bd·Mercredi BD

Le Rapport de Brodeck de Manu Larcenet

rapport20de20brodeck20bd

Le Rapport de Brodeck de Manu Larcenet, Dargaud

Pour résumer:

Manu Larcenet s’attaque pour la première fois à une adaptation, celle du chef-d’oeuvre de Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck. Mais lorsque l’auteur de Blast et du Combat ordinaire s’empare du texte, c’est pour le faire sien et lui donner une nouvelle vie, éclatante, sombre et tragique. Des pages d’une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes ; une plongée dans les abîmes servie par un noir et blanc sublime et violent. Un très grand livre.

Ce que j’en pense:

Manu Larcenet m’étonnera toujours! Ces deux BD sont juste sublimes!

Larcenet nous livre l’histoire de Brodeck qui doit écrire un rapport sur la mort d’un étranger dans son village. II subit la pression des villageois pour cacher la vérité.

Le scénario est bien ficelé et surtout bien peaufiné. Le personnage de Brodeck est omniprésent. L’histoire de ce personnage est très dure et son caractère particulier. Son regard est très doux, c’est un homme bon qui a connu les pires atrocités. Le personnage est réellement complexe et prend une dimension de plus en plus grande au fur et à mesure. Les autres personnages paraissent bien insignifiants face à Brodeck. Et bien que chacun ait son caractère, personne n’arrive à la cheville du charisme que dégage le personnage principal.

Je ne peux cacher que j’adore le travail de Manu Larcenet, mais là, j’ai vraiment eu le souffle coupé. L’esthétique est juste une vraie gifle. Les traits sont sombres et nerveux avec pleins de détails. L’ambiance qui se dégage de ce roman graphique est sombre et angoissante.

J’ai eu durant toute ma lecture cette sensation d’être devant un véritable chef d’oeuvre. Certains passages sont tout simplement des traits de génie et je me suis retrouvée en admiration totale devant ces dessins et ces écritures. Certains passages m’ont tout simplement subjugué. J’ai particulièrement aimé le moment où Brodeck va voir le curé et que ce dernier compare la confession aux égoûts qui s’écoulent. Mon Dieu, rien que d’y repenser j’en ai des frissons.

Bref:

J’ai pris une bonne claque! J’aime, j’adore, j’adule!

Un petit aperçu:

Si je devais le noter:

5-plumes

Y a pas que moi qui en parle:

Jérôme

Noukette

Enna

bd-de-la-semaine-saumon-e1420582997574

Cette semaine chez Noukette.

bd·Mercredi BD

Green Manor, T1: Assassins et gentlemen de Bodart et Vehlmann

couv_46584

Green Manor, T1: Assassins et gentlemen de Bodart et Vehlmann, Dupuis

Pour résumer:

Monsieur Below, presque centenaire, est un peu l’âme de ce club ancestral, résident permanent du Green Manor, au cœur de Londres.
Ayant assisté à toutes les séances, il connaît presque tous les secrets du club et se décide enfin à dévoiler ses connaissances avec la collectivité pour mettre en évidence les destins brisés par cette institution intellectuelle un peu spéciale.

Ce que j’en pense:

Les chroniques de Green Manor par son majordome donne à lire des récits entre l’effrayants et le cocasses… Toutes les chroniques tournent autour d’un crime ou de plusieurs et des enquêtes qui en découlent. Vous l’aurez compris, le suspens est au rendez- vous.

Les histoires sont courtes mais plutôt sympas. Il y a beaucoup de personnages mais aucun ne se détache vraiment.

J’ai trouvé l’esthétique sympa avec beaucoup de détails. L’ambiance qui se dégage de cette BD est agréable.

Bref:

Une lecture agréable mais qui ne me marquera pas plus que ça.

Un petit aperçu:

Si je devais le noter:

3-plumes

 

bd-de-la-semaine-saumon-e1420582997574

Cette semaine chez Moka.

 

Atelier d'écriture

Atelier d’écriture

C’est lundiiiii et vous allez adorer la photo de cette semaine!

talons-aiguilles

Elle avait enfilé ses plus beaux talons aiguilles et mit ses bas noirs. Elle était nue sous son trench coat et déambulée dans la rue. Elle s’était appliquée pour la touche de maquillage: un trait d’eye liner noir et une bouche rouge cerise. Elle ne se souvenait plus trop pourquoi elle avait accepté de faire ça. Sur le coup, elle avait été émoustillée. Le regard de Jean- Pierre pétillait. Alors pour faire renaître la flamme de leur couple, elle avait dit oui. La voilà qui déambulait donc dans les rues à moitié nue. La chair de poule jusqu’aux fesses et le pas hésitant, elle vacillait sur ses talons. Elle avait croisé deux ou trois couples mais aucun d’eux ne l’avait remarqué. Soudain, une voiture était arrivée, avait ralenti et finalement s’était arrêtée à sa hauteur. L’homme avait ouvert sa vitre: « Et Mademoiselle, vous prenez combien? » Elle l’avait regardé interloquée et rougissante lui avait répondu. « Mais enfin Jean- Pierre ça va pas? Je veux bien jouer à déambuler dans la rue à moitié à poil mais bon quand même va pas jusqu’à me traiter comme une vulgaire prostituée! ». Jean- Pierre avait baissé les yeux et répondit « Et donc… ». Elle s’était avancée vers lui en disant « Tu peux faire mieux Jean- Pierre! Fais le tour du pâté de maison et revient! » Il avait remonté sa vitre penaud et avait redémarré.

Elle était sexy sa femme. La savoir nue sous son trench coat l’émoustillait au plus haut point. Il se rappelait son regard lorsqu’il lui avait fait cette proposition qui le taraudait depuis un bon moment. Stéphanie s’était montrée très ouverte à la discussion et avait accepté quasiment tout de suite. C’était seulement en grimpant dans la voiture qu’il avait réalisait l’ampleur de ses efforts. En la voyant déambuler ainsi, belle dans la lumière des réverbères, il s’était dit qu’il avait énormément de chance de l’avoir. 20 ans de mariage avait bien un peu émoussé leurs ardeurs mais leur volonté de maintenir la petite flamme les soudait plus que tout. En ouvrant la fenêtre de la voiture et en lui balançant sa phrase d’accroche, il s’était senti ridicule. Elle était devenue écarlate et son regard en disait long sur son sentiment de honte. C’est donc la queue entre les jambes qu’il avait redémarré pour refaire un tour du pâté de maison. Il cherchait désespérément comment il pourrait aborder sa femme. Soudain, une fulgurance. Il l’avait rencontré dans un pub, et pour engager la conversation, il lui avait demandé l’heure alors qu’il avait une montre gigantesque au poignet. Cette situation cocasse avait fait beaucoup rire Stéphanie. Oui, il allait lui demander l’heure. En arrivant où était sa femme il y avait quelques minutes, l’endroit était désert. Plus de Stéphanie. Il s’était arrêté interloqué. Poussant un peu plus loin sa recherche il avait marché le long du trottoir. Il avait finalement retrouvé une chaussure, puis un bas. Tel le Petit Poucet, Stéphanie avait semé des petits cailloux au quatre vents. Il ramassa le deuxième bas devant un square, y pénétra. S’avançant dans la noirceur des arbres, il se risqua à appeler sa femme. Plus loin il vit la deuxième chaussure et encore plus loin le trench. Elle l’attendait là, nue sur un banc public. Il déglutit, nerveux et se racla la gorge. Jean- Pierre avança un peu plus, puis se figea. Il lâcha la chaussure de sa femme dans la mare de sang qui l’entourait.

Les autres textes sont sur le blog Bricabook.

Comics·Mercredi BD

Sweet Tooth de Jeff Lemire

sweet-tooth-tome-1-37818-199x300

Sweet Tooth, Tome 1 de Jeff Lemire, Vertigo

Pour résumer: 

Il y a une dizaine d’années Le Malheur a fait rage comme une feu de forêt, tuant des milliards de gens, et les seuls enfants nés depuis sont d’une nouvelle race hybride humain/animal. Gus est un de ces gamins en danger, un garçon avec une âme douce, et un palais encore plus doux (sweet tooth = dent sucrée=passion pour les sucreries) – et les bois d’un cerf.

Mais les gosses comme Gus ont leurs têtes mises à prix. Quand de vicieux chasseurs arrivent jusqu’à sa maison isolée dans les bois, un homme mystérieux et violent appelé Jepperd, sauve Gus. Le vagabond costaud promet à Gus de l’emmener à la « Préserve », un paradis de sécurité de légende pour les enfants hybrides.

Pendant que tous deux traversent cette nouvelle dangereuse frontière Américaine, Jepperd arrivera-t-il à corrompre « Dent sucrée », comme le tueur l’a surnommé, ou est-ce le coeur de Gus qui parviendra à changer Jepperd ?

Ce que j’en dis:

Il y a de ces BD qui nous frappe par leur couverture, qui nous attire sans savoir pourquoi. C’est sur le Blog de Jérôme D’une Berge à l’autre que j’ai découvert ce comics.

La couverture m’a tout simplement fascinée. Ce jeune garçon aux bois de cerf. Cette tâche de chocolat au bord de ses lèvres (que j’ai d’abord pris pour du sang) et ce regard, ce p***** de regard effrayé, perdu. Un comics plein de promesses en somme.

L’histoire est celle de Gus, une jeune garçon mi- homme, mi- cerf qui vit caché dans les bois avec son père depuis qu’une mystérieuse épidémie tue tout le monde sur la Terre. Si cela vous rappelle The Walking Dead, c’est normal. L’intrigue est top, pleine de rebondissements. Ce tome 1 prend un bon rythme et donne le ton de la série.

Ici, pas de zombie! Juste des enfants hybrides nés après l’apparition de la fameuse épidémie. Les personnages sont donc plutôt atypiques. Gus est attachant mais très naïf (on sent qu’il a vécu dans les bois bien à l’abri). Personnellement, j’ai préféré le personnage de Jepperd. Ce personnage renferme une part d’humanité cachée sous une grosse couche de violence et d’alcool.

Parlons en de l’humanité tiens? Les « méchants » dans ce Comics sont finalement les êtres humains car les hybrides eux, ne demandent qu’à vivre leur vie! Et si je pousse ma réflexion à la mort moi le nœud jusqu’au bout, dans The Walking Dead les « méchants » sont aussi les Hommes et non pas ces pauvres zombies contaminés qui ne demandent qu’à se nourrir et n’avaient rien demandé à personne?! Bon, je referme ma parenthèse philosophico je sais pas quoi et je reviens au Comics.

En ce qui concerne l’écriture, j’ai trouvé les dialogues brefs mais efficaces. La narration est judicieuses. L’esthétique est typique des comics avec des traits marqués et des couleurs sombres. Il y a néanmoins beaucoup de violence et le budget hémoglobine en vue de l’adaptation d’un éventuel film pourrait être conséquent (âme sensible s’abstenir). Ce Comics est d’ailleurs pensait comme un film au niveau du découpage des plans et des scènes.

Bref:

Un début prometteur, affaire à suivre.

Un petit aperçu:

 

Si je devais le noter:

4-plumes

Y a pas que moi qui en parle:

Jérôme

Mo du Bar à BD

bd-de-la-semaine-saumon-e1420582997574

Cette semaine chez Steph FT