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Pèle Mêle de BD (4)

La chronique:

Les livres dont j’ai parlé:

Les nymphéas noirs de Cassegrain, Duval et Bussi, Dupuis, 2019

Des filles de goût de Caroline Guillot, Casterman, 2013

Un Putain de Salopard de Loisel, Pont et Lapierre, Rue de Sèvres, 2019

Shi, Tome 4: Victoria de Zidrou et Homs, Dargaud, 2020

Salon Gérard et Dolorès de Sylvain Cabot, Michel Lafon, 2019

bd·Littérature de Jeunesse·Mercredi BD

Aliénor Mandragore, Tome 5: Le Val sans retour

Aliénor Mandragore, Tome 5: Le Val sans retour de Séverine Gauthier et Thomas Labourot, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Fée ou druide, le coeur d’Aliénor Mandragore balance. Et si connaître son passé l’aidait à comprendre ses sentiments ?

Direction la forêt de Brocéliande. Revenue du royaume souterrain des Korrigans, Aliénor est troublée. Déjà, avec Lancelot – à qui il a poussé des cornes -, ils ne s’adressent plus la parole. Mais ce n’est pas tout. Alors que cela lui avait été strictement interdit, la jeune fille a là-bas touché la baguette d’une fée. C’était plus fort qu’elle ! Mais pourquoi cette attirance ? Son ermite qui est censé tout connaître d’elle voudrait bien l’aider à comprendre, mais une partie de ses souvenirs est restée dans le Val sans retour. Où décide de se rendre immédiatement Aliénor, malgré le danger qu’une telle expédition représente… 

Ce que j’en pense:

Et voilà…Aliénor Mandragore, c’est fini! J’avais succombé il y a peu à cette série jeunesse (article ici). 

Dans ce dernier opus, notre héroïne est en pleine quête d’identité. Mais trouvera-t-elle les réponses qu’elle cherche?

Le scénario nous permet de clore cette série par un beau final. Certaines questions sont résolues et donnent un nouvel éclairage aux précédents tomes. Rempli de suspens, ce dernier tome met en avant le personnage de l’ermite et à travers lui, le lecteur découvre tout un pan de la jeunesse d’Aliénor.

La plupart des personnages se montrent donc sous un pan différent. Aliénor prend de l’épaisseur et l’ampleur de son personnage se montre au grand jour. J’ai particulièrement aimé le personnage de Lancelot qui s’avère un ami fidèle et au grand cœur. Quant à l’ermite, c’est selon moi la révélation la plus touchante. Le personnage révèle toute son importance. Ce dernier tome sublime donc toute cette galerie de personnages aux personnalités si marquées.

D’un point de vue esthétique, c’est toujours aussi beau. Je suis toujours aussi fan des détails dans les paysages et de ces visages aux grands yeux expressifs. Les traits sont fins et agréables. Quant aux couleurs, elles sont sublimes.

Bref:

Un dernier tome à la hauteur des précédents.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Noukette

bd·Mercredi BD

Brigade Verhoeven- Irène

Brigade Verhoeven, Tome 2: Irène de Bertho, Lemaitre et Corboz, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Le lundi 7 avril 2003, Camille Verhoeven, commandant à la Brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime dans une friche industrielle de Courbevoie. Deux femmes ont été torturées, tuées, dépecées… Un crime particulièrement épouvantable et déroutant. Un assassin qui a tout prévu, jusque dans le moindre détail et qui, semble-t-il, connaît bien Verhoeven. Un peu atypique, notre commandant : la quarantaine, né hypotrophique, chauve comme un oeuf, amoureux d’Irène et bientôt père de famille. Accompagné de son équipe hétéroclite et efficace, parviendra-t-il à arrêter ces crimes avant qu’il ne soit trop tard ?

Ce que j’en pense:

Me voici enfin en possession du tome 2 de Brigade Verhoeven. J’avais beaucoup aimé le 1er tome qui m’avait transportée dans l’univers de Pierre Lemaitre.

Le scénario de ce deuxième tome est sous tendu par une tension permanente. Cette dernière devient de plus en plus ténue au fil de l’histoire. Construit de façon machiavélique, on ne peut qu’être happé par cette lecture. Lors de ce tome, l’indicible se passe et comme très souvent, avec la Brigade Verhoeven une affaire est résolue.

J’ai apprécié l’évolution des personnages qui gagnent en humanité et en épaisseur. On découvre d’autres pans de leur personnalité. C’est vraiment appréciable de voir que les personnages grandissent et se modèlent en fonction des événements qu’ils traversent. Ainsi, on découvre de vraies blessures.

L’esthétique est fidèle au premier tome. Il y a pleins de détails, les dessins sont d’un trait fin. L’ambiance des couleurs est toujours très tranchée ce qui colle parfaitement à l’atmosphère de la BD.

Bref:

Une deuxième tome à la hauteur du premier.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Moka

bd·Mercredi BD

Retour à Killybegs

Retour à Killybegs de Pierre Alary, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Tyrone Meehan figure mythique de l’IRA et traître à la cause nationaliste irlandaise pendant une vingtaine d’années a été dénoncé par les Anglais. « Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence. » Tyrone Meehan raconte sa vie gâchée, la violence familiale, sa confusion jusqu’à sa trahison. Retour à Killybegs respire la passion et le désespoir d’un homme qui, un jour, n’a pas eu le choix et s’est enfoncé dans la nuit et dans la honte.

Ce que j’en pense:

Tyrone Meehan revient au pays, mais il n’est pas le bienvenu, lui, ce traître à sa patrie, ce traître à ses idéaux.

Ce roman graphique nous plonge en pleine tension entre l’Irlande et l’Angleterre. Le lecteur suit Tyrone dans son combat pour l’indépendance de son pays. Les attentats, les cachettes, les secrets et les mensonges rythment le récit de cet homme qui en viendra à faire l’impensable pour obtenir la paix.

J’ai découvert avec cette BD ce pan de l’Histoire. Je connaissais quelques anecdotes mais j’avoue que je n’en savais pas plus. Ici, nous voilà plongé directement dans cette révolution sanglante. Le scénario alterne moment du passé où l’on voit Tyrone se battre pour sa nation et moment présent où il rentre chez lui et est mal reçu. Tout au long de la lecture, une seule question plane: Qu’a fait Tyrone pour être qualifié ainsi de traître? Cette interrogation est sous jacente durant tout le livre et taraude le lecteur. Heureusement, le dénouement donnera une réponse claire au lecteur.

Le personnage de Tyrome Meehan est charismatique. Il a une vraie présence. Taiseux, il ne s’exprime que lorsque c’est important. Il se montre réfléchi mais aussi rongé par la culpabilité de semer autant de morts sur son passage.

Je n’ai pas accroché plus que cela à l’histoire. J’ai trouvé certains passages un peu brouillons et j’ai eu du mal à rentrer dedans dès le départ.

L’esthétique quant à elle ne m’a pas non plus emballée. Les traits sont bruts. Il y a peu de détails. Les vignettes sont souvent monochromes et les décors très sobres.

Bref:

Je ne suis pas conquise.

Si je devais le noter:

2 plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

bd·Littérature de Jeunesse

La guerre de Catherine

La guerre de Catherine de Julia Billet et Claire Fauvel, Rue de Sèvres

Pour résumer:

1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine. Raconte, lui intiment ses professeurs en l’envoyant sur les routes de la zone libre, un appareil photo à la main. C’est ainsi que nous découvrons le quotidien d’une adolescente juive dans la guerre, ses rencontres, ses peurs mais aussi les quelques moments de répit et de grâce que lui offrira son art.

Ce que j’en pense:

Rachel Cohen est une jeune juive pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle se cache dans une école des Sèvres suite à la rafle qu’ont subit ses parents. 

Le scénario la suit durant les deux dernières années de la guerre. Passionnée de photos, Rachel, qui changera d’identité pour devenir Catherine, n’aura de cesse de photographier ce monde en guerre. Le scénario est très émouvant, l’histoire est prenante et fascinante. Le lecteur voit s’étaler sous ses yeux la vie dans toute sa beauté mais aussi dans toute sa laideur. Il y a de vrais moments de bonheur et de vrais drames.

Catherine/ Rachel est une vraie héroïne: courageuse, poétique, artiste, amoureuse et pleine d’espérance. Sa générosité m’a émue. On ne peut qu’être bouleversé par elle. Elle a l’art de rendre important les gens qui gravitent autour d’elle.

L’esthétique est sublime. Les dessins sont très poétiques et touchants. J’ai beaucoup aimé les jeux d’ombres et de lumière. Les couleurs sont superbes. Les photos de l’école des Sèvres à la fin de la BD rajoute une dimension émotionnelle à l’ensemble. On ne peut qu’être ému en voyant ces visages.

Ce roman graphique est tiré du roman éponyme de Julia Billet.

Bref:

Une vraie belle BD.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu: