bd

Dans mon village on mangeait des chats

Ce que j’en pense:

Philippe Pelaez signe à nouveau un scénario bien ficelé. Le rythme est haletant et monte en puissance au fur et à mesure de la lecture. Très violent et critique envers notre société, cette BD met en scène un personnage ambivalent Jacques.
Les illustrations de Porcel s’accordent parfaitement avec le scénario. L’esthétique est dure et les couleurs sombres.
Une belle BD!

Ma chronique en vidéo:

Ma chronique sur Spotify:

bd·Mercredi BD·Service Presse

Puisqu'il faut des hommes

Puisqu’il faut des hommes-Joseph de Pelaez et L. Pinel, Grand Angle

Pour résumer:

Parfois, il est des secrets qu’il vaut mieux taire.

1961 – Joseph revient d’Algérie. Pour les habitants du village, il n’est qu’un planqué qui officiait dans un bureau plutôt que sur les zones de combat, un lâche qui a esquivé les durs travaux de la ferme. Personne ne lui pardonne d’avoir abandonné sa famille, alors que son frère est cloué sur une chaise roulante, victime d’un accident de tracteur pendant son absence. D’enfant du pays, Joseph revient en paria. Heureusement, l’honneur du village est sauf : le fils du cafetier, lui, s’est battu en Algérie. Mais quand il revient à son tour de la guerre et révèle aux habitants le secret de Joseph, l’invraisemblable vérité éclate au grand jour.

Ce que j’en pense:

A son retour de la Guerre d’Algérie, Joseph n’est pas accueilli en héros. Traité de planqué par les habitants du village, méprisé par son père, il va tenter de se réapproprier sa vie. Mais comment faire quand on a vu les horreurs de la guerre? Comment faire lorsque l’amour que l’on avait dû quitter a refait sa vie? Comment faire lorsque durant son absence, son frère a eu un accident qui l’a cloué dans un fauteuil?

Cette BD au scénario au cordo, traite du stress post traumatique et du retour à la vie ordinaire lorsque l’on revient d’une telle épreuve. J’ai été très touchée par cette histoire, par la sensibilité et le mal être de Joseph. J’ai également été outrée par les réactions des proches et des gens du village qui jugent sans savoir. La violence morale et physique dont est victime Joseph est innommable.

Le personnage de Joseph est très mystérieux. Tout ce que nous savons de lui, c’est qu’il rentre de la Guerre. Le lecteur découvre le personnage à travers les propos et le regard des autres. D’après les dires, il serait donc fainéants, pédants et surtout un planqué et un pleutre. Mais que cache vraiment Joseph? Car très vite, on perçoit une blessure, une sensibilité à fleur de peau… Joseph est donc un personnage fort. Sa relation avec son père m’a particulièrement marquée car on sent une véritable rancœur. Finalement, le dénouement lèvera le voile sur le secret de Joseph, à vous de le découvrir.

D’un point de vue esthétique, j’ai trouvé l’ensemble vraiment très beau. Les traits sont fins et il y a pleins de détails dans le décor des vignettes. Les couleurs sont dans des tons sépias ce qui confère une certaine nostalgie à l’ensemble. Le graphisme utilisé dégage une ambiance qui colle parfaitement à l’époque où se déroule l’histoire et cela permet d’être complètement immergé.

Bref:

Une vraie belle BD.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

Pour pouvoir feuilleter la BD c’est par ici!

bd

Un peu de tarte aux épinards

Un peu de tarte aux épinards de Casado et Pelaez, Casterman

Pour résumer:

Des tartes aux épinards, une famille nombreuse et une épice somalienne…
 
Marie-Madeleine Madac Miremont habite un petit village de l’Aube. Sa fierté ? Ses huit enfants et ses tartes aux épinards, qu’elle prépare avec amour.
Recevant par erreur un colis contenant d’étranges plantes, Marie-Madeleine décide d’en agrémenter ses tartes. C’est alors que les ennuis commencent…

Ce que j’en pense:

Marie- Madeleine élève seule ses huit enfants et ce n’est pas une mince affaire. Sa seule source de revenue, ses délicieuses tartes aux épinards. Malheureusement, elle n’en vend pas assez pour vivre correctement. Mais le destin va en décider autrement en livrant par erreur une épice somalienne à la jeune femme. Elle va en agrémenter ses tartes qui vont alors développer chez ses clients une certaine addiction.

Le scénario est prenant et se déroule à un bon rythme. Les rebondissements sont multiples et la fin de ce tome ouvre sur un futur tome tout aussi prometteur.

Les personnages sont attachants. Marie- Madeleine incarne une mère célibataire qui se bat bec et ongles pour sa famille. Elle se montre intelligente et courageuse. Elle ne manque pas de cran et a vraiment de la ressource. Quant à toute sa marmaille, elle constitue une tribu hors du commun. Les enfants sont eux aussi attachants. Chacun a sa propre personnalité que l’auteur a pris le temps de présenter et qui permet de cerner les personnages. J’ai apprécié que chacun ait sa propre individualité et joue un rôle même minime dans le scénario.

D’un point de vue esthétique, j’ai trouvé l’ensemble vraiment agréable. Le style est plutôt classique. Les traits sont fins et les vignettes regorgent de détails. J’aime beaucoup l’atmosphère qui se dégage de la BD.

Bref:

Une belle découverte.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu: