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Le vent des cimes

Le vent des cimes de Buche et Perrissin, Glénat

Pour résumer:

À la veille de son mariage, Rachel Wiezman est sans nouvelles de son fiancé Jack qui s’est envolé de Santiago malgré le mauvais temps. Jack Rouault, pionnier de l’Aéropostale, a déjà fait ce trajet des dizaines de fois et ce n’est pas un coup de vent qui va l’empêcher d’être à l’heure à l’église ! Mais au cœur des Andes, c’est une véritable tempête qui se déchaîne et l’avion, pris dans la tourmente, se crashe. Blessé et transi de froid, Jack tente désespérément de se sortir de cet enfer blanc, tandis que Rachel, ne supportant plus cette insoutenable attente, s’envole à son secours. 

Ce que j’en pense:

Rachel et Jack vont se marier mais Jack aviateur postal s’écrase lors du trajet qui doit le ramener chez lui. Rachel part alors à sa recherche. 

Il n’y a pas à dire, avec un scénario pareil, on ne pouvait faire qu’un carton. Christian Perrissin nous livre un récit qui mêle amitié, amour et aventure. Tout au long de la lecture, le suspens est présent, les rebondissements se multiplient conférant un rythme soutenu. Dès les premières planches, je suis rentrée dans l’histoire et jusqu’à la fin, j’ai été tenue en haleine. Les aller retours entre passé et présent permettent au lecteur de découvrir plus en profondeur les personnages et ainsi leur donnent une dimension humaine. L’histoire d’amour qui se déroule sous nos yeux est magnifiquement tragique et jusqu’aux dernières vignettes on espère que tout se finira bien.

L’ensemble est accompagné d’une esthétique souple et d’un trait fin. Les couleurs sont sublimes et les paysages à couper le souffle. Malgré la tragédie qui se joue sous nos yeux, Éric Buche adoucit l’ensemble avec son esprit graphique.

Bref:

Une lecture passionnante.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd·Mercredi BD

Vin, gloire et bonté

Vin, gloire et bonté de Bunisset et Liotti, Glénat

Pour résumer:

Annabelle est drôle, jolie, névrosée, très psychanalysée, et… en instance de divorce. Parisienne jusqu’au bout des ongles, elle est aussi journaliste pour un très gros hebdomadaire français. Alors qu’elle n’y connait absolument rien en matière de vin, son patron (qui est également son père) lui commande un dossier de 50 pages sur le vignoble bordelais. Ni une, ni deux, Annabelle fourgue ses deux ados à son ex-mari avant de se catapulter, valise sous le bras, sur le quai de la gare Montparnasse. Direction la capitale girondine : Bordeaux ! Au cours de son séjour (trois mois d’immersion totale dans le milieu viticole locale), rien ne lui sera épargné…

Ce que j’en pense:

Avec cette BD, nous voilà plongés dans le monde viticole. Peu connu du grand public, univers secret et qui fait rêver, le monde du vin lève un peu le voile.

Le lecteur va donc suivre Annabelle, une jeune journaliste qui est envoyée pour écrire un article sur le vin. Petit problème, elle n’y connaît strictement rien. Pour elle, le vin, c’est tout simplement du jus de raisin fermenté et son seul amour se porte sur le mojito. Néanmoins, elle n’a pas le choix, il faut qu’elle se rende en pleine immersion dans un grand domaine pour pouvoir écrire.

Le scénario de cette BD est tout simplement fascinant, j’ai tout simplement été transportée en plein vignoble et j’ai découvert comme Annabelle le monde du vin. Finalement, cette BD est un moment de la vie d’Annabelle, un peu comme un arrêt sur image. En plein divorce et en pleine prise de tête avec ses enfants, cet article va s’avérer être une bouffée d’air frais. Certes, la parisienne va avoir du mal à s’acclimater à la campagne mais c’est avec brio qu’elle saura tirer son épingle du jeu dans cet univers impitoyable. Certes, ses courbes généreuses n’y seront pas pour rien. Néanmoins, son intelligence et sa maîtrise de la langue de bois la servira à plusieurs occasions. L’histoire est donc divertissante, voire rafraîchissante. Certaines situations font sourire et Annabelle devient très vite attachante.

Quant à l’esthétique, j’ai été également séduite par ce trait en rondeur et délicat. Les paysages rendent justice aux vignobles bordelais et les niveaux de gris sont maîtrisés à la perfection.

Bref:

J’ai apprécié cette lecture.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

bd

Jane

Jane de Aline Brosh McKenna et Ramon K. Pérez, Glénat

Pour résumer:

Ayant connu une enfance malheureuse dans une petite ville de la Nouvelle Angleterre, Jane décide de partir vivre à New York pour se lancer dans des études d’Art. Bien obligée de se trouver un job pour payer son école, elle est embauchée comme nounou pour le compte d’un puissant et mystérieux homme d’affaires, Rochester. Veuf, constamment en déplacement pour son travail, il laisse à la jeune femme les clés d’un immense appartement, visiblement hanté de secrets, et la charge de son adorable fille, Adèle, une enfant solitaire, comme elle, dont elle se lie très vite d’amitié. Mais alors qu’elle prend ses marques et s’adapte à sa nouvelle vie, Jane se retrouve prise dans une spirale romantique, faite d’intrigues et de dangers… Au-delà de ses rêves d’enfance les plus fous.

Ce que j’en pense:

Il faut être sacrément courageux pour s’attaquer au monument Jane Eyre et oser l’adapter en Roman Graphique. Et pourtant, le duo de Mc Kenna et Pérez réussissent avec brio à moderniser cette histoire que j’aime tant.

Jane fait des études d’arts mais pour compléter ses fins de mois, elle prend un travail de baby-sitter chez le mystérieux et richissime Mr Rochester. Très vite, Jane se lie d’amitié avec la petite Adèle et son emploi prend une grande place. Bientôt, sa relation avec son patron devient ambiguë mais trop de mystères entoure le milliardaire, qu’a-t-il à cacher?

Le scénario de ce roman graphique est plutôt fidèle au roman que j’affectionne tant. J’ai vraiment adoré cette histoire qui m’a prise aux tripes et a su me passionner alors que je connaissais déjà l’histoire.

Aucune surprise du côté des personnages. Jane incarne une jeune fille au caractère bien trempé et qui ne se laisse pas faire. Mr Rochester quant à lui est mystérieux, très riche et franchement il est un peu agaçant. Adèle est une bouffée de fraîcheur dans ce duo, elle apporte de la gaieté parmi toute cette gravité ambiante.

L’esthétique est colorée et m’a fait un peu penser à celle du comics par moment. Les traits sont durs et épais. L’ensemble confère une ambiance particulière au roman graphique. Une certaine gravité se dégage et rappelle l’atmosphère du roman.

Bref:

Une adaptation qui a le mérite d’être fidèle à l’ambiance du roman.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

bd·Mercredi BD

Il faut flinguer Ramirez

Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 de Nicolas Petrimaux, Glénat

Pour résumer:

Et si derrière la légende du pire assassin mexicain… Se cachait le meilleur expert en aspirateurs de tous les temps ?

Falcon City, Arizona. Jacques Ramirez travaille à la Robotop, une entreprise d’électroménager et l’un des fleurons industriels du coin. Employé modèle, il bosse vite, bien, et sait surtout se faire discret. Pour cause : il est muet. Sa vie bascule le jour où deux membres d’un dangereux cartel pensent reconnaître en lui l’homme qui a trahi leur organisation par le passé : Ramirez, le pire assassin que le Mexique ait jamais connu. Aussi étonnant que cela puisse paraître, sous le chapeau du nettoyeur légendaire se cacherait désormais… un expert en aspirateurs hors-pair. Et maintenant que les hommes du cartel l’ont démasqué, ils feront tout, absolument tout… pour flinguer ce fumier !

Ce que j’en pense:

Jacques Ramirez est réparateur d’aspirateur. Il vit une vie tranquille mais son train train va basculer lorsque deux mafioso pensent le reconnaître. Ne serait-ce pas le grand tueur Ramirez? Ce fumier! Commence une véritable course poursuite. Jacques ne semble pas vraiment comprendre ce qu’il lui arrive. Il échappe aux dangers sans savoir comment. Le scénario fait les vas et vient entre Jacques qui subit de multiples attaques et le groupe de mafioso qui veut absolument obtenir sa vengeance. Les rebondissements sont multiples. Il faut dire que l’ensemble est plutôt musclé. Les scènes violentes s’enchaînent. Au fur et à mesure de la lecture, le mystère s’épaissit. Jacques Ramirez est-il vraiment celui que tout le monde recherche? Au fil des pages, le voile se lève et la fin n’apparaît que comme un début de l’aventure.

Le personnage de Jacques est impénétrable. Il n’a aucune expression faciale et ne semble pas ressentir quoi que ce soit. Muet, il subit la situation plus qu’autre chose. Autour de lui, gravitent de nombreux personnages tout aussi mauvais les uns que les autres. Tous les protagonistes possèdent une certaine noirceur que chacun laisse plus ou moins apparaître.

L’ambiance qui se dégage de cette lecture fait penser aux thrillers des années 80. J’ai véritablement accroché à cet univers musclé. L’esthétique se rapproche de celle des comics. Les traits sont noirs parfois épais. Les couleurs sont très vives et tranchés. Les décors foisonnent de détails. Chaque vignette est vraiment riche. Le choix esthétique colle parfaitement au sujet abordé et contribue à cette immersion totale dans l’univers de la mafia.

Bref:

Une ambiance qui décoiffe.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Stephie

bd·Mercredi BD

Amour Minuscule

Amour Minuscule de Teresa Radice et Stefano Turconi, Glénat

Pour résumer:

Iris est d’origine argentine ; Ismail, syrienne. Ils s’aiment, vivent en Italie et forment le couple idéal. Mais alors qu’Ismail part en voyage pour régler des affaires familiales, la guerre éclate en Syrie. Pris dans la tourmente, il se bat pour rentrer au pays. Dans le même temps, Iris, elle, découvre qu’elle est enceinte. Mais la communication entre eux est rompue… Comment savoir si Ismail est encore en vie et s’il va pouvoir un jour revenir ? Comment lui annoncer qu’il va être le père de cet « amour minuscule » qui pousse dans le ventre d’Iris ?

Ce que j’en pense:

Iris et Ismail s’aiment d’un amour fou. Installés tous les deux en Italie, ils vivent paisiblement. Mais Ismail doit retourner en Syrie régler quelques affaires. Au moment, où Iris apprend qu’elle est enceinte, Ismail se retrouve pris dans la tourmente de la guerre.

Le scénario décrit les trajectoires parallèles de ces deux héros qui se retrouvent malheureusement éloignés. D’un côté, Iris qui va découvrir ses origines mais également beaucoup se questionner sur la maternité. Et de l’autre, Ismail qui va devoir lutter pour rentrer en Italie, vivant l’indicible. 

Les auteurs ont pris le parti d’intercaler des moments où l’on voit Iris et d’autres où l’on voit Ismail. Viennent s’ajouter à cela des retours dans le passé des personnages mais également des morceaux de journal intime. Tout s’imbrique savamment, laissant place à une histoire complexe.

Dans cet épais roman graphique, les moments d’émotions s’enchaînent et ne se ressemblent pas. On peut passer de la tendresse, au dégoût en seulement quelques vignettes. Les passages d’un personnage à l’autre sont faits de façon subtiles et tout semble glisser naturellement.

Esthétiquement, c’est magnifique. Il y a un changement d’ambiance lorsque l’on retourne dans les souvenirs des personnages. Les bulles changent de couleurs, bref, l’ensemble est construit de façon très intelligente. J’aime particulièrement le coup de crayon de Stefano Turconi. J’aime la façon dont il dessine les personnages et la façon qu’il a de les rendre vivants.

À ce stade, vous vous dites certainement que j’ai adoré ma lecture. Et bien, de façon surprenante, pas forcément. Certains passages sont très denses, très longs et par conséquent m’ont un peu ennuyée. Le problème, c’est que ces moments étaient nombreux et ont rendu ma lecture beaucoup moins agréable…

Bref:

Malgré un scénario fort et une esthétique agréable, je n’ai pas apprécié plus que ça ma lecture.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

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