bd·Littérature de Jeunesse

Le Prince et la Couturière

Le Prince et la Couturière de Jen Wang, Akileos

Pour résumer:

Le prince Sébastien cherche sa future femme, ou plutôt, ses parents lui cherchent une épouse… De son côté, Sébastien est trop occupé à garder son identité secrète à l’abri des regards indiscrets. La nuit, il revêt les tenues les plus folles et part conquérir Paris sous les atours de l’époustouflante Lady Crystallia, l’icône de mode la plus courue de toute la capitale !

Sébastien a une arme secrète : sa couturière, Francès, une des deux seules personnes à connaître son secret, et sa meilleure amie. Mais Francès rêve de s’accomplir par elle-même, et rester au service du prince lui promet une vie dans l’ombre… pour toujours. Combien de temps Francès supportera‑t-elle de vivre dans le boudoir de Sébastien en mettant ses rêves de côté ?

Ce que j’en pense:

Le prince Sébastien adore se balader en robe. Pour nourrir ses envies, il embauche secrètement Francès, une couturière talentueuse.

Le scénario est superbe, j’ai accroché direct. Ce roman graphique remet en questions les « on dit » et les préjugés. J’ai été tenue en haleine et très émue par le parcours de ce prince qui veut juste être lui- même.

Les personnages sont très attachants. Sébastien est profondément humain et sensible. Il a le mérite d’essayer de vivre son rêve. Francès quant à elle est très attachante. Elle est également terriblement sensible. Elle soutient le prince et lui permet d’être lui même. La relation qui se tisse entre ces deux personnages est spéciale. Il y a du respect et de la confiance entre eux.

L’esthétique est superbe avec de magnifiques illustrations. Les dessins sont tout en rondeurs, les couleurs sont sublimes et il y a pleins de jolis détails notamment dans les tenues vestimentaires. L’atmosphère qui se dégage de cette BD est particulière mais m’a vraiment envoûtée.

Bref:

Un vrai gros coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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bd

Speak

Speak d’Emily Carroll, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Melinda a 15 ans. Ce soir d’été, au beau milieu d’une fête, la jeune fille est victime d’un drame. Elle appelle la police. Personne ne saura jamais pourquoi elle a lancé cet appel, ni ce qu’il lui est arrivé cette nuit-là. Tout simplement parce que Melinda, murée dans son silence, ne parvient pas à l’exprimer…

Ce que j’en pense:

Melinda a subi un viol durant l’été pendant une fête. Paniquée, elle appelle la police mais devient soudainement mutique. Ce roman graphique nous décrit son année de lycée suite à cet événement tragique.

Le scénario est poignant et dissémine des indices tout le long sur le pourquoi de cet harcèlement au lycée. L’histoire est pleine d’émotions et tout en sensibilité. J’ai été complètement retournée et à fleur de peau durant toute ma lecture. La situation que vit Melinda est révoltante. Cela pousse terriblement à se remettre en question.

Melinda est un personnage très attachant. Elle essaie de s’exprimer mais elle n’y arrive pas. Il y a pleins de petits signes mais les gens qui l’entourent semblent ne rien voir. Comment ne pas s’interroger face à cette situation? Le sujet est lourd et malheureusement trop fréquent.

L’esthétique en noir et blanc reste très pudique mais néanmoins elle marque les esprits. Les traits sont ronds et les dessins sont subtils. J’ai apprécié la façon dont Emily Carroll a traité l’ensemble du sujet. Ce n’est pas vulgaire, ce n’est pas du mélodrame, c’est tout simplement un témoignage poignant en toute pudeur.

Bref:

C’est une grosse claque et également un gros coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd

Nos Embellies

Nos Embellies de Gwenola Morizur et Marie Duvoisin, Grand Angle

Pour résumer:

Lily apprend qu’elle est enceinte, au moment où son compagnon lui annonce qu’il va partir en tournée avec son groupe et lui demande de s’occuper de Balthazar, son neveu, qui arrive du Canada. Lily tente d’apprivoiser ce gamin qu’elle n’a jamais vu et qui traîne avec lui la tristesse de la séparation de ses parents.

Sur un coup de tête, elle quitte Paris avec Balthazar. Sur la route, ils rencontrent Jimmy, un jeune homme en marge. Leur périple les mène jusqu’à Pierrot, un berger qui élève seul ses brebis avec son chien. Ensemble, ces âmes déboussolées vont retrouver un souffle de vie.

