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40 éléphants

40 éléphants de Toussaint Kid, Augustin Virginie et Hubert, Grand Angle

Pour résumer:

Le crime est une affaire de professionnelles.

Londres – 1920. Elles sont quarante. Voleuses, tueuses, kidnappeuses, cambrioleuses, proxénètes… Issues des divers milieux de la société, elles ont fait du crime leur affaire et se sont associées pour plus d’efficacité.
Lorsqu’arrive Florrie « doigts de fée », jeune pickpocket talentueuse, toute l’organisation se révèle fragile et une lutte interne risque d’éclater. Le moment est mal choisi, car les éléphants doivent faire face à une police de plus en plus performante et à un gang masculin rival reconstitué et bien décidé à reprendre son territoire.

Ce que j’en pense:

40 éléphants est un triptyque qui nous plonge dans le Londres des années 20. Nous y découvrons une bande de sacrée bonnes femmes qui volent, tuent et défendent leur territoire becs et ongles.

Le scénario nous offrent de nombreux rebondissements et c’est un vrai plaisir de lecture. J’ai adoré découvrir ces personnages féminins au sacré caractère et qui ne se laissent pas marcher sur les pieds. Néanmoins, Toussaint Kid n’a pas hésité à également montrer leurs côtés les plus sombres et diaboliques.

C’est donc un perpétuel aller retour entre moment de sensibilité et moment de profonde cruauté qui s’offre aux lecteurs. Subtilement, Toussaint Kid nous fait aimer ces malfrats qui savent se montrer bien cruelle. Dans cette guerre de territoire en plein centre de Londres, tous les coups sont permis et c’est ce que nous narre ce scénario. J’ai particulièrement apprécié le dernier tome qui donne un éclairage différent des deux premiers. J’ai trouvé que ce triptyque était construit de façon intelligente et avait le mérite de nous présenter des personnages attachants et forts.

D’un point de vue graphique, j’ai beaucoup aimé l’ambiance des couleurs ainsi que les dessins. J’ai vraiment aimé tous les petits détails qui nous plongent dans cette époque. L’immersion est donc totale.

Bref, une lecture que je ne saurai que vous conseiller.

5-plumes

 

Un petit aperçu:

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Dans mon village on mangeait des chats

Ce que j’en pense:

Philippe Pelaez signe à nouveau un scénario bien ficelé. Le rythme est haletant et monte en puissance au fur et à mesure de la lecture. Très violent et critique envers notre société, cette BD met en scène un personnage ambivalent Jacques.
Les illustrations de Porcel s’accordent parfaitement avec le scénario. L’esthétique est dure et les couleurs sombres.
Une belle BD!

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Puisqu'il faut des hommes

Puisqu’il faut des hommes-Joseph de Pelaez et L. Pinel, Grand Angle

Pour résumer:

Parfois, il est des secrets qu’il vaut mieux taire.

1961 – Joseph revient d’Algérie. Pour les habitants du village, il n’est qu’un planqué qui officiait dans un bureau plutôt que sur les zones de combat, un lâche qui a esquivé les durs travaux de la ferme. Personne ne lui pardonne d’avoir abandonné sa famille, alors que son frère est cloué sur une chaise roulante, victime d’un accident de tracteur pendant son absence. D’enfant du pays, Joseph revient en paria. Heureusement, l’honneur du village est sauf : le fils du cafetier, lui, s’est battu en Algérie. Mais quand il revient à son tour de la guerre et révèle aux habitants le secret de Joseph, l’invraisemblable vérité éclate au grand jour.

Ce que j’en pense:

A son retour de la Guerre d’Algérie, Joseph n’est pas accueilli en héros. Traité de planqué par les habitants du village, méprisé par son père, il va tenter de se réapproprier sa vie. Mais comment faire quand on a vu les horreurs de la guerre? Comment faire lorsque l’amour que l’on avait dû quitter a refait sa vie? Comment faire lorsque durant son absence, son frère a eu un accident qui l’a cloué dans un fauteuil?

Cette BD au scénario au cordo, traite du stress post traumatique et du retour à la vie ordinaire lorsque l’on revient d’une telle épreuve. J’ai été très touchée par cette histoire, par la sensibilité et le mal être de Joseph. J’ai également été outrée par les réactions des proches et des gens du village qui jugent sans savoir. La violence morale et physique dont est victime Joseph est innommable.

Le personnage de Joseph est très mystérieux. Tout ce que nous savons de lui, c’est qu’il rentre de la Guerre. Le lecteur découvre le personnage à travers les propos et le regard des autres. D’après les dires, il serait donc fainéants, pédants et surtout un planqué et un pleutre. Mais que cache vraiment Joseph? Car très vite, on perçoit une blessure, une sensibilité à fleur de peau… Joseph est donc un personnage fort. Sa relation avec son père m’a particulièrement marquée car on sent une véritable rancœur. Finalement, le dénouement lèvera le voile sur le secret de Joseph, à vous de le découvrir.

D’un point de vue esthétique, j’ai trouvé l’ensemble vraiment très beau. Les traits sont fins et il y a pleins de détails dans le décor des vignettes. Les couleurs sont dans des tons sépias ce qui confère une certaine nostalgie à l’ensemble. Le graphisme utilisé dégage une ambiance qui colle parfaitement à l’époque où se déroule l’histoire et cela permet d’être complètement immergé.

Bref:

Une vraie belle BD.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

Pour pouvoir feuilleter la BD c’est par ici!

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Facteur pour femmes

Facteur pour femmes de Quella- Guyot et Morice, Grand Angle

Pour résumer:

1914. Sur une île bretonne, tous les hommes sont mobilisés, sauf Maël : un rêve au milieu des femmes esseulées…

La Première Guerre mondiale vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux et les femmes. Parce qu’il a un pied-bot, Maël n’est pas mobilisé. Il devient le seul homme, jeune et vigoureux, de l’île… bientôt facteur, bientôt amant…

Ce que j’en pense:

Première guerre mondiale, les hommes sont partis au front sauf Maël qui a un pied-bot. Il se voit attribuer la tâche de facteur. Au fil du temps et des lettres, le jeune homme va apprendre à connaître ses femmes qui l’impressionnent. Très vite, certaines femmes feront de lui leur amant. Très vite, Maël va se sentir pousser des ailes et commettre des actes peu moraux afin de rester l’homme de la vie de ces dames.

Le scénario se focalise donc sur l’histoire de ce petit facteur. L’intrigue est maîtrisée et prenante. La dernière partie de la BD est une surprise. Je ne m’attendais vraiment pas à cela. Certes, il fallait s’en douter quelque peu mais j’avoue que je n’ai pas forcément apprécié. Je ne peux vous en dire trop sans spoiler donc je vais m’arrêter là en ce qui concerne l’intrigue.

La BD met également des personnages de femmes en avant. Ces dernières se retrouvent seules, devant accomplir les tâches de leurs hommes. Au départ esseulées, elles vont très vite s’organiser. J’ai aimé les différentes personnalités féminines mises en avant. 

Au milieu de toutes ces femmes, il y a Maël. Moqué depuis sa jeunesse pour son handicap, il voit les regards féminins changer à son égard. Timide et maladroit, il est touchant au début de la BD. Mais, il prend très vite confiance en lui et son caractère change. le doux naïf devient un vil manipulateur. Il se transforme en un personnage antipathique. Son évolution est intéressante car il appelle autant la pitié que la haine.

Le tout est servi par une esthétique sublime. J’ai apprécié les vignettes qui nous emplissent les yeux de beaux paysages. Les couleurs sont plutôt franches et tranchées et cela manque un peu de nuance de ce point de vue. En revanche, j’ai totalement adhéré au dessin. Le trait est précis et fin mettant l’accent sur les corps des personnages et leur mouvement. Tout au long de la lecture, le vent fait bouger les paysages et les robes, donnant l’impression au lecteur qu’il est véritablement sur cette île.

Bref:

Une lecture que j’ai vraiment apprécié.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Moka.

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Les Brûlures

Les Brûlures de Zidrou et Laurent Bonneau, Grand Angle

Pour résumer:

Dans les rues d’une petite station balnéaire, les putes tombent comme des mouches. Un premier cadavre, atrocement mutilé, est découvert, puis un second, brûlé au chlore. La série, pourtant, ne fait que commencer.

Ce que j’en pense:

Nutella est flic et enquête sur le meurtre de trois prostituées. En parallèle, il vit une relation étrange avec une femme au corps partiellement brûlé.

Le scénario se partage entre l’enquête et cette histoire de vie dont la majorité des scènes se déroulent dans une piscine. Le récit est très touchant. Comme à chaque fois, Zidrou a l’art de raconter la vie avec tendresse et sait mettre en valeur les personnages blessés.

Nutella est très touchant et profondément humain. Il va lentement apprivoiser cette femme qu’il croise tous les jours à la piscine. Celle-ci l’intrigue. Elle nage désespérément et semble vouloir se laver la conscience. Quel désespoir l’habite?

Et puis, il y a Edith, cette vieille femme, témoin discret de la naissance de cette relation étrange et qui à la fin du roman graphique nous émeut aux larmes.

Ce récit prenant est accompagné d’une esthétique sublime. J’ai trouvé l’ensemble visuellement très fort. J’ai apprécié les traits fins qui rendent les détails délicats. Les ambiances sont différentes selon les lieux. Le bleu de la piscine contraste avec les couleurs chaudes de l’extérieur. Cette ambiance bleutée semble être une véritable bouffée d’oxygène pour le lecteur et les personnages.

Bref:

À découvrir.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu: