bd·Littérature de Jeunesse·Mercredi BD

Mausart

Mausart de Thierry Joor et Gradimir Smudja, Delcourt

Pour résumer:

Mausart vit à l’intérieur du piano appartenant au musicien officiel de la cour, un loup nommé Salieri. Profitant de l’absence de ce dernier, Mausart joue de ce piano et la joyeuse mélodie arrive aux oreilles du couple royal. Le roi demande à Salieri de rejouer ce même air à l’occasion de l’anniversaire de la reine. Pour sauver les apparences, Salieri va devoir contraindre Mausart à jouer à sa place sans se faire remarquer.

Ce que j’en pense:

Mausart est une petite souris vivant dans le piano du grand Salieri, le pianiste officiel du roi. Un jour, Mausart profite de l’absence du musicien pour jouer une superbe sonate sur le piano. Mais le roi passant par là entend la mélodie et demande alors à Salieri de lui rejouer le morceau.

Le scénario de cette BD jeunesse est bien construit. Il y a de la poésie mais également des rebondissements qui rythment ce récit très prenant. J’ai vraiment apprécié le côté intrigue de cour qui donne une dimension adulte à la BD qui est à la base dirigée vers un public plus jeune. La fin de la BD est ouverte laissant imaginer un deuxième tome.

Le personnage de Mausart est très attachant. Il se montre malin et courageux. Je ne sais pas vraiment pourquoi les auteurs ont décidé d’en faire une souris, néanmoins, j’ai trouvé cela plutôt sympa. Chaque personnage est un animal. Salieri est donc un loup et le roi et la reine des oies. Salieri campe un méchant assoiffé de pouvoir. La psychologie des personnages est plutôt simple mais le héros devient très vite attachant.

L’esthétique quant à elle est très colorée. D’un style plutôt classique, les vignettes fourmillent de détails tant dans les décors que les costumes, ce qui contribue à nous plonger dans l’époque où se déroule l’intrigue.

Bref:

Une belle lecture.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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bd·Mercredi BD

Le Detection Club

Le Detection Club de Jean Harambat, Dargaud

Pour résumer:

Une île en Cornouailles, années 1930. Le milliardaire Roderick Ghyll invite les membres du Detection Club, qui réunit les grands auteurs britanniques de l’âge d’or du roman à énigme dont les célèbres Agatha Christie et G.K. Chesterton, à se rendre dans sa vaste demeure, la villa Briarcliff. Ils sont conviés à assister à la démonstration d’un automate, qui, une fois intégrées les données d’un problème policier, résout le crime en livrant le nom du coupable. Mais Ghyll est assassiné…

Ce que j’en pense:

Regroupez 7 célèbres écrivains de romans policiers. Amenez les sur l’île des Cornouailles. Ajoutez un riche homme exubérant. Saupoudrez d’un suicide qui s’avère être un meurtre et vous aurez les ingrédients de cette BD prenante.

L’intrigue se déroule comme un roman policier. L’enquête se déroule dans un seul lieu et chaque personnage est suspecté à un moment donné. Il y a des rebondissements et bien évidemment, la fin est surprenante. Vous l’aurez compris, avec cette BD, le lecteur renoue avec les bases du genre policier. Néanmoins, Jean Harambat y rajoute une touche d’originalité en l’adaptant au format BD.

S’appuyant sur des personnages forts et emblématiques, il a tôt fait de capter la curiosité du lecteur. Le personnage principal est Agatha Christie, la reine du suspense. Jean Harambat a beaucoup travaillé sur ce personnage qui est quasiment omniprésent. 

L’ensemble est servi par une esthétique simple presque un peu naïve. Je pense que j’aurai aimé plus de réalisme avec un tel récit. Néanmoins, la formule fonctionne.

Bref:

Une BD dont je ne pense pas garder un souvenir marquant.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Noukette.

bd·Littérature de Jeunesse·Mercredi BD

Dans les yeux de Lya

Dans les yeux de Lya, Tome 1: En quête de vérité de Carbone et Cunha, Dupuis

Pour résumer:

À la veille de ses 17 ans, Lya se fait renverser par un chauffard qui prend la fuite, la laissant pour morte. Elle survivra mais devra rester en fauteuil roulant toute sa vie.
Quatre années plus tard, elle termine son DUT Carrières juridiques et décroche un stage dans le cabinet d’avocats le plus prestigieux de la ville, celui du célèbre et médiatique maître Martin de Villegan. Son stage n’a pas été choisi par hasard, bien au contraire. C’est ce même cabinet qui a réglé son cas des années auparavant. Ses parents ne lui en ont rien dit mais elle a découvert qu’ils avaient été achetés pour éviter des poursuites juridiques. Bien décidée à retrouver celui qui l’a renversée et à lui faire payer, elle va se mettre en quête du dossier. Un jeu dangereux commence alors et sa soif de vengeance ne sera pas sans conséquences…

Ce que j’en pense:

Avouez que le résumé vous a donné envie de vous plonger dans cette BD? Et ce n’est pas moi qui vais vous lancez la pierre! La première fois que j’ai vu ce livre, j’ai flashé sur la couverture, captivée par ce grand regard.

Effectivement, Lya nous embarque littéralement dans son histoire. Dès les premières pages, elle appelle à la sympathie. Elle se montre déterminée avec une grosse forte de caractère. Il faut dire que la vie ne lui a pas fait de cadeau et depuis qu’elle a découvert que quelqu’un connaissait l’identité de la personne qui l’avait renversée en voiture, elle est déterminée à retrouver l’identité de celui qui a fait basculer sa vie. Du coup, nous voilà pris dans la lecture d’une enquête policière qui exige finesse et discrétion. La jeune femme en a sous le coude et quand elle désire quelque chose, elle fait tout pour l’obtenir. Ainsi durant ce premier tome, Lya tente de récupérer son dossier dans le cabinet d’avocat où elle a décroché un stage. Le moins que l’on puisse dire c’est que Carbone sait tenir en haleine son lecteur et multiplie les rebondissements inattendus. Le scénario est donc finement écrit permettant de créer une tension qui nous tient en haleine. Quant à la fin de ce premier tome, elle est cruelle pour le lecteur qui n’a qu’une envie, découvrir la suite!

Afin d’accompagner ce scénario aux petits oignons, Cunha nous offre une esthétique aux traits forts et abrupts. J’aime particulièrement la façon dont il traite les corps de ses personnages. Les regards sont particulièrement forts et émouvants.Les couleurs quant à elles sont plutôt vives et renforcent l’atmosphère si particulière de cette BD.

Bref:

Une BD coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

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Monsieur Jules

Monsieur Jules de Ducoudray et Monin, Grand Angle

Pour résumer:

Le métier de ce vieux monsieur ? Rentier pour dames.

Dans le quartier, tout le monde connaît le maussade Monsieur Jules. Pourtant beaucoup ignorent qu’il continue d’exercer son métier, apparu avec le plus vieux métier du monde… Au moment où tous les jours éclosent de nouvelles fleurs de pavés venues d’Afrique ou de l’Est, lui partage sa vie avec Solange et Brigitte, deux vieilles tapineuses. Une nuit, Monsieur Jules découvre le corps inanimé de Tina. Mais en l’aidant, Monsieur Jules attire l’attention des réseaux de prostitution qui ont une tout autre conception du métier de proxo que lui.

Ce que j’en pense:

C’est lors d’un rendez-vous du mercredi que j’ai découvert cette BD. Rien que le nom de Monin m’avait séduit mais les avis plutôt positifs ont définitivement fini de me tenter.

Il faut dire que ce Monsieur Jules, sous ses airs bourrus, cache de drôles de secrets… Le métier de ce monsieur? Rentier pour dames! Oui, vous avez bien lu! Cette BD nous plonge donc dans les coulisses de son lupanard. On ne s’ennuie pas chez Monsieur Jules! Entre les clients, le jardinier un peu trop « gourmand », les disputes entre ces dames et l’arrivée d’une nouvelle, il n’y a pas à dire, on n’en perd pas une miette.

Le scénario qui aurait pu virer au glauque et fait de façon judicieuse. Le récit est humain et le regard posé sur cette profession est très bienveillant.  Le récit montre clairement la différence entre le proxénétisme de Monsieur Jules et celui des nouveaux arrivants sur le marché, beaucoup plus agressif. J’ai trouvé l’ensemble bien ficelé. Le scénario a le mérite de vouloir mettre en avant des personnes qui vivent des situations difficiles et se retrouvent parfois contraintes à se prostituer pour survivre. Néanmoins, j’ai l’impression que certaines choses ont simplement été effleurées et qu’elles auraient mérité d’être un peu plus étoffée.

Le personnage de Monsieur Jules est central. Il a une forte personnalité. Il renferme un douloureux secret (qui nous sera révélé durant ce one- shot) et se montre protecteur en ce qui concerne ses filles. On découvre également plusieurs facettes à ce personnage. J’ai apprécié découvrir tant ses forces que ses failles. Il est donc particulièrement attachant.

Bien évidemment, autour de cette figure masculine dominante, évoluent un panel de personnages féminins aux multiples personnalités. Là aussi, Aurélien Ducoudray a pris le temps de peaufiner chacune d’entre elles et c’est vraiment appréciable.

L’esthétique est…sublime! Mais, je n’en attendais pas moins d’Arno Monin dont j’admire beaucoup le travail. La finesse et la délicatesse du dessin confèrent à ces personnages une vraie dimension humaine. les couleurs sont magnifiques. L’atmosphère qui se dégage de ces illustrations nous transporte directement dans l’histoire.

Bref:

Un coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd·Littérature de Jeunesse·Mercredi BD

Aliénor Mandragore, Tome 5: Le Val sans retour

Aliénor Mandragore, Tome 5: Le Val sans retour de Séverine Gauthier et Thomas Labourot, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Fée ou druide, le coeur d’Aliénor Mandragore balance. Et si connaître son passé l’aidait à comprendre ses sentiments ?

Direction la forêt de Brocéliande. Revenue du royaume souterrain des Korrigans, Aliénor est troublée. Déjà, avec Lancelot – à qui il a poussé des cornes -, ils ne s’adressent plus la parole. Mais ce n’est pas tout. Alors que cela lui avait été strictement interdit, la jeune fille a là-bas touché la baguette d’une fée. C’était plus fort qu’elle ! Mais pourquoi cette attirance ? Son ermite qui est censé tout connaître d’elle voudrait bien l’aider à comprendre, mais une partie de ses souvenirs est restée dans le Val sans retour. Où décide de se rendre immédiatement Aliénor, malgré le danger qu’une telle expédition représente… 

Ce que j’en pense:

Et voilà…Aliénor Mandragore, c’est fini! J’avais succombé il y a peu à cette série jeunesse (article ici). 

Dans ce dernier opus, notre héroïne est en pleine quête d’identité. Mais trouvera-t-elle les réponses qu’elle cherche?

Le scénario nous permet de clore cette série par un beau final. Certaines questions sont résolues et donnent un nouvel éclairage aux précédents tomes. Rempli de suspens, ce dernier tome met en avant le personnage de l’ermite et à travers lui, le lecteur découvre tout un pan de la jeunesse d’Aliénor.

La plupart des personnages se montrent donc sous un pan différent. Aliénor prend de l’épaisseur et l’ampleur de son personnage se montre au grand jour. J’ai particulièrement aimé le personnage de Lancelot qui s’avère un ami fidèle et au grand cœur. Quant à l’ermite, c’est selon moi la révélation la plus touchante. Le personnage révèle toute son importance. Ce dernier tome sublime donc toute cette galerie de personnages aux personnalités si marquées.

D’un point de vue esthétique, c’est toujours aussi beau. Je suis toujours aussi fan des détails dans les paysages et de ces visages aux grands yeux expressifs. Les traits sont fins et agréables. Quant aux couleurs, elles sont sublimes.

Bref:

Un dernier tome à la hauteur des précédents.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Noukette

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La Brigade des Cauchemars

La Brigade des cauchemars, Tome 1: Sarah de Franck Thilliez, Yomgui Dumont et Drac, Jungle Editions

Pour résumer:

Tristan et Esteban ont 14 ans et font partie de la mystérieuse Brigade des cauchemars. Créé par le professeur Angus, le père de Tristan, la brigade vient en aide aux jeunes qui n’arrivent pas à se débarrasser de leurs rêves. A l’aide d’une expérience unique, les membres de l’équipe peuvent littéralement entrer dans le cauchemar du patient, afin d’en découvrir la source et de la détruire.
Esteban a été retrouvé par le professeur Angus dans la forêt, il y a trois ans. Amnésique, il errait sans explication. Le professeur l’a accueilli comme son fils et Esteban fait désormais partie de la Brigade aux côtés de Tristan.
L’admission à la clinique de la jeune Sarah va bouleverser les deux garçons. Alors même qu’ils sont missionnés pour intervenir dans son cauchemar, le professeur Angus semble leur cacher des informations. Et Tristan est certain d’avoir déjà vue Sarah… mais où ?

Ce que j’en pense:

Attention, les amis, voici une énooooorme bombe! La Brigade des cauchemars est rentrée dans ma bibliothèque avec ce tome 1 et j’attends déjà avec impatience de pouvoir lire le tome 2.

Le lecteur va ici faire connaissance de Angus et Esteban, deux adolescents qui forment la fameuse brigade. Sous les ordres du père de Tristan (qui est aussi un brillant professeur), ils explorent les cauchemars des gens afin d’en trouver une explication et de les en débarrasser. Ce tome 1, met en scène une intervention sur la jeune Sarah qui est amnésique tout comme Tristan. Ce premier opus qui présente donc de façon judicieuse la situation initiale, lance une intrigue plus approfondie mais non résolue qui appelle un tome 2.

Le scénario est finement écrit par Franck Thilliez qui manie le suspens avec beaucoup d’aisance. Ainsi, il tisse lentement mais sûrement la toile d’une histoire qui prend au piège son lecteur et le tient en haleine de bout en bout. Les rebondissements sont intéressants et rien n’est laissé au hasard.

Le tout est illustré par Yomgui Dumont, dont je ne connaissais pas le travail. Son trait fin et légèrement nerveux a su me séduire dès la couverture. J’apprécie son choix esthétique et les multiples traits qu’il utilise pour créer des ombres ou de minuscules détails.

Quant à la couleur, c’est Drac qui s’en charge. Vous connaissez sûrement ma sensibilité à l’ambiance des BD. Ici, Drac, crée une atmosphère angoissante qui colle parfaitement au scénario et met en valeur les dessins de Yomgui Dumont.

Nous avons donc ici un trio gagnant, qui en un seul tome donne envie de lire les deux suivants.

Bref:

Un vrai coup de cœur!

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Brigade Verhoeven- Irène

Brigade Verhoeven, Tome 2: Irène de Bertho, Lemaitre et Corboz, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Le lundi 7 avril 2003, Camille Verhoeven, commandant à la Brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime dans une friche industrielle de Courbevoie. Deux femmes ont été torturées, tuées, dépecées… Un crime particulièrement épouvantable et déroutant. Un assassin qui a tout prévu, jusque dans le moindre détail et qui, semble-t-il, connaît bien Verhoeven. Un peu atypique, notre commandant : la quarantaine, né hypotrophique, chauve comme un oeuf, amoureux d’Irène et bientôt père de famille. Accompagné de son équipe hétéroclite et efficace, parviendra-t-il à arrêter ces crimes avant qu’il ne soit trop tard ?

Ce que j’en pense:

Me voici enfin en possession du tome 2 de Brigade Verhoeven. J’avais beaucoup aimé le 1er tome qui m’avait transportée dans l’univers de Pierre Lemaitre.

Le scénario de ce deuxième tome est sous tendu par une tension permanente. Cette dernière devient de plus en plus ténue au fil de l’histoire. Construit de façon machiavélique, on ne peut qu’être happé par cette lecture. Lors de ce tome, l’indicible se passe et comme très souvent, avec la Brigade Verhoeven une affaire est résolue.

J’ai apprécié l’évolution des personnages qui gagnent en humanité et en épaisseur. On découvre d’autres pans de leur personnalité. C’est vraiment appréciable de voir que les personnages grandissent et se modèlent en fonction des événements qu’ils traversent. Ainsi, on découvre de vraies blessures.

L’esthétique est fidèle au premier tome. Il y a pleins de détails, les dessins sont d’un trait fin. L’ambiance des couleurs est toujours très tranchée ce qui colle parfaitement à l’atmosphère de la BD.

Bref:

Une deuxième tome à la hauteur du premier.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Moka