bd

Sérum

Sérum de Pedrosa et Gaignard, Delcourt

Pour résumer:

Paris, 2050. Depuis les purges qui ont suivi le changement de régime, les tensions sont loin d’être apaisées. Une organisation clandestine semble préparer une action spectaculaire. Reclus dans son minuscule appartement, Kader vit seul. Il ne parle à personne. Une injection de « Sérum », un produit psychoactif, l’empêche de mentir. Qu’il le veuille ou non, il ne peut dire que la vérité. Rien que la vérité. Toute la vérité. Cette malédiction fait de sa vie un enfer.

Ce que j’en pense:

Kader est enfermé et sous haute surveillance. Il subit régulièrement une injection de Sérum qui l’oblige à dire la vérité et permet ainsi de contrôler ses faits et gestes. Obligé de se tenir à l’écart de la société, ce roman graphique nous raconte le moment où sa vie va basculer.

Le scénario de cette BD est d’une incroyable précision. Construit comme un roman d’anticipation, il  nous longe dans un futur proche effrayant où le contrôle des esprits semble une priorité. À un rythme haletant, les événements s’enchaînent et sans nous en rendre compte, nous voilà embarqué dans une histoire hors norme. L’ensemble est bien construit et la tension grandit au fur et à mesure de la lecture. La fin est surprenante, je ne m’y attendais vraiment pas.

Le personnage principal est Kader. Enfermé et connaissant un véritable mal être, le personnage ne met pas vraiment à l’aise. Tout est raconté de son point de vue et comme il vit un grand moment de confusion, cela contribue à créer du mystère autour de tous les événements qui se succèdent.

Autant le scénario a su me séduire de suite, autant je suis beaucoup moins conquise par l’esprit esthétique de ce roman graphique. Les traits sont durs et épais conférant une atmosphère lourde. Les couleurs sont très tranchées et manquent de nuance. Je n’ai donc pas vraiment accroché à l’esprit graphique de l’ensemble.

Bref:

Un scénario qui a su me séduire mais une esthétique qui ne m’a pas conquise.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

bd·Mercredi BD

Trois Ombres

Trois Ombres de Cyril Pedrosa, Delcourt

Pour résumer:

Joachim vit paisiblement à l’écart du monde avec ses parents. Mais un soir, ne parvenant pas à trouver le sommeil, ils remarquent des ombres qui semblent les attendre sur la colline en face… Ces dernières apparaissent sous la forme de trois cavaliers et s’évanouissent dès que l’on s’en approche. Ces « choses » sont là pour Joachim. Son père aura-t-il raison de se battre contre l’inéluctable ?

Ce que j’en pense:

Découvrir un nouveau roman graphique de Cyril Pedrosa, c’est un peu comme découvrir une nouvelle merveille. Cet opus ne fait pas exception à la règle.

Trois Ombres raconte l’histoire de Joachim qui vit tranquillement avec ses parents. Mais un jour, trois ombres apparaissent, trois ombres qui sont là pour l’amener. Son père refuse l’évidence est prend la décision de fuir. Avec ce scénario, Cyril Pedrosa aborde un sujet douloureux, la mort d’un enfant. En effet, comment accepter l’inacceptable? Face à cette situation l’auteur met en avant deux réactions: celle de la mère qui accepte la situation et est prête à laisser partir son enfant et celle du père qui veut lutter contre vent et marée. Le scénario nous narre la fuite du père avec son fils, cette fuite en avant qui vise à éviter l’inéluctable. Tout au long de leur périple,  les liens qui existent entre le père et le fils se renforcent et très vite, on comprend pourquoi le père refuse la situation. Mais, quel est le prix à payer pour cette fuite? Très vite, le père se perd, se consume, comprenant peu à peu qu’il ne pourra pas indéfiniment lutter.

Cyril Pedrosa a décidément le truc pour aller puiser au plus profond de l’âme humaine et la mettre en scène. Il traite ici d’un sujet sensible et nous livre un récit au rythme haletant. Sans s’en rendre compte, on arrive aux dernières pages qui nous laissent tremblant d’émotion. Les personnages de ce roman graphique sont très attachants.

Quant à l’esthétique de Pedrosa, elle est ici différente de celle que je lui connaissais. Ici les traits sont toujours fins et on reconnaît la patte de l’illustrateur mais l’ensemble est en noir et blanc. Moi qui adore la façon dont Cyril Pedrosa joue avec les couleurs, j’ai d’abord été un peu déçue mais très vite, je me suis laissée séduire.

Bref:

Un coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez

bd·Mercredi BD

Les Equinoxes

Les Equinoxes de Cyril Pedrosa, Dupuis

Pour résumer:

Tenter de capter, malgré son évanescence, ce sentiment de solitude qui nous saisit face à la complexité du monde. Cet état d’âme qui, s’il nous isole de nos semblables, est peut-être ce qui fait de nous des humains. Outrepassant par la grâce du dessin le principe selon lequel il faut se taire sur ce dont on ne peut pas parler, Cyril Pedrosa suit les méandres de cette émotion, nous livrant un magistral récit en quatre tableaux. Quatre tableaux, pour quatre saisons et autant de personnages en quête de leur destinée, à travers l’espace et à travers le temps.

Ce que j’en pense:

J’ai découvert Pedrosa grâce au sublissime Portugal. Subjuguée par l’esthétique du roman graphique, je me suis très vite laissée tenter par L’âge d’or qui lui aussi m’a beaucoup plu. Lorsque je suis tombée sur Les Équinoxes à ma médiathèque, j’avoue avoir eu un petit moment d’hésitation face à la grosseur du livre mais pour Cyril Pedrosa je suis presque prête à tout.

Dans ce roman graphique, Pedrosa recueille des petits moments de la vie, des anecdotes, des situations. Il se penche sur la vie quotidienne, décortique les sentiments de ses personnages et à la manière d’un sociologue, nous livre des histoires frappantes, remplies de sensibilité et qui forcément nous touchent. Au fil des saisons, les personnages évoluent, leur sentiment aussi. AU centre de toute cette BD, la solitude. Cette dernière emplit totalement l’oeuvre, cette sensation est distillée et disséquée. De façon intelligente, l’auteur nous montre différentes sortes de solitude.

Mais, Cyril Pedrosa n’est pas seulement un très bon scénariste, c’est également un vrai artiste. Ainsi, il mélange deux styles graphiques. L’un se rapproche plus du style de Portugal avec des traits fins et délicats et des couleurs poétiques et l’autre qui se rapproche plus de L’âge d’or avec des traits plus épais et des couleurs vives. La colorisation est d’ailleurs faite de façon extrêmement intelligente. La palette évolue au fil des saisons. Les couleurs froides envahissent l’hiver, les tons orangés et marrons se mêlent à l’automne, le jaune explose en plein été et le printemps nous livre des verts tendres. On en prend plein les mirettes, c’est beau à vous faire tomber par terre. C’est un tableau magnifique!

Bref:

Un vrai gros coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez

bd

L’âge d’or

L’âge d’or, Volume 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, Dupuis/ Aire Libre

Pour résumer:

La légende parle d’un « âge d’or, où vallées et montagnes n’étaient entravées d’aucune mu-raille. Où les hommes allaient et venaient librement… » 
Mais ce temps lointain est bien révolu. 
Le royaume est accablé par la disette et les malversations des seigneurs de la cour. À la mort du vieux roi, sa fille Tilda s’apprête à monter sur le trône pour lui succéder. Avec le soutien du sage Tankred et du loyal Bertil, ses plus proches conseillers et amis, elle entend mener à bien les réformes nécessaires pour soulager son peuple des maux qui l’accablent. Mais un complot mené par son jeune frère la condamne brusquement à l’exil.

Guidée par des signes étranges, Tilda décide de reconquérir son royaume avec l’aide de ses deux compagnons. Commence alors un long périple, où leur destin sera lié à « L’âge d’or » ; bien plus qu’une légende, bien plus que l’histoire passée des hommes libres et de leur combat, c’est un livre oublié dont le pouvoir est si grand qu’il changera le monde.

Ce que j’en pense:

Dans un univers Moyen-Âgeux, Tilda est l’héritière du royaume de son père. Hélas, un complot la condamne à l’exil. Grâce à Tankrel et Bertil, deux chevaliers, elle arrive à fuir. J’ai donc suivi sa fuite effrénée avec beaucoup d’attention. Durant son périple, elle et ses acolytes vont découvrir le texte de L’âge d’or qui prône l’égalité entre les Hommes peu importe leur rang.

Le scénario est bien construit. La quête de Tilda nous livre une vraie réflexion autour de l’égalité. L’ensemble monte en puissance tout au long du récit. La fin du scénario renferme un véritable climax et renforce le suspens. Forcément, tout cela m’a donné envie de découvrir le volume 2.

Les personnages sont vraiment bien élaborés. Tankrel joue le rôle du fidèle serviteur qui incarne la sagesse. Il est d’une grande importance dans l’aventure. Tilda qui est l’héroïne est une princesse très humaine. Beaucoup de mystères planent autour d’elle. Elle a des visions étranges et des phénomènes inexpliqués se produisent. De plus, le personnage devient de plus en plus sombre tout au long de la lecture. Elle qui était si bonne devient véritablement mauvaise, vile et rancunière. Le personnage éveille forcément la curiosité. Quant à Bertil, il est très attaché à Tilda. La relation de ces deux là est un peu ambiguë. Il se montre très sensible au discours de L’âge d’or et n’hésitera pas à prendre des décisions surprenantes.

Les illustrations quant à elles sont magnifiques. Les couleurs sont sublimes, le style est onirique et les décors féeriques. J’ai apprécié les dessins tout en courbes et volutes. C’est juste sublime!

Bref:

Un véritable coup de cœur!

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

Y a pas que moi qui en parle:

Noukette

Mo

Jacques

bd·Mercredi BD

Portugal de Pedrosa

couv_136421

Portugal de Pedrosa, Aire Libre

Pour résumer:

Quand un retour aux sources imprévu devient renaissance à soi-même.Plus vraiment d’inspiration, plus d’envies et pas de projets, l’auteur de BD Simon Muchat végète doucement dans son boulot d’animateur scolaire, et exaspère Claire, sa compagne, qui le voudrait plus investi. Invité à passer quelques jours au Portugal, dont sa famille est originaire et où il n’était plus allé depuis l’enfance, il va y découvrir une autre façon d’exister et d’être ? et peut-être le début d’une nouvelle inspiration ?

Ce que j’en pense:

Cette BD nous livre la vie de Simon qui se retrouve à un tournant de sa vie et décide de partir faire des recherches sur ses racines.

Le scénario est juste superbe. Le thème des racines est vraiment idéal pour se plonger dans cette découverte du Portugal. C’est un véritable voyage initiatique qui nous est offert. J’ai vraiment cette enquête baignée de soleil.

Toute la BD tourne autour du personnage de Simon. Simon, est un dessinateur pleins de questions et qui se cherche. Il est en quête d’identité. Il est peu bavard et très observateur. C’est un personnage attachant et émouvant.

Autour de lui gravitent de nombreux personnages tous aussi humain les uns que les autres. C’est tout un panel de personnalités que nous présente Pedrosa.

Cette BD est emprunte de mélancolie et de poésie avec une ambiance particulière. L’atmosphère qui se dégage est véritablement solaire et on sent presque les rayons du soleil nous caresser la peau.

L’esthétique est vraiment magnifique. Le trait est léger et fondu dans des couleurs chaudes. C’est juste magnifique. J’en ai pris plein les yeux.

Cette BD donne envie de découvrir le Portugal. Je me suis sentie comme transportée ailleurs. J’ai été très émue à la fin et c’est avec la boule au ventre que j’ai refermé ce magnifique BD.

Bref:

Un coup cœur.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Y a pas que moi qui en parle:

Mo

Oliv’

Yvan

bd-de-la-semaine-saumon-e1420582997574