Ce que j’en pense:

Lily apprend qu’elle est enceinte et doit par la même occasion s’occuper du neveu de son fiancé. Ce scénario nous dévoile le cheminement de Lily qui vit un vrai questionnement. C’est une véritable épopée montagnarde où l’on renoue avec la nature, les sentiments forts et vrais. Cette BD est emplit d’une profonde humanité. En lisant ce one-shot, j’ai renoué avec des sentiments purs et forts.

Tous les personnages sont attachants, on les quitte avec la boule au ventre.  J’ai été très émue par leur vécu et leur histoire. Lorsque l’on ferme la BD, on a envie de savoir ce que vont devenir tous ces personnages.

L’histoire est superbe tout comme les personnages. L’esthétique est sympa avec beaucoup de détails sur les paysages et les expressions faciales. Seul petit bémol, je n’aime pas vraiment le traitement de la couleur qui ne rend pas justice aux magnifiques décors.

Bref:

Une belle BD.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd

Les Vieux Fourneaux, Tome 5: Bons pour l’asile

Les Vieux Fourneaux, Tome 5 : Bons pour l’asile de Lupano et Cauuet, Dargaud

Pour résumer:

Retour à Paris pour Antoine, Mimile et Juliette. Le plan est simple : ramener Juliette auprès de sa mère, puis filer au Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. C’est du moins ce qui est prévu… Mais, désireuse de voir son père et son grand-père se rabibocher, Sophie les oblige à s’occuper ensemble de Juliette jusqu’au lendemain. Mimile ne peut donc compter que sur Pierrot pour l’accompagner au match. Or, Pierrot l’anarchiste mène un nouveau combat : il s’est engagé en faveur des migrants. Alors vous pensez bien qu’assister à un match opposant la France, qui refuse d’accueillir les migrants, à l’Australie, qui ne pense qu’à les entasser dans des camps, bafouant ainsi les droits de l’homme, c’est hors de question ! Mimile n’a plus pour seule compagnie que ses désillusions… Et si lui aussi était bon pour l’asile ?

Ce que j’en pense:

Suite des aventures de ma bande de petits vieux préférés. Tout commence dans un total élan d’anarchie, en effet un vent de révolte souffle sur la joyeuse bande. Dans cet opus, les liens du sang vont être mis à rude épreuve. Sophie va tenter de réconcilier son père et son grand-père par le biais de Juliette.

Le scénario est tip top! J’ai beaucoup ri ou souri mais j’ai également été très émue par l’histoire de cette galerie de personnages qui me devient de plus en plus familière. J’ai toujours autant de plaisir à découvrir les aventures de ces personnages. Les caractères sont affirmés ce qui donne lieu à de sacrés dialogues et à de drôles de situations.

L’esthétique est fidèle aux précédents tomes et j’apprécie toujours autant les dessins et l’ambiance qui s’en dégage.

Bref:

J’adore toujours autant!

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd·Mercredi BD

Didier, la 5ème roue du tracteur

Didier, la 5ème roue du tracteur de Pascal Rabaté et François Ravard, Futuropolis

Pour résumer:

Didier vit avec sa soeur Soazig dans une petite ferme bretonne. Il est très malheureux : à 45 ans, ce passionné du tour de France, n’a toujours pas connu le grand amour. Alors qu’il doit acheter une moissonneuse à la vente aux enchères du matériel agricole de Régis, copain de beuverie et fermier en faillite, il revient sans matériel mais avec son copain. Soazig est furieuse, mais pourtant le courant passe entre Régis et elle, soufflant un vent de liberté sexuelle. Consciente des malheurs de son frère, elle l’inscrit à son insu sur un site de rencontres. Rapidement, le profil de Didier fait une touche : la très entreprenante « Coquinette »…

Ce que j’en pense:

Didier est un agriculteur, célibataire endurci qui se voit contraint par sa sœur de trouver l’amour.

Le scénario est vraiment tip top. J’ai adoré, j’ai trouvé l’ensemble très drôle. C’est un morceau de vie. L’auteur nous dévoile un petit pan de l’histoire de ces personnages. Je me suis sentie privilégiée de pouvoir y assister.

J’ai aimé Didier, le gros pataud un peu poivrot mais attachant. Soazig sa sœur, quant à elle, n’en peut plus de materner son frère. Et Régis qui se retrouve à vivre chez Soazig et Didier, est également très attachant. Le trio de personnages fonctionne vraiment bien. Les situations cocasses s’enchaînent pour mon plus grand plaisir. J’ai adoré voir les relations qui se nouent entre eux.

Les illustrations sont tendres et très colorées. Il y a beaucoup de rondeurs dans les traits mais aussi beaucoup de poésie et de délicatesse. Le style graphique a donc su me séduire.

Bref:

Une lecture plaisante.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

bd·Non classé

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris, Monsieur Toussaint Louverture

Pour résumer:

Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou: plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d’une balle en plein cœur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider ce mystère. Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les secrets tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants.

Ce que j’en pense:

Dans cet ovni, on découvre Karen une petite fille qui se prend pour un monstre. Très intelligente et avec une imagination débordante, elle enquête sur la mort de sa voisine Anka. En parallèle, l’enfant est élevée par sa mère très malade et son grand frère Deeze. Emil Ferris nous livre un carnet intime époustouflant qui m’a laissé complètement baba.

Il faut dire que ce roman graphique énorme possède un scénario complexe mais qui transporte complètement le lecteur dans un autre univers. Deux histoires se racontent et s’entremêlent et c’est avec un véritable plaisir que je les ai parcourue. L’intrigue est très dense et renferme de nombreuses informations. Parfois, tout semble véritablement partir dans tous les sens comme un esprit humain. Malgré la complexité de l’ensemble, tout est bien construit et j’ai pénétré dans l’esprit de Karen de plein pieds.

Les personnages sont fascinants. La psychologie de chacun est très détaillée. Deeze renferme un grand secret qui crée un suspens et monte en puissance jusqu’à la fin du tome. Anka est le deuxième pan féminin de ce roman graphique. À travers l’enquête de Karen, on découvre ce personnage très mystérieux.

Au-delà, d’une histoire terriblement prenante, c’est l’esthétique qui m’a laissée bouche-bée. Le graphisme ne peut vous laisser indifférent. Il y a pleins de petits détails. C’est vraiment un style à part et reconnaissable. Une certaine fascination pour les dessins s’installe à chaque page, si bien qu’au-delà de l’énorme pavé à lire, je me suis attardée sur chaque petit détail visuel. Le mélange des pages en noir et blanc et en couleurs est plutôt malin. Je ne vous parle même pas de l’effet griffonné et des nombreuses surprises visuelles que cache cette magnifique BD.

 

Bref:

Une énorme coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

Les autres coup de cœur de la blogo sont chez Antigone.

bd·Mercredi BD

Il était une fois dans l’est

Il était une fois dans l’est de Julie Birmant et Clément Oubrerie, Dargaud

Pour résumer:

Voyou aimant à se fracasser les poings dans les fenêtres, poète adulé telle une rock star, Serge Essenine est un cowboy blond de Moscou. Avec son ami Mariengof, à la chevelure lustrée comme un piano de concert, ils sont les chefs de la bande des imaginistes.

Dans les cendres fumantes de la guerre civile, alors que la Tchéka ne s’en prend pas encore aux artistes, ils se battent tranquillement à coup de poèmes et de bouteilles de vodka.

Mais un beau jour de 1921, surgit du fin fond de l’Ouest, pétrie de luxe, de Grèce et de scandales, une danseuse plus si jeune,une Américaine au moins aussi célèbre que Lénine, Isadora Duncan…

Ce que j’en pense:

Cette BD nous narre l’histoire de Isadora une danseuse qui décide de partir à la conquête de la Russie juste après la Révolution.

Je suis tombée complètement par hasard sur cette BD dans ma médiathèque et j’ai très vite compris que celle- ci faisait écho à une autre BD lue il y a quelques temps, Isadora des mêmes auteurs. J’avais gardé un souvenir plutôt positif de ma première lecture donc je suis allée assez confiante me plonger dans celle- ci. Pourtant, j’ai trouvé très vite que l’ensemble manquait un peu de rythme. Cela m’a semblé quelque peu brouillon. La fin traîne en longueur et je me suis ennuyée…

Pourtant, avec un personnage principal comme Isadora, comment peut-on  s’ennuyer? Cette femme est pétillante et a un sacré caractère. Néanmoins, elle devient très vite un peu trop hautaine, ce qui la rend désagréable.

En revanche, gros point positif sur l’esthétique de cet opus. Les traits sont doux, les personnages ont de grands yeux très expressifs. Les couleurs sont plutôt sombres et reflètent bien l’ambiance austère de la Russie post Révolution.

Bref:

Pas vraiment conquise.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Stephie.