Prix des Lectrices Elle 2020·Roman·Service Presse

Le monde n'existe pas

Le monde n’existe pas de Fabrice Humbert, Gallimard

Pour résumer:

«Autrefois, j’avais un ami. Je l’ai rencontré il y a bien longtemps, par un jour d’hiver, sautant de sa voiture et grimpant quatre à quatre les marches du lycée Franklin. C’est le souvenir le plus vivace que j’aie de lui, une impression inégalable d’éclat et de beauté. Figé sur les marches, rempli d’admiration et de honte, j’étais égaré dans ma condition de « nouveau », égaré en moi-même. Il m’a sauvé – des autres, de ma propre jeunesse. Des années plus tard, alors que cet homme était devenu une image détestée, j’ai tenté de le sauver. J’aurais aimé qu’on sache qui il était vraiment.»

Lorsque Adam Vollmann, journaliste au New Yorker, voit s’afficher un soir sur les écrans de Times Square le portrait d’un homme recherché de tous, il le reconnaît aussitôt : il s’agit d’Ethan Shaw. Le bel Ethan, qui vingt ans auparavant était la star du lycée et son seul ami, est accusé d’avoir violé et tué une jeune Mexicaine. Refusant de croire à sa culpabilité, Adam retourne à Drysden, où ils se sont connus, pour mener l’enquête. Mais à mesure qu’il se confronte au passé, toutes ses certitudes vacillent…

Ce que j’en pense:

Adam Vollmann, journaliste, décide de mener l’enquête sur le meurtre de Clara. Sa motivation ? Le suspect est un ancien camarade de lycée, son premier béguin, Ethan Shaw. Persuadé de l’innocence d’Ethan, Adam décide de retourner à Drysden, cette ville qu’il déteste tant.
Le roman nous raconte donc cette enquête. Entre interrogatoires, questionnements et souvenirs, Adam va tenter de reconstituer le puzzle qu’est Ethan, ce puzzle auquel il manque systématiquement une pièce. Il faut dire que tout accuse l’ancienne star de Drysden. Peut- être même que les conclusions sont trop évidentes. Tout semble trop simple…
L’intrigue est intéressante mais j’ai trouvé que l’ensemble manquait vraiment de rythme. L’histoire manque de rebondissement et j’avoue que le suspens n’est pas vraiment au rendez- vous. Les personnages manquent également de relief. Adam Vollmann apparaît comme torturé et il passe la moitié de son temps à geindre. Le seul protagoniste qui selon moi mérite de l’intérêt est Ethan Shaw. Malheureusement, celui- ci est à mon sens sous exploité. On le touche à peine du doigt et c’est vraiment dommage.
D’un point de vue stylistique, l’écriture est plutôt agréable. Le style est simple et efficace. J’ai apprécié le côté sobre du texte. Pas de description alambiquée ni de grandes envolées lyriques.
Ce roman me laisse donc un souvenir en demi-teinte. Bien que l’intrigue de base soit intéressante, je trouve qu’elle est mal exploitée. De plus, ce qui aurait dû être un véritable turn over à la fin du roman tombe pour moi à plat.

Bref:

Cette lecture ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Si je devais le noter:

1-plume

Policier/ Thriller·Roman

Le Couteau

Le Couteau de Jo Nesbo, Gallimard

Pour résumer:

Harry Hole a réintégré la police criminelle d’Oslo, mais il doit se contenter des cold cases alors qu’il rêve de remettre sous les verrous Svein Finne, ce violeur en série qu’il avait arrêté il y a une dizaine d’années et qui vient d’être libéré.
Outrepassant les ordres de sa supérieure hiérarchique, Harry traque cet homme qui l’obsède. Mais un matin, après une soirée bien trop arrosée, Harry se réveille sans le moindre souvenir de la veille, les mains couvertes du sang d’un autre.
C’est le début d’une interminable descente aux enfers : il reste toujours quelque chose à perdre, même quand on croit avoir tout perdu.

Ce que j’en pense:

Les thrillers et policiers sont mes genres de prédilection. J’en ai lu énormément mais jamais de Jo Nesbo. C’est donc avec curiosité que je me suis lancée dans cette lecture.

Très vite, le décor est planté. L’inspecteur Harry Hole (un héros récurrent chez Jo Nesbo) va enquêter sur le meurtre de sa femme Rakel. L’intrigue et l’enquête sont donc mises en place assez rapidement. Le lecteur va donc majoritairement suivre Harry Hole dans sa quête de la vérité. Les fausses pistes vont très vite se multiplier à mon grand agacement. En effet, l’auteur fait suivre de nombreux indices à Harry qui n’aboutissent à rien. Alors, une fois, ça passe mais trois ou quatre fois, ça lasse ! Ce procédé a eu pour effet de m’ennuyer. L’histoire a donc très vite tiré en longueur. Bref, ce choix ne m’a vraiment pas séduite et je n’avais qu’une hâte, que Harry boucle son enquête et que je termine ma lecture. Je pense que le roman aurait vraiment gagné en qualité à être raccourci.

De plus, Jo Nesbo met en scène de nombreux personnages et j’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’y retrouver. J’étais un peu embrouillée. Néanmoins, je me questionne…Aurai-je été moins désarçonnée si j’avais lu les précédents tomes ?

Dans tous les cas, Harry Hole m’a paru peu sympathique. Le côté flic blessé m’a un peu agacée. Je l’ai trouvé violent et saoulard…Bref… Ça ne matche pas entre nous.

Quant au style de l’auteur, là aussi le bas blesse. Toutes ses longueurs ont fini par me faire languir. La fin du roman est une véritable délivrance autant pour le personnage principal que pour le lecteur.

Bref:

Pas du tout séduite.

Si je devais le noter:

1-plume

Roman

Journal d’un corps de Daniel Pennac

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Journal d’un corps de Daniel Pennac, Gallimard

Pour résumer:

Mercredi 18 novembre 1936
Je veux écrire le journal de mon corps parce que tout le monde parle d’autre chose.
(13 ans, 1 mois, 8 jours)

Jeudi 10 janvier 1974
Si je devais rendre ce journal public, je le destinerais d’abord aux femmes. En retour, j’aimerais lire le journal qu’une femme aurait tenu de son corps. Histoire de lever un coin du mystère. En quoi consiste le mystère? En ceci par exemple qu’un homme ignore tout de ce que ressent une femme quant au volume et au poids de ses seins, et que les femmes ne savent rien de ce que ressentent les hommes quant à l’encombrement de leur sexe.
(50 ans et 3 mois)

Lundi 26 juillet 2010
Nous sommes jusqu’au bout l’enfant de notre corps. Un enfant déconcerté.
(86 ans, 9 mois, 16 jours)

Ce que j’en pense:

Il y a des livres qui arrivent dans nos mains un peu par hasard, comme ça au détour d’un rayonnage. Des lectures que l’on n’attendait pas et qui viennent nous cueillir.

Journal d’un corps raconte la vie d’un homme à travers son corps. Ce récit intime est plein de pudeur. Daniel Pennac nous livre une biographie émouvante. Le roman nous dévoile le narrateur tout au long de sa vie d’un point de vue physique. On le suit pendant son enfance, son adolescence, à l’âge adulte et à son vieillissement.

Le livre nous fait côtoyer de nombreux personnages, tous très attachants. C’est un véritable panel de protagonistes majestueux que j’ai découvert.

Le roman est superbement écrit avec des  passages grandioses. C’est beau, magistral, touchant.

J’ai eu la nette sensation de lire une grande oeuvre. J’ai assisté à un véritable exercice de style. Les contraintes que s’impose l’auteur pourraient rendre rigide le texte mais au contraire tout coule naturellement. C’est tout simplement magique.

Bref:

Un vrai bon moment de lecture qui m’a laissé émue.

Si je devais le noter:

5-plumes