bd·Mercredi BD

Peau de Mille Bêtes

Peau de Mille Bêtes de Stéphane Fert, Delcourt

Pour résumer:

Après avoir abordé la légende arthurienne du point de vue de Morgane, l’auteur nous propose un récit acide et fascinant sur la construction d’une identité féminine complexe s’inspirant du conte à l’origine de Peau d’âne…Belle est vraiment très belle et tous les garçons du village la désirent. Rebutée par la perspective d’un mariage qu’elle n’aurait pas choisi, elle s’enfuit pour se réfugier au plus profond de la forêt. Là , le roi Lucane va la recueillir… puis l’aimer à la folie. Une petite fille va naître de cette union, Ronce, dont la destinée va être profondément bouleversée par la disparition de sa mère…

Ce que j’en pense:

Peau de Mille Bêtes est un roman graphique fascinant qui est une réécriture du conte de Peau d’Ane. On y retrouve Ronce, cette pauvre jeune fille qui va devoir se confronter à son père suite à la mort de sa mère. Le scénario est tout simplement génial. J’ai tôt fait de me prendre au jeu et j’ai tourné les pages à une allure folle. Il y a des rebondissements, du suspens, de la magie et une belle histoire d’amour. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman graphique une belle BD.

Le personnage de Ronce est fascinant. Il emplit la totalité de la BD. Voluptueuse et mystérieuse, la jeune femme porte toute l’histoire sur ses épaules. J’ai apprécié sa détermination, sa force mais aussi sa sensibilité. Elle incarne un personnage féérique qui est à la fois dangereux et généreux.

Stéphane Fert a donc eu le génie de nous livrer une réécriture habile dont on devine l’inspiration mais qui parvient tout de même à nous surprendre. D’un point de vue esthétique, j’ai trouvé l’ensemble fabuleux. Les dessins sont tout en rondeur. Les personnages ont des visages tantôt effrayants, tantôt remplis de poésie et de mélancolie. Si vous me suivez depuis un moment, vous devez savoir que je suis particulièrement sensible aux couleurs. ici, j’ai vraiment été gâtée. C’est juste splendide! Les couleurs sont savamment choisies. La balance entre couleurs froides et chaudes crée une ambiance onirique qui m’a permis de me plonger littéralement dans cet univers envoûtant.

Bref, un vrai coup de cœur!

5-plumes

bd_de_la_semaine_big_red

Un petit aperçu:

Peau De Mille Betes Calameo+lien+correction Def

Publish at Calameo

Ma chronique en vidéo:

bd·Mercredi BD

Le Vagabond des étoiles

Le Vagabond des étoiles de Riff Reb’s, Soleil

Pour résumer:

San Quentin. Dans la prison d’État de Californie, Darrell Standing, ingénieur agronome, s’apprête à être pendu. Pour supporter les tortures que lui infligent les geôliers, il s’évade au gré de voyages astraux dans des vies passées. Il se retrouve sous les traits du comte Guillaume de Sainte-Maure au cœur du Paris de Louis XIII ; sous ceux d’un enfant sur les pistes de la conquête de l’Ouest ; en ermite hystérique ; en migrante irlandaise ; ou encore en Viking devenu soldat romain…

Ce que j’en pense:

Se plonger dans ce roman graphique, c’est un peu plonger dans un autre monde. En effet, ici se côtoient la dure réalité de la vie carcérale et un monde fantastique aux limites  un peu floues.

Ce scénario nous narre donc l’histoire de Darrell Standing un prisonnier qui s’apprête à être pendu. Torturé par ses geôliers, il utilise les voyages astraux pour s’évader. Cette histoire s’appuie sur un texte de Jack London que je n’ai jamais lu mais une chose est certaine, cela donne envie de voir ce que cela peut donner. Cette première partie, nous présente le personnage principal et en brosse un portrait. Mais, c’est également l’amorce d’une autre aventure. En effet, au gré de ses voyages, Darrell Standing découvre ses vies passées. Pour moi, ce sont ces analepses qui sont les passages les plus intéressants car cela m’a permis de naviguer à travers le temps. Le scénario est donc suffisamment accrocheur pour que l’on ait envie de tourner les pages mais aussi pour attirer le lecteur vers un tome 2.

Le personnage central de Darrel Standing est très énigmatique mais il n’a pas su totalement me séduire. En revanche, j’ai cordialement détesté l’ensemble des bourreaux. Riff Reb’s a l’art de dépeindre les personnages et également de créer une atmosphère. Car au-delà de l’histoire, c’est l’atmosphère générale du roman graphique qui a marqué mon esprit. En effet, j’ai ressenti la noirceur de cette prison et cet effet d’enfermement. Les passages de tortures sont ignobles et on s’y croirait.

Vous vous doutez bien qu’avec un sujet comme celui-ci l’esprit graphique est plutôt sombre. Les traits sont fins et très contrastés. Cela fourmille de multiples détails. Les couleurs sont dans des nuances sombres conférant à l’ensemble une certaine touffeur. Les jeux d’ombres sont superbes.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette lecture et je languis mettre la main sur le volume 2 afin de découvrir ce qu’il va advenir de Darrell Standing.

Cette semaine chez

Un petit aperçu:

Ma chronique en vidéo:

bd·Mercredi BD

Visa Transit

Visa transit, Volume 1 de Nicolas de Crécy, Gallimard BD

Pour résumer:

 » Je dois partir et vivre, ou rester et mourir  » écrit Shakespeare, repris par Nicolas Bouvier en exergue de L’usage du monde.
A l’été 1986, quelques mois après l’accident nucléaire de Tchernobyl, Nicolas de Crécy et son cousin ont à peine 20 ans quand ils récupèrent une Citröen Visa moribonde. Ils remplissent la voiture de livres, qu’ils ne liront pas, ajoutent deux sacs de couchage, des cigarettes…
et embarquent pour un voyage qui n’a pas de destination, mais doit les mener le plus loin possible. Ils traversent le nord de l’Italie, la Yougoslavie, la Bulgarie et descendent en Turquie, dans un périple qui les confrontent au monde autant qu’à eux-mêmes.

Ce que j’en pense:

Avec Visa Transit, Nicolas de Crécy nous narre son road trip de jeunesse. Dans sa Citroën Visa, il décide de partir en vadrouille avec quelques livres, un sac à dos, peu d’argent et son cousin. Ce volume 1 nous décrit une partie de son voyage. Entre péripéties parfois fortuites et moment de contemplation, Nicolas de Crécy trimballe son lecteur au gré de son voyage. J’avoue que j’ai adoré ce scénario. Je me suis laissée porter par les personnages qui n’ont pas de réelle destination. Je les ai suivi tel un témoin privilégié de leur aventure. Très vite, on s’attache au duo de cousins. Les deux jeunes se montrent téméraires dans leur aventure et j’aime la façon qu’ils ont de cohabiter. Bref, le duo fonctionne plus que bien et on a presque envie d’embarquer avec eux dans la vieille Citroën.

D’un point de vue esthétique, le trait de Nicolas de Crécy est fin et délicat. Il y a de la sensibilité dans ses illustrations. J’aime sa façon de dessiner les visages si expressifs. Forcément, faire une BD sur un road trip exigeait de s’appliquer en ce qui concernait les paysages et les décors. Nicolas de Crécy relève le défi haut la main. Les vignettes sont magnifiques. Cela foisonne de détails et les couleurs bien que un peu pâles révèlent des paysages sublimes.

J’ai donc été séduite par ce premier volume et je vais me jeter sur le volume 2 dès que possible.

5-plumes

 

Cette semaine chez Moka.

Ma chronique en vidéo:

bd·Mercredi BD·Service Presse

La Fuite du cerveau

Résumé:

Le 18 avril 1955, Albert Einstein passe de vie à trépas. Pour la science, c’est une perte terrible. Pour Thomas Stolz, médecin chargé de l’autopsie, c’est une chance inouïe. Il subtilise le cerveau du savant afin de l’étudier. S’il perce ses mystères, il connaîtra la gloire… Le problème, c’est que le corps d’Einstein le suit ! Privé de cerveau, Albert continue à bouger, à marcher, à parler. La perspective de comprendre le fonctionnement de ses neurones l’excite au plus haut point. « Formidable ! On va faire ça ensemble, tous les deux ! », dit-il à Stolz. Reste à trouver un laboratoire à l’abri des regards. Ce qui n’a rien d’évident quand on a le FBI aux trousses…

Ce que j’en pense:

Grâce à une Masse Critique de Babelio et aux éditions Dargaud, j’ai eu la chance de lire le nouvel opus de Pierre- Henry Gomont. Juste pour vous situer, Pierre- Henry Gomont est aussi l’auteur de Pereira Prétend et Malaterre, deux romans graphiques que j’avais adoré. C’est donc avec grand plaisir que je me suis plongée dans cette lecture rocambolesque. En effet, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec ce récit nous sommes plongés dans une aventure des plus surprenantes.

Nous suivons donc Stolz un médecin légiste qui se voit confier la tâche d’autopsier le génialissime Albert Einstein. Mais un homme aussi intelligent n’a-t-il pas un cerveau hors norme ? Pour s’en assurer, Stolz vole le cerveau d’Einstein. S’en suit une course poursuite magistrale.

Le scénario est vraiment très bien construit. C’est drôle et plein de rebondissements. Il faut avouer que le vol d’un cerveau pourrait paraître…ennuyeux ! Mais Pierre- Henry Gomont a eu l’idée de rajouter un petit plus. Et ce petit plus, c’est le personnage d’Albert Einstein. Ce dernier est d’une drôlerie et pimente véritablement le récit.

J’ai trouvé l’ensemble délicieusement décalé. Certaines situations frôlent l‘absurde. Heureusement, l’auteur a su maintenir un subtil équilibre afin que son roman graphique ne devienne pas imbuvable. J’ai vraiment apprécié les dialogues. Ils sont drôles et percutants et j’ai gardé le sourire aux lèvres d’un bout à l’autre de ma lecture.

Juste pour information, Thomas Stoltz Harvey est le nom de la personne ayant réellement autopsié Albert Einstein. Il s’est même permis de prélever le cerveau du génie sans le consentement de sa famille et allant à l’encontre même des dernières volontés du savant. Les bases du roman graphique viennent donc de là.

Esthétiquement parlant, le trait est très fin. Les personnages sont fins et élancés. Cela me rappelle un peu le style de Cyril Pedrosa que j’adore. J’ai également beaucoup aimé les détails dans les expressions. En revanche, je trouve que la palette de couleurs est un peu fade. Cela n’enlève néanmoins pas son charme à ce roman graphique.

4-plumes

Ma chronique en vidéo:

Mais encore?

Ce roman graphique est une lecture commune avec Noukette.

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez Stephie.