille. Il se rebelle et désire se démarquer, vivre sa vie comme il l’entend, loin du carcan imposé par sa famille. Ainsi, le lecteur assiste à sa difficile lutte. Il faut dire que ses parents ne vont pas lui rendre les choses faciles. On voit donc le Pierre évoluer, s’affirmer mais très vite, on sent que quelque chose reste ancré en lui. L’empreinte qu’a laissée sa famille est profonde et par conséquent, elle s’exprimera de la manière la plus violente qui soit.

Il n’y a pas à dire, j’ai adoré ce roman. Le style de Nicolas Rodier est à la fois simple et percutant. Sa façon de raconter est terriblement envoûtante et j’ai lu le roman d’une traite. L’idée que finalement, il y a une empreinte presque génétique à certains actes de mêmes membres d’une famille m’a fait penser à la série des Rougon- Macquart d’Émile Zola. C’est donc un véritable coup de cœur.

5-plumes

Ma chronique en vidéo: