bd·Mercredi BD

Retour à Killybegs

Retour à Killybegs de Pierre Alary, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Tyrone Meehan figure mythique de l’IRA et traître à la cause nationaliste irlandaise pendant une vingtaine d’années a été dénoncé par les Anglais. « Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence. » Tyrone Meehan raconte sa vie gâchée, la violence familiale, sa confusion jusqu’à sa trahison. Retour à Killybegs respire la passion et le désespoir d’un homme qui, un jour, n’a pas eu le choix et s’est enfoncé dans la nuit et dans la honte.

Ce que j’en pense:

Tyrone Meehan revient au pays, mais il n’est pas le bienvenu, lui, ce traître à sa patrie, ce traître à ses idéaux.

Ce roman graphique nous plonge en pleine tension entre l’Irlande et l’Angleterre. Le lecteur suit Tyrone dans son combat pour l’indépendance de son pays. Les attentats, les cachettes, les secrets et les mensonges rythment le récit de cet homme qui en viendra à faire l’impensable pour obtenir la paix.

J’ai découvert avec cette BD ce pan de l’Histoire. Je connaissais quelques anecdotes mais j’avoue que je n’en savais pas plus. Ici, nous voilà plongé directement dans cette révolution sanglante. Le scénario alterne moment du passé où l’on voit Tyrone se battre pour sa nation et moment présent où il rentre chez lui et est mal reçu. Tout au long de la lecture, une seule question plane: Qu’a fait Tyrone pour être qualifié ainsi de traître? Cette interrogation est sous jacente durant tout le livre et taraude le lecteur. Heureusement, le dénouement donnera une réponse claire au lecteur.

Le personnage de Tyrome Meehan est charismatique. Il a une vraie présence. Taiseux, il ne s’exprime que lorsque c’est important. Il se montre réfléchi mais aussi rongé par la culpabilité de semer autant de morts sur son passage.

Je n’ai pas accroché plus que cela à l’histoire. J’ai trouvé certains passages un peu brouillons et j’ai eu du mal à rentrer dedans dès le départ.

L’esthétique quant à elle ne m’a pas non plus emballée. Les traits sont bruts. Il y a peu de détails. Les vignettes sont souvent monochromes et les décors très sobres.

Bref:

Je ne suis pas conquise.

Si je devais le noter:

2 plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

bd·Littérature de Jeunesse

La guerre de Catherine

La guerre de Catherine de Julia Billet et Claire Fauvel, Rue de Sèvres

Pour résumer:

1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine. Raconte, lui intiment ses professeurs en l’envoyant sur les routes de la zone libre, un appareil photo à la main. C’est ainsi que nous découvrons le quotidien d’une adolescente juive dans la guerre, ses rencontres, ses peurs mais aussi les quelques moments de répit et de grâce que lui offrira son art.

Ce que j’en pense:

Rachel Cohen est une jeune juive pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle se cache dans une école des Sèvres suite à la rafle qu’ont subit ses parents. 

Le scénario la suit durant les deux dernières années de la guerre. Passionnée de photos, Rachel, qui changera d’identité pour devenir Catherine, n’aura de cesse de photographier ce monde en guerre. Le scénario est très émouvant, l’histoire est prenante et fascinante. Le lecteur voit s’étaler sous ses yeux la vie dans toute sa beauté mais aussi dans toute sa laideur. Il y a de vrais moments de bonheur et de vrais drames.

Catherine/ Rachel est une vraie héroïne: courageuse, poétique, artiste, amoureuse et pleine d’espérance. Sa générosité m’a émue. On ne peut qu’être bouleversé par elle. Elle a l’art de rendre important les gens qui gravitent autour d’elle.

L’esthétique est sublime. Les dessins sont très poétiques et touchants. J’ai beaucoup aimé les jeux d’ombres et de lumière. Les couleurs sont superbes. Les photos de l’école des Sèvres à la fin de la BD rajoute une dimension émotionnelle à l’ensemble. On ne peut qu’être ému en voyant ces visages.

Ce roman graphique est tiré du roman éponyme de Julia Billet.

Bref:

Une vraie belle BD.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd·Littérature de Jeunesse

Aliénor Mandragore

Aliénor Mandragore de Séverine Gauthier et Sébastien Labourot, Rue de Sèvres

Pour résumer:

« La légende dit qu’au moment où l’on déterre une racine de mandragore, elle pousse un cri si puissant qu’il tue le premier être vivant qui l’entend. »

Dans la paisible forêt de Brocéliande, la jeune Aliénor suit l’enseignement druidique de son père l’enchanteur Merlin… jusqu’au jour où le grand magicien est tué, terrassé par le terrible cri d’une racine de Mandragore. Mais le fantôme de Merlin n’entend pas rester mort bien longtemps et ce sera à sa fille de le tirer d’affaire.

Ce que j’en pense:

Aliénor est la fille de Merlin. Ce dernier meurt à cause du cri d’une mandragore. Cette série de BD jeunesse nous livre les aventures d’Aliénor qui tente de faire revenir à la vie son père. C’est un véritable plaisir de lire ces histoires. Je me suis vraiment régalée. J’ai ri, sourit et eu parfois une petite boule dans la gorge. Bref, cette lecture est rafraîchissante.

La galerie de personnages qui nous est présentée fait également la force de ces BD. Chacun a sa propre personnalité, ses faiblesses et ses forces. C’est une véritable plongée dans l’univers de Brocéliande. 

Je n’ai malheureusement pu lire que les quatre premiers tomes. Je suis donc restée sur ma faim.

L’esthétique est très colorée, le dessin est poétique. Les personnages ont de grands regards. Il y a plein de détails. Les traits sont fins et en rondeur.

Bref:

Une belle découverte.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd·Littérature de Jeunesse

Quatre sœurs

Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh et Cati Baur, Rue de Sèvres

Ce que j’en pense:

Lorsque les parents des cinq sœurs Verdelaine décèdent, c’est Charlie, l’aînée qui prend la relève. Tout au long des quatre tomes, nous suivons donc l’évolution de ces jeunes filles.

Je ne remercierai jamais assez ma collègue Delphine de m’avoir incité à lire ses BD. En effet, de prime abord, ce n’est pas du tout vers ce genre d’esthétique que je me serai tournée. Mais, elle m’en a parlée avec tellement d’intensité et l’ayant croisée sur les blogs, je me suis dit qu’il fallait donner une chance à cette série. Je ne regrette absolument pas ce choix. En effet, je suis complètement tombée amoureuse de cette série. Le scénario est prenant. L’histoire de ces filles m’a pris aux tripes et je n’ai eu de cesse de les accompagner dans leur travail de deuil et leurs aventures.

Outre son histoire, ce sont les personnages qui font la vraie force de ces BD. Chaque tome se centre sur un personnage en particulier, découvrant ainsi un pan de personnalité. J’ai aimé les relations qui se tissent entre ces sœurs. Leurs secrets, leurs moments de joies et de blues, leur complicité… Finalement, au fil des lectures, je suis devenue moi aussi un peu une Verdelaine. Je me suis sentie comme un témoin privilégié de leur histoire.

Comme je le disais précédemment, de prime abord, je ne me serai pas tournée vers cette lecture car l’esthétique ne me plaît pas. Si je ne devais m’arrêter qu’à ce seul point, je dois avouer que mon avis n’a pas changé. Les couleurs sont un peu trop pâles à mon goût, le dessin n’est pas vraiment précis, cela fait un peu brouillon.

Autre petit bémol, le dernier tome de la série. En effet, je l’ai trouvé un peu en dessous du reste. Je n’ai pas reconnu les sœurs dans leur décision et je me suis retrouvée toute bouleversée. En revanche, les trois dernières pages m’ont mis les larmes aux yeux.

Bref:

Un vrai coup de cœur.

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Un petit aperçu:

bd

Edmond

Edmond de Léonard Chemineau et Alexis Michalik, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Paris, décembre 1897, Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Après l’échec de La princesse lointaine, avec Sarah Bernhardt, ruiné, endetté, Edmond tente de convaincre le grand acteur en vogue, Constant Coquelin de jouer dans sa future pièce, une comédie héroïque, en vers. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de coeur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit mais qui deviendra la pièce préférée des français, la plus jouée du répertoire jusqu’à ce jour.

Ce que j’en pense:

J’avais entendu parler à plusieurs reprises de la pièce et de la BD, alors je me suis dit que ce serait bien que je me fasse ma propre opinion sur le sujet. J’ai lu Cyrano de Bergerac durant mon adolescence et je garde un souvenir ému de ma lecture.

Dans ce one-shot, j’ai découvert l’envers du décor. On suit donc Edmond Rostand durant l’écriture de sa fameuse pièce. Le scénario a d’emblée su éveiller ma curiosité. C’est prenant.

Les personnages sont sublimes et rappellent ceux de Cyrano de Bergerac. J’ai aimé découvrir leurs failles, leurs défauts mais aussi leurs qualités. C’est rempli d’humanité. 

Finalement, l’ensemble est intéressant et original. Cela m’a également permis de voir l’oeuvre classique sous un autre angle.

L’esthétique est très belle avec de jolis dessins et plein de couleurs. J’ai apprécié les nombreux détails dans les décors et les tenues permettant ainsi de se plonger de plein pieds dans l’ambiance de l’époque.

Bref:

Une belle découverte.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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Aspirine

Aspirine de Joann Sfar, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Aspirine, étudiante en philosophie à la Sorbonne a la rage, elle ne supporte plus de revivre sans cesse les mêmes épisodes de sa vie pourrie. Et ça fait 300 ans que ça dure car Aspirine est vampire, coincée dans son état d’adolescente de 17 ans. Elle partage un appartement avec sa soeur Josacine, heureuse et sublime jeune femme de 23 ans, qui elle au moins, a eu l’avantage de devenir vampire au bon âge. En perpétuelle crise d’adolescence, elle passe ses nerfs sur son prof, sa soeur et tous les hommes «relous » qui croisent sa route. Assoiffée de sang, elle n’hésite pas à les dévorer (au sens propre) ou les dépecer. C’est même devenu un rituel avec les amants que sa jolie grande soeur collectionne. Malgré tout, elle attise la curiosité d’Ydgor ado attardé, un étudiant de type « no-life » : vaguement gothique, légèrement bigleux et mal peigné… avec comme kiff dans la vie, le fantastique et la légende de Cthulhu… Il rêve de vivre un truc magique, d’un destin exceptionnel et a compris qu’Aspirine est une vampire. Pour acquérir le privilège de pouvoir l’accompagner, il s’engage à garder le secret et à devenir son serviteur… son esclave. Parviendra-t-il à gagner sa confiance voire même son amitié ? Arrivera-t-il à la calmer de ses pulsions mortifères ? Au final, lequel sera le plus enragé des deux ? 

Ce que j’en pense:

Aspirine est une vampire bloquée à l’âge de 15 ans. Pour le coup, il faut dire que la pilule a du mal à passer. Être en pleine crise d’adolescence pour l’éternité, c’est pas du gâteau. Un jour, Aspirine rencontre un garçon Ydgor qui se propose de devenir son serviteur (sûrement un masochiste). Aspirine part alors à la recherche de ses origines avec son acolyte.

Le scénario de ce premier tome installe tranquillement les personnages. C’est intéressant et éveille la curiosité. Bref, on a envie d’en savoir plus et d’aller lire le tome 2.

Le personnage d’Aspirine a de multiples facettes. On touche du doigt son caractère complexe mais on sent qu’il y a matière à creuser.

L’esthétique est typique de Joann Sfar avec des couleurs plutôt tranchées et ce trait nerveux que j’aime tant.

Bref:

Une affaire à suivre.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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Paris 2119

Paris 2119 de Zep, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Paris, 2119. La Ville Lumière n’est plus qu’une cohabitation de quartiers délabrés face à un Paris musée transformé par un art brut qui a mal vieilli. Les clones, les drones et les hologrammes envahissent les espaces privés et publics.  Pourtant, quelques éléments du XXIe siècle perdurent encore, tel que le métro, essentiellement squatté par les laissés-pour-compte. Désormais, la plupart des gens se déplacent via le Transcore, cabine individuelle de téléportation proposée à chaque coin de rue. Tristan Keys vit dans ce monde dont il rejette la déshumanisation. Tel un marginal, il continue à prendre le métro, à  marcher dans les rues, contrairement à sa compagne Kloé, adepte de la téléportation intercontinentale.

Ce que j’en pense:

Tristan est un jeune homme qui est contre Transcore, le nouveau moyen de transports. Il découvre que cette entreprise est dangereuse et commence à se poser beaucoup trop de questions.

Le scénario est construit comme un thriller qui a beaucoup de rebondissements et qui tient véritablement en haleine. L’univers dystopique dans lequel nous plonge Zep est fascinant et contribue à créer l’atmosphère spécifique de ce roman graphique.

Bien qu’ayant une intrigue accrocheuse et travaillée, j’ai trouvé les personnages un peu trop stéréotypés. Tristan campe le héros rebelle dans toute sa splendeur et il ne laisse que peu de place à la surprise dans ses décisions.

Quant au choix esthétique de Zep, il m’a réellement surpris. L’ensemble est très sombre, peu coloré. Les visages ont des traits durs. Zep nous prouve que sa palette artistique est très large et son choix colle parfaitement à l’ambiance de cette lecture. 

Bref:

Une lecture à découvrir.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu: