Atelier d’écriture

La semaine dernière, j’ai été terrassée par un vilain virus qui m’a vidé de toute mon énergie… Pas d’atelier d’écriture… Mais je reviens cette semaine!

© Kyle Wagner

Tous les jours, il venait s’asseoir à la même table. De là, il pouvait observer à la fois le comptoir et les passants qui déambulaient sur le trottoir. La petite serveuse le saluait, nettoyait sa table et il s’asseyait péniblement. Elle lui laissait quelques minutes, le temps de s’installer, d’enlever son manteau et de déplier son journal. Il commandait une bière d’un clin d’œil à la jolie demoiselle. Les habitués faisaient de nombreuses hypothèses sur la vie du vieil homme. Son visage était couvert de rides dont chacune semblait cacher une histoire. Il les portait comme des cicatrices, d’un passé de lui seul connu. Avait-il une famille? D’où venait-il ainsi tous les jours? Il ne parlait que peu, se limitant à quelques mots. Certains le disaient taiseux mais la petite serveuse le surprenait parfois avec un regard si emplit de mélancolie qu’elle y voyait autre chose. Elle, la petite serveuse sans famille, abandonnée de tous, imaginait au vieil homme une vie pleine d’enfants, de rires et de joie.

Un jour, le vieil homme ne vint pas. Cela n’était pas dans ses habitudes. La petite serveuse se sentit triste ce jour là. Le jour suivant, la table était encore vide. Elle s’évertua à ce qu’elle le reste, prétextant aux autres clients qu’elle était réservée. Une longue semaine se passa ainsi. La table restait désespérément vide. La serveuse était envahit d’un drôle de sentiment. Le vieil homme lui manquait. Ce sentiment d’abandon si bien connu la tiraillait.

Un homme en costume entra dans le café. Il demanda à lui parler. Il lui expliqua que le vieil homme avait quitté ce monde et qu’il avait laissé une lettre pour « la petite serveuse ». L’homme la salua avant de partir. Elle retourna la lettre en tout sens et vint s’asseoir à Sa table. Elle parcourut les mots sans vraiment y croire. Toute sa vie elle avait cherché sa famille alors qu’elle était là sous ses yeux. Le vieil homme n’était plus, il avait laissé derrière lui une petite serveuse qu’il n’avait jamais osé abordé. Une petite fille qu’il n’avait jamais su aimé.

Les autres textes sur Bricabook.

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14 commentaires

  1. Deux vies qui se croisent, s’apprivoisent, s’apprécient…Ils auraient pu partager tellement plus sans ces non dits, ces secrets qui les ont sans doute rendu malheureux l’un comme l’autre. Très beau texte.

    Aimé par 1 personne

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