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Les sœurs Grémillet

Les Soeurs Grémillet de Giovanni Di Gregorio et Allessandro Barbucci, Dupuis, 69 pages

Plonger dans l’histoire comme dans un rêve… Dans un turquoise lumineux et mélancolique apparaissent pour la première fois les trois sœurs Grémillet, guidées par des méduses qui flottent, jusqu’au grand arbre et son palais de verre. À l’intérieur, une petite méduse lévite au-dessus d’un lit. Sarah, l’aînée, ne s’explique pas ce rêve étrange. Obsédée par ce mystère, elle parviendra à l’élucider avec l’aide de ses deux sœurs.

Bienvenue dans la famille Grémillet! Je vous présente dans cette jolie petite famille, la mère, qui élève seule ses trois filles: Sarah, Cassiopée et Lucille. Dans ce premier tome, le lecteur va suivre en priorité l’aînée de la sororité, Sarah. Cette dernière fait des rêves étranges. Elle voit toutes les nuits des méduses qui flottent autour d’un mystérieux arbre. Ce rêve devient très vite une obsession et elle va décider de mener l’enquête à l’aide de ses sœurs. Très vite, elles vont découvrir que ce rêve a un rapport avec leur mère.

Le scénario de cette BD nous entraîne donc dans une enquête. Suspens et rebondissements sont au rendez-vous et rythment le lecture. Au détour de quelques disputes entre sœurs, le mystère se dévoile peu à peu. J’ai vraiment adoré cette histoire qui m’a d’emblée conquise. Le livre s’ouvre sur le rêve de Sarah et le lecteur se retrouve donc directement dans le vif du sujet.

Les personnages sont également très marqués. J’ai adoré cette sororité. Chaque sœur a son caractère bien marqué et sa personnalité. Sarah a un caractère de meneuse et lorsqu’elle a une idée en tête, elle n’en démord pas. Quant à Cassiopée, elle voudrait elle aussi mener la danse et s’imposer, ce qui crée des tensions avec sa sœur. Quant à la douce Lucille, elle navigue entre ses deux aînées.

D’un point de vue esthétique, c’est en revanche un véritable coup de cœur. C’est juste superbe! Les illustrations sont magnifiques et poétiques. L’ensemble est dans un style un peu romantique. Les personnages ont de grands yeux qui semblent s’inspirer du manga. Les couleurs sont véritablement superbes. L’ambiance est magique et onirique.

Je suis donc totalement conquise par cette lecture!

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Cette semaine chez Moka.

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Pèle Mêle de BD (4)

La chronique:

Les livres dont j’ai parlé:

Les nymphéas noirs de Cassegrain, Duval et Bussi, Dupuis, 2019

Des filles de goût de Caroline Guillot, Casterman, 2013

Un Putain de Salopard de Loisel, Pont et Lapierre, Rue de Sèvres, 2019

Shi, Tome 4: Victoria de Zidrou et Homs, Dargaud, 2020

Salon Gérard et Dolorès de Sylvain Cabot, Michel Lafon, 2019

bd·Littérature de Jeunesse·Mercredi BD

Dans les yeux de Lya

Dans les yeux de Lya, Tome 1: En quête de vérité de Carbone et Cunha, Dupuis

Pour résumer:

À la veille de ses 17 ans, Lya se fait renverser par un chauffard qui prend la fuite, la laissant pour morte. Elle survivra mais devra rester en fauteuil roulant toute sa vie.
Quatre années plus tard, elle termine son DUT Carrières juridiques et décroche un stage dans le cabinet d’avocats le plus prestigieux de la ville, celui du célèbre et médiatique maître Martin de Villegan. Son stage n’a pas été choisi par hasard, bien au contraire. C’est ce même cabinet qui a réglé son cas des années auparavant. Ses parents ne lui en ont rien dit mais elle a découvert qu’ils avaient été achetés pour éviter des poursuites juridiques. Bien décidée à retrouver celui qui l’a renversée et à lui faire payer, elle va se mettre en quête du dossier. Un jeu dangereux commence alors et sa soif de vengeance ne sera pas sans conséquences…

Ce que j’en pense:

Avouez que le résumé vous a donné envie de vous plonger dans cette BD? Et ce n’est pas moi qui vais vous lancez la pierre! La première fois que j’ai vu ce livre, j’ai flashé sur la couverture, captivée par ce grand regard.

Effectivement, Lya nous embarque littéralement dans son histoire. Dès les premières pages, elle appelle à la sympathie. Elle se montre déterminée avec une grosse forte de caractère. Il faut dire que la vie ne lui a pas fait de cadeau et depuis qu’elle a découvert que quelqu’un connaissait l’identité de la personne qui l’avait renversée en voiture, elle est déterminée à retrouver l’identité de celui qui a fait basculer sa vie. Du coup, nous voilà pris dans la lecture d’une enquête policière qui exige finesse et discrétion. La jeune femme en a sous le coude et quand elle désire quelque chose, elle fait tout pour l’obtenir. Ainsi durant ce premier tome, Lya tente de récupérer son dossier dans le cabinet d’avocat où elle a décroché un stage. Le moins que l’on puisse dire c’est que Carbone sait tenir en haleine son lecteur et multiplie les rebondissements inattendus. Le scénario est donc finement écrit permettant de créer une tension qui nous tient en haleine. Quant à la fin de ce premier tome, elle est cruelle pour le lecteur qui n’a qu’une envie, découvrir la suite!

Afin d’accompagner ce scénario aux petits oignons, Cunha nous offre une esthétique aux traits forts et abrupts. J’aime particulièrement la façon dont il traite les corps de ses personnages. Les regards sont particulièrement forts et émouvants.Les couleurs quant à elles sont plutôt vives et renforcent l’atmosphère si particulière de cette BD.

Bref:

Une BD coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

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Les Equinoxes

Les Equinoxes de Cyril Pedrosa, Dupuis

Pour résumer:

Tenter de capter, malgré son évanescence, ce sentiment de solitude qui nous saisit face à la complexité du monde. Cet état d’âme qui, s’il nous isole de nos semblables, est peut-être ce qui fait de nous des humains. Outrepassant par la grâce du dessin le principe selon lequel il faut se taire sur ce dont on ne peut pas parler, Cyril Pedrosa suit les méandres de cette émotion, nous livrant un magistral récit en quatre tableaux. Quatre tableaux, pour quatre saisons et autant de personnages en quête de leur destinée, à travers l’espace et à travers le temps.

Ce que j’en pense:

J’ai découvert Pedrosa grâce au sublissime Portugal. Subjuguée par l’esthétique du roman graphique, je me suis très vite laissée tenter par L’âge d’or qui lui aussi m’a beaucoup plu. Lorsque je suis tombée sur Les Équinoxes à ma médiathèque, j’avoue avoir eu un petit moment d’hésitation face à la grosseur du livre mais pour Cyril Pedrosa je suis presque prête à tout.

Dans ce roman graphique, Pedrosa recueille des petits moments de la vie, des anecdotes, des situations. Il se penche sur la vie quotidienne, décortique les sentiments de ses personnages et à la manière d’un sociologue, nous livre des histoires frappantes, remplies de sensibilité et qui forcément nous touchent. Au fil des saisons, les personnages évoluent, leur sentiment aussi. AU centre de toute cette BD, la solitude. Cette dernière emplit totalement l’oeuvre, cette sensation est distillée et disséquée. De façon intelligente, l’auteur nous montre différentes sortes de solitude.

Mais, Cyril Pedrosa n’est pas seulement un très bon scénariste, c’est également un vrai artiste. Ainsi, il mélange deux styles graphiques. L’un se rapproche plus du style de Portugal avec des traits fins et délicats et des couleurs poétiques et l’autre qui se rapproche plus de L’âge d’or avec des traits plus épais et des couleurs vives. La colorisation est d’ailleurs faite de façon extrêmement intelligente. La palette évolue au fil des saisons. Les couleurs froides envahissent l’hiver, les tons orangés et marrons se mêlent à l’automne, le jaune explose en plein été et le printemps nous livre des verts tendres. On en prend plein les mirettes, c’est beau à vous faire tomber par terre. C’est un tableau magnifique!

Bref:

Un vrai gros coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

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La Vallée

La Vallée, Tome 1: Meli- Meylaud dans la Vallée de Trystram et Forneri, Dupuis

Pour résumer:

Un facteur mort de frousse est retrouvé, mobylette comprise, au sommet d’un arbre ? Un plombier qui s’écrase du haut d’un rez-de-chaussée ? Autant de crimes de dingue qui agitent la Vallée. Edwin vient d’arriver dans cet asile de fous, à ciel ouvert, créé par le docteur Meylaud. Encouragé par la très séduisante et très extravagante Valeria, Edwin va mener une folle enquête.

Ce que j’en pense:

Edwin débarque à la Vallée et doit y résoudre des meurtres hors du commun. Sur place, il rencontre Valeria, une sublime jeune femme.

Résumer ce scénario s’avère très compliqué. En effet, comment décrire cet univers complètement fou? Les personnages sont complètement barrés et les repères que nous connaissons si bien sont mis à mal. Sur fond d’enquête policière, j’ai donc découvert un univers complètement à part. L’enquête est d’ailleurs accrocheuse et originale conférant à la BD une vraie dimension de qualité. En effet, si il n’y avait eu que cet univers loufoque, l’histoire aurait été vraiment pauvre et aurait perdu en intérêt.

Dans ce monde de fou, Edwin est le seul personnage rationnel. Il incarne le monde que l’on connaît et met en avant les décalages de cette Vallée incongrue. Valeria quant à elle, représente le monde irrationnel. Elle défend bec et ongles la philosophie de vie de la Vallée. Car derrière ces situations truculentes, se cache une véritable façon de penser. En effet, les habitants se sont libérés des carcans de la vie quotidienne pour vivre comme ils l’entendent, sans aucune contrainte sociale.

L’ensemble est accompagné d’une esthétique aux traits fins. Les personnages ont des contours fuyants et sont très élancés. Les couleurs sont chaudes, rendant la Vallée accueillante. L’ambiance qui se dégage de cette BD est particulière, donnant un petit plus à la lecture.

Bref:

Une belle découverte.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu: