Prix des Lectrices Elle 2020·Roman·Service Presse

Un mariage américain

Un mariage américain de Tayari Jones, Plon

Pour résumer:

Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l’aube d’une carrière artistique prometteuse, il s’apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain… à ceci près qu’ils sont noirs, dans un État sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu’il est innocent, mais la justice s’empresse de le condamner.
Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d’épouse modèle jusqu’au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de la vie qu’on lui a dérobée… 

Ce que j’en pense:

L’intrigue est très prenante et bien construite. Ce roman, c’est l’histoire de plusieurs vies qui s’imbriquent. Tout semble couler naturellement dans ce roman. Ce roman c’est de la passion, de l’injustice, de l’amour, de la culpabilité, des regrets et de la tristesse, la vie en somme. Toutes les émotions se mêlent conférant au texte et aux personnages une véritable dimension humaine.

J’ai aimé ces personnages avec leurs qualités et leurs défauts. J’ai aimé découvrir leur force et leur faille. Il y a une profonde sensibilité et humanité dans les situations. Les protagonistes sont proches du réel.

À chaque chapitre, le narrateur change. Cela permet d’avoir le point de vue de chacun et de comprendre où il en est exactement. Le lecteur rentre ainsi directement dans la tête du personnage. Avec cette technique, l’intrigue avance subtilement et petit à petit à travers les protagonistes, l’histoire se déroule.

L’écriture quant à elle est très agréable et délicate avec une vraie sensibilité. Avec Un mariage américain, Tayari Jones signe une œuvre sociétale pleine de sensibilité.

Bref:

Une vraie belle histoire.

Si je devais le noter:

5-plumes

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essai·Prix des Lectrices Elle 2020·Service Presse

Des hommes justes

Des hommes justes d’Ivan Jablonka, Seuil

Pour résumer:

Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d’égalité entre les sexes, qu’est-ce qu’un « mec bien » ? Il est urgent aujourd’hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l’une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d’inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes.

Ce que j’en pense:

À l’heure des #MeToo et des #balancetonporc, Ivan Jablonka se lance dans l’écriture d’un essai couillu sur les nouvelles masculinités. Son analyse fine de la condition de la femme à travers l’Histoire et son impact sur le patriarcat et la masculinité met en avant des situations sociétales de la vie de tous les jours. Il faut dire qu’Ivan Jablonka étant historien, on ne pouvait passer à côté d’une telle analyse. Partant du règne incontestable de l’homme au tout début de notre Histoire, en passant par la révolution des droits, l’auteur arrive jusqu’au féminisme. Ne vous y trompez pas, cet essai n’est pas que historique, il nous explique comment l’homme a vu sa place changer au fur et à mesure que les femmes ont conquis des droits. Il met en avant que la masculinité des hommes a changé tout au long de l’Histoire, s’adaptant à la conquête des droits qu’ont obtenus les femmes au fil du temps. Passé ce constat, Ivan Jablonka approfondit sa réflexion avec l’idée d’une justice des genres. Il propose ainsi des alternatives au patriarcat écrasant de naguère. Il parle de non- domination, de respect et d’égalité.

Le lien étroit qui lie féminisme et masculinité est donc décortiqué et analysé afin de nous présenter des solutions plus égalitaires pour chacun. Il vise à pousser à la réflexion son lecteur dans son rapport avec l’autre genre.

L’ensemble de l’essai est bien construit, la documentation impressionnante. L’écriture est agréable, ce qui rend le contenu accessible à tous.

Finalement, Ivan Jablonka nous offre un essai dans l’air du temps et qui pousse à la réflexion.

Bref:

Une lecture instructive.

Si je devais le noter:

4-plumes

 

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Roman·Service Presse

7 jours pour tout se dire

7 jours pour tout se dire de Florence Clerfeuille, FADM Roman

Pour résumer:

Comment faire le deuil de sa propre existence en une semaine ?
Frédérique, 49 ans, apprend par son médecin qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre. Son mari est en déplacement à l’autre bout de la France. Ses deux enfants aussi sont loin d’elle. Il lui faut donc affronter seule ce bouleversement. Et tenter de rester debout. 
Mais comment peut-elle faire face à la colère ? Au désespoir ? Avoir la force de prévenir ceux qu’elle aime ? 
Un inconnu va l’y aider.
7 jours pour tout se dire est une fiction, véritable hymne à la vie, à l’amour et aux valeurs qu’on laisse en héritage.

Ce que j’en pense:

Frédérique, 49 ans, apprend qu’elle n’a plus que sept jours devant elle. Comment va t-elle se préparer à cela?

L’histoire aborde un thème douloureux: la fin de vie. Dès les premières pages, on se met à la place du personnage qui apprend cette terrible nouvelle. Le lecteur assiste à ses premières réactions face à ce verdict. Et forcément, on se questionne. Aurait- on fait la même chose? Quelle aurait été notre réaction? Se pose ensuite la question de l’entourage. Comment leur annoncer la terrible nouvelle? Bref, ce roman a fait turbiner mon cerveau.

L’auteure a doté Frédérique d’une famille très aimante. La relation qui les unit tous est vraiment touchante, rendant l’épreuve d’autant plus douloureuse. La volonté d’accompagnement et la bienveillance sont le maître mot de ce roman qui prend inexorablement aux tripes.

Tout au long de la lecture, j’ai vécu un véritable ascenseur émotionnel. J’ai vécu différentes phases. La claque de l’annonce, la colère et finalement l’acceptation. Naïvement, j’ai cru la mort de Frédérique impossible. Elle ne pouvait pas disparaître comme ça… En quelques pages, elle est devenue une amie que nous aussi nous accompagnons.

Le roman étant écrit à la première personne, on se retrouve vraiment dans la tête de Frédérique. On suit son cheminement intérieur et j’avoue qu’elle fait preuve d’un sacré sang froid. Les derniers chapitres en revanche, livrent le point de vue de son mari et de son ami. L’émotion est terriblement forte car l’inexorable est arrivé.

Pour aborder un tel sujet, il fallait, selon moi, avoir vraiment du cran. Florence Clerfeuille a su éviter les écueils. Son écriture est délicate. Elle ne verse pas dans le drama ou l’exagération. Ici, point de voyeurisme mais de la pudeur. L’auteure arrive donc à traiter ce sujet complexe avec brio, nous embarquant pour sept jours dans la vie de son héroïne.

Bref:

Une grosse claque!

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Si je devais le noter:

5-plumes

Merci qui?

Merci à Florence Clerfeuille pour sa confiance.

Service Presse·Young Adult

Je voulais juste être libre

Je voulais juste être libre de Claire Gratias, Le Muscadier

Pour résumer:

Pourquoi Manon, 16 ans, réputée pour être une fille très sage, s’est-elle enfuie de chez elle un soir de juin ? Pourquoi sa mère a-t-elle attendu si longtemps avant de signaler sa disparition ? Pourquoi Salomé, qui était pourtant sa meilleure amie, n’a-t-elle plus aucune nouvelle d’elle ? Et pourquoi Valentin ne veut-il pas révéler jusqu’où il a accepté d’aller par amour pour Manon ?

Si chacun confie ce qu’il sait, peut-être percera-t-on, au final, l’énigme de cette étrange disparition – celle d’une jeune fille qui rêvait juste d’être elle-même, en toute liberté.

Ce que j’en pense:

Manon a tout pour être parfaite, du moins en apparence… En effet, dans l’ombre, Manon vit une relation toxique avec sa mère qui la torture psychologiquement.

Le roman alterne les points de vue et à travers le regard de chacun, on découvre l’histoire de Manon. Peu à peu, on comprend pourquoi elle a voulu disparaître. Comme dans sa vie, Manon qui est pourtant le centre du roman n’a pas la parole.  Tout au long de ma lecture, je n’ai eu de cesse  de comprendre où était Manon et comment elle en était arrivée là.

J’ai été très émue par cette jeune fille en souffrance et qui se fit dévorer petit à petit par sa mère. Son désir de liberté est bouleversant, on a envie de la soutenir et de la pousser à se rebeller.

Le style de l’auteure est juste et est parfaitement adapté à l’histoire. On ne tombe pas dans le mélodrame et le récit nous est livré avec une certaine pudeur. C’est très agréable à lire.

Bref:

Une superbe lecture.

Si je devais le noter:

5-plumes

Merci qui?

Merci aux Éditions Le Muscadier pour leur confiance.Le Muscadier

Service Presse·Young Adult

Mon Eden

Mon Eden d’Hélène Duvar, Le Muscadier

Pour résumer:

Erwan a 16 ans et vient de perdre une moitié de lui. Sa sœur jumelle, Éden, s’est suicidée. Il souffre terriblement et s’éloigne de ses parents, du psychologue, de ses copains, de son lycée. Terrassé par la culpabilité qui s’ajoute à sa crise d’adolescence, Erwan ne peut s’empêcher de ressasser les souvenirs. Il découvre le journal intime d’Éden, dont il ne soupçonnait même pas l’existence…

Ce que j’en pense:

Erwan a perdu sa jumelle Eden qui s’est suicidée. On suit le travail de deuil d’Erwan, l’expression de sa tristesse et de sa rage mais aussi sa lente acceptation de la mort.

Le roman mélange les styles de textes. On trouve donc des extraits d’articles sur les jumeaux ou sur le suicide mais aussi des morceaux du journal intime de Eden. Au gré des extraits, on suit également Erwan et son travail de deuil, sa culpabilité…

L’intrigue est très prenante et émouvante. Cela prend vraiment aux tripes, c’est bien construit. J’ai vraiment accroché, j’ai été très émue.

Eden est très présente, elle emplit totalement le roman alors qu’elle n’est physiquement plus là. J’ai été très sensible à son désarroi et à son mal être.

Erwan est en rébellion totale et souffre énormément du manque de sa sœur. Il est très attachant aussi car on sent sa culpabilité et sa profonde blessure.

Les personnages sont très émouvants. Ce sont la force du roman. C’est ce qui rend le roman si spécial.

