Roman

Sentinelle de la pluie

Sentinelle de la pluie de Tatiana de Rosnay, Livre de Poche

Pour résumer:

Pour fêter l’anniversaire de Paul et leurs quarante ans de mariage, Lauren réunit la famille à Paris. Linden, le fils, est venu de San Francisco pour l’occasion, et Tilia, la fille, de Londres. Mais depuis plusieurs jours des pluies diluviennes s’abattent sur la Ville Lumière, laissant présager le pire. Pourtant ce n’est pas la crue de la Seine qui menace le plus la famille Malegarde.

Comment se protéger lorsque toutes les digues cèdent et que l’on est submergé ? Face au péril, parents et enfants devront s’avouer ce qu’ils s’étaient toujours caché. Traumatismes, secrets enfouis, coming-out… Tandis qu’en miroir du fleuve les sentiments débordent, le drame monte en crescendo, démultipliant l’intensité des révélations.

Ce que j’en pense:

Tatiana de Rosnay a l’art de raconter des morceaux de vie. Cette fois ci, elle nous transporte dans un Paris submergé par les eaux. Alors qu’une famille se réunit pour fêter ensemble un anniversaire, un événement tragique vient bouleverser leur week-end.

Il y a des récits qui font écho en nous de façon douloureuse. La situation que vont vivre Lauren, Tilia, Linden et Paul est dramatiquement proche d’une situation que j’ai moi même connu. Alors forcément, cette histoire, je me suis plongée dedans avec désespoir, revivant des souvenirs difficiles. L’intrigue est terriblement bien construite et l’intensité dramatique augmente au même rythme que la Seine envahit les rues de Paris. L’atmosphère est lourde, tragique… Là où il n’y a que du malheur, Tatiana de Rosnay nous offre une leçon de vie. Face à cette épreuve, les personnages se dévoilent, les liens se resserrent. Et la beauté de la vie nous frappe en pleine figure alors que tout autour de nous s’effondre.

Pour servir cette histoire, l’auteure s’appuie sur des personnages forts dont Linden qui est le personnage principal. Narrateur, il nous livre son histoire avec beaucoup de sensibilité. Photographe mondialement connu, il revient sur des pans de son passé, dévoilant sa difficulté à assumer son homosexualité et mettant en avant les problèmes relationnels avec sa famille. La parole se libère, les émotions se mettent à nues.

Comme à son habitude, Tatiana de Rosnay a l’art de nous conter des histoires avec simplicité et délicatesse. On ne peut qu’adhérer à son style