Atelier d'écriture

Atelier d’écriture

Et re- salut! Pas vraiment inspirée par la photo de la semaine prochaine, j’ai séché le rendez- vous mais me revoici!

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© Kot

Caché dans l’obscurité. Il entendait les cris de ses parents résonner à l’extérieur. Caché dans l’obscurité, dans sa planque sous l’escalier. Bris de verre, hurlements, pleurs et reproches. Il allume la petite ampoule et saisi un petit soldat parmi la multitude. Se réfugier dans sa tête, devenir sourd. Il joue avec ses petits hommes de plomb. Il joue à la guerre, celle qui ne tue pas, une guerre silencieuse qui ne blesse pas. Dehors, les cris s’intensifient, les coups pleuvent, il les reconnaît au son mat qu’ils font. Ici c’est son refuge. Il s’y cache de plus en plus souvent. Il y descend à pas feutrés lorsque le ton commence à monter. Soudain plus aucun bruit. Il jette un dernier regard à ses petits soldats, il sait que bientôt son tour viendra. Les soldats le regardent fixement. La porte s’ouvre à la volée. Il sent la main qui le saisit et l’obscurité qui l’envahit.

C’est pas bien gai tout ça… Désolée, c’est sorti comme ça… Je vous jure que je ne suis pas dépressive!

Pour découvrir les autres textes c’est sur le blog de Leiloona: Bric à Book.

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C’est lundi! Imagination en mode turbine!

emma jane brown

© Emma Jane Brown

Un sentiment de vide absolu m’envahit. Quittée, laissée, abandonnée… Seule… Je déambule dans les rues telle une âme en peine. Rien ne m’avait préparé à ça, ni ses baisers,ni ses sourires. Je regarde le bout de mes chaussures élimées comme une gosse prise en faute. Une goutte de pluie vient s’écraser sur mon orteil. Je vagabonde sans but, l’esprit noir, le cerveau embrouillé sous la pluie de la ville. Puis l’averse devient plus forte et sans réfléchir je pousse une porte et me retrouve à l’abri. Je regarde autour de moi. Une église… Notre église… Je me revois remontant la nef dans ma petite robe de satin blanc. Lui à côté de l’autel en jean et tee- shirt, le sourire aux lèvres. Nous étions heureux. Nos amis étaient là mais aucun membre de nos familles respectives. Je m’avance dans l’allée centrale. J’observe les statues, l’autel, les cierges. L’humidité ambiante me fait frissonner. Je m’assieds sur un bout de banc. Cette église, c’est la goutte d’eau. Soudain, un homme apparaît. Il va vers l’autel arrange quelque chose, puis tourne son regard vers moi. Il s’avance et me dit: « Je vous reconnais vous savez! ». Je le regarde de plus près et reconnais le prêtre qui m’avait marié il y a de cela un an. « Vous êtes la mariée à la petite robe blanche et au mari en jean. » Je hoche la tête et avant même que j’ouvre la bouche il ajoute « Il ne vous aime pas… ». Surprise et comme assommée, je me sens vaciller sur ce bout de banc.  » Lorsqu’il a dit oui, ce n’est pas vous qu’il regardait, c’est l’autre. » Prise d’une envie de vomir, je me lève brusquement et sort de l’église en courant.

Rien ne m’avait préparé à ça… Ni les traces de rouge à lèvres sur son col, ni ce parfum enivrant de vanille, ni les regards tendres échangés alors qu’ils pensaient qu’on ne les voyait pas. Dieu sait depuis le début… Mais lui aussi semble m’avoir abandonnée…

Les autres textes sont sur le blog Bricabook.

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C’est lundiiiiii!!! Donc c’est atelier d’écriture!!!!

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© Vincent Héquet

Chrysalide était tapie dans l’ombre d’un arbre. Ses grands yeux noirs tentaient de percer les branchages. Elle n’était pas autorisée à s’approcher aussi près du Vaste Monde, mais depuis peu, elle bravait cet interdit. Chrysalide était une petite nymphe timide qui portait des habits colorés. Ses cheveux en bataille dénonçait la fougue qui tapis au fond d’elle dormait sagement.

Un matin , où elle récoltait la rosée des feuillages, elle s’était approchait un peu trop près de la frontière de la forêt. Son premier instinct avait été de rebrousser chemin car des rumeurs effrayantes couraient sur ce qui se passait au- delà des arbres. Pourtant, elle s’était approchée de son pas léger. La petite nymphe avait repoussé le feuillage touffu et jeté un œil de l’autre côté. C’est là qu’elle l’avait aperçue pour la première fois. Chrysalide fut d’abord surprise par sa façon de se mouvoir. Était- ce cela qu’on appelait un humain? La chose marchait à quatre pattes péniblement et semblait mal en point. Un liquide rouge s’écoulait de son côté. Elle était couverte de cheveux courts de couleur marron. Soudain, la chose s’était effondrée. Chrysalide avait vu son regard noir. Un regard qui lui rappelait le sien. La petite nymphe s’était alors approchée doucement et avait posé sa main sur la blessure silencieusement. Une douce chaleur l’avait envahit et lorsqu’elle avait soulevé sa main tout avait disparu. Elle avait ensuite donné ses gouttes de rosée à la pauvre bête puis était partie. Elle n’avait que trop traîné.

Soudain, elle apparut de son pas bondissant. Chrysalide sourit. La petite nymphe sortit les baies de sa poche et s’assit sur un tronc. Elle tendit la main et la bête s’avança. « Tu es tout de même un peu bizarre, je ne connais personne comme toi dans mon monde et jamais tu ne me parles. » Chrysalide fit une mine boudeuse puis passa sa main dans les poils de l’animal. « Tu es douce. Ton regard est doux mais tu as temps souffert. Comment est le Vaste Monde? Est- ce lui t’a blessé? ». L’animal jeta un regard à la douce nymphe. Elle continua ainsi son monologue : »Qu’es-tu? Peu importe, je t’aime bien. Mais il te faut un nom. Je vais t’appeler… Biche. »

Voilà pour cette semaine. N’hésitez pas à aller découvrir les autres textes sur le blog de Bricabook.

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Atelier d’écriture

Voici le texte de l’atelier d’écriture. Les textes des autres participants sont sur le blog Bricabook.

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© Emma- Jane Browne

Jane noua la ceinture de son kimono et saisie son bâton fermement. Elle respira à fond. Elle commençait enfin à se sentir à l’aise durant les cours de kendo.

Cela avait été une vraie épreuve pour elle de s’inscrire et de venir assister aux leçons. La première fois elle était restée dix minutes devant la porte sans oser la franchir. Sa tête était envahie de flashbacks.

De la lumière blanche qui l’aveuglait. La douleur. La difficulté à respirer. Sa mère les yeux baignés de larmes qui essayait de lui expliquer quelque chose.

La douleur encore. La première fois qu’elle avait vu son visage meurtri, méconnaissable dans son miroir. La première fois qu’elle avait remarqué que ses ongles avaient disparu.

Son jogging dans la forêt. La poigne d’un homme sur son épaule. La douleur encore. sa tentative d’évasion. Un arbre dans le brouillard. Un visage haineux. De la douleur.

Des lumières bleus et rouges de gyrophares. Des policiers qui tirent. De ambulanciers qui s’affairent. Des larmes qui coulent.

Finalement, elle avait franchi la porte. Son premier cours avait été une véritable épreuve. elle s’était retrouvée à la fin de la leçon transpirante dans les vestiaires, vidée. Elle s’était effondrée dans un cri de bête.

Elle entra la tête haute dans le dojo. Manipula son bâton avec agilité et en fouetta l’air en se disant « Plus jamais ça! ».

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Atelier d’écriture

Comme chaque semaine, voici l’atelier d’écriture du lundi.

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© Anselme

Charlotte était une petite fille ordinaire en apparence. Des cheveux bruns coupés au carré, des tâches de rousseur plein le visage et de grands yeux verts. Charlotte n’était pas une petite fille ordinaire car Charlotte ne parlait pas. Ses parents avaient attendu avec impatience qu’elle dise ses premiers mots mais lorsqu’à deux ans aucun son n’était sorti de sa bouche, ses parents s’étaient inquiétés. Les médecins consultés ne savaient que dire à ses parents désespérés. Selon eux, Charlotte ne parlait pas car elle ne le voulait pas. Charlotte n’était pas une petite fille ordinaire pour pleins d’autres raisons. Elle avait l’esprit vif et s’intéressait à tout. Elle avait su lire et écrire très tôt.

Un chaud après- midi de printemps, la famille de Charlotte décida d’aller faire un tour au parc. Charlotte courait en avant, sa jupe volait au vent. Ses parents la suivaient se tenant par la main, le sourire aux lèvres. Soudain Charlotte s’arrêta devant un arbre, intriguée par tous les petits papiers accrochés dans un arbre. Ses parents la rejoignirent et sa mère s’accroupit à côté d’elle. « C’est un arbre à souhaits. Les gens accrochent des papiers avec leurs vœux dessus en espérant qu’il se réalisera un jour. »

Charlotte leva ses grands yeux innocents sur tous ces papiers de couleurs. Ils volaient doucement dans le vent comme des milliers de papillons multicolores. Le père de Charlotte lui dit « Veux tu faire un vœu? ». La petite fille fit non de la tête. Le père ajouta « Moi, j’en fais un! ». Il prit un bout de papier et griffonna dessus: « Je voudrais une promotion. ». Hilare, le père montra le papier à sa femme et sa fille en disant qu’on ne savait jamais. La mère décida alors d’en faire un aussi. Elle prit un petit papier rose et écrivit d’une écriture appliquée « Je voudrais que Charlotte parle. » Elle montra le papier à son mari puis à Charlotte et l’attacha dans une branche. Ils regardèrent encore un instant les petits papiers. Puis, la mère se tourna vers Charlotte et lui dit « Tu viens? » La mère tourna les talons et entendit dans son dos un tout petit « Oui ».

Pour lire les autres textes rendez vous sur le blog Bricabook.