L’écriture est simple et colle avec le personnage d’Erwan qui est le narrateur. Le style est très efficace, c’est un vrai plaisir.

Bref:

Une super lecture.

Si je devais le noter:

5-plumes

Merci qui?

Merci aux Éditions Le Muscadier pour leur confiance.Le Muscadier

Service Presse·Young Adult

Fanny Cloutier ou l’année où j’ai faillit rater ma vie

Fanny Cloutier ou L’année où j’ai faillit rater ma vie de Stéphanie Lapointe, Kennes Editions

Pour résumer:

J’ai souvent entendu dire que la chose la plus difficile dans la vie c’est de commencer quelque chose. Alors 3-2-1: GO! Je m’appelle Fanny Cloutier, j’ai quatorze ans, presque quinze. Les deux choses que je sais faire le mieux dans la vie, c’est dessiner dans mon journal intime ou bien subir les décisions excentriques de mon père. D’ailleurs, il doit bientôt se rendre à l’étranger pour tenter de développer une invention personnelle. Et moi, je vais devoir aller chez ma tante, Lorette. Comment je vais faire pour m’intégrer à cette famille et à une nouvelle école? Aucune idée!

Ce que j’en pense:

Le père de Fanny Cloutier part au Japon étudier les méduses. Fanny se retrouve alors propulsée à Sainte Lorette chez sa tante maternelle où elle va découvrir des choses sur la mort de sa mère.

Dès les premières lignes, j’ai accroché à l’intrigue. L’ensemble prend la forme d’un journal intime et contribue à rentrer complètement dans l’univers de Fanny. Il faut dire que c’est un sacré personnage. J’ai adoré suivre le fil de ses pensées, ses questionnements, ses angoisses. Bien que peu surprenante, l’intrigue nous livre quelques rebondissements qui font que l’on ne s’ennuie pas durant notre lecture.

Alors que j’ai vraiment du mal avec les personnages adolescents, ici, je ne les ai pas trouvée antipathiques (pour vous dire comme j’étais dedans!). Fanny est clairement l’héroïne de ce livre mais elle ne verse pas dans le mélo et cela reste très agréable. Ses deux acolytes Léonie et Henri, sont également assez sympathiques. La petite bande fonctionne donc plutôt bien.

Au-delà de l’écriture qui est très agréable, il y a tout le côté esthétique qui rentre en compte. Et là aussi, jackpot! Il y a beaucoup de couleurs, le mélange des styles fonctionne. C’est frais et très agréable à regarder.

Bref:

Une super découverte.

Si je devais le noter:

5-plumes

Merci qui?

Merci à Babelio et Kennes Editions pour leur confiance.

Babelio

Éditions Kennes

Policier/ Thriller·Roman·Service Presse

Au Bout de la Nuit

Au Bout de la Nuit de Bruno Bouzounie, Nouveaux Auteurs

Pour résumer:

Avril 1992. Les membres inférieurs d’un corps sont retrouvés dans le centre ville de Bordeaux. Le seul signalement auquel la police peut se référer est celui d’un homme à la stature hors du commun. Sur fond de rite païen et de légende arthurienne, un jeune lieutenant de police, Damien Sarde, qui vient d’intégrer la PJ, plonge au cœur de sa première enquête. Le criminel va restituer au fil des jours les morceaux du cadavre inconnu, autant de pièces macabres au service d’un puzzle machiavélique. Avec l’aide d’une universitaire québecoise, Damien Sarde découvre peu à peu le rapport entre le meurtre et son passé. Un passé qui, en refaisant surface, va se transformer en cauchemar…

Ce que j’en pense:

Damien est un policier de Bordeaux. L’affaire qu’il doit résoudre est particulièrement épineuse. Des parties de corps sont semés dans toute la ville par un mystérieux Chevalier.

L’intrigue est très prenante et nous plonge d’emblée dans cette enquête sombre et machiavélique. L’ensemble est bien construit et franchement, je n’ai pas vu la fin venir.  Environ vers le milieu du roman, j’ai commencé à élaborer des hypothèses d’éventuels dénouement mais je me suis complètement plantée. La fin a donc été une bonne surprise. La tension et le suspens monte tout au long du récit et c’est un véritable plaisir de lecture. J’ai véritablement frissonné en lisant cette histoire.

Le personnage principal est campé par Damien. Il est la pierre angulaire de ce roman et pourtant, j’aurai aimé que le personnage soit mieux exploité. J’ai trouvé que psychologiquement il n’était pas assez fouillé.

Tout au long du récit, de multiples aller-retour entre passé et présent sont faits mais j’avoue avoir eu un peu de mal à suivre l’ensemble. Je me suis trouvée parfois un peu désappointée par les changements de temporalité.

L’écriture en elle même est fluide et agréable. J’ai trouvé que l’auteur utilisait des mots justes. Il a su ne pas tomber dans le glauque.

Bref:

Une lecture glaçante.

Si je devais le noter:

4-plumes

Merci qui?

Un grand merci aux Nouveaux Auteurs et à Bruno Bouzounie pour leur confiance.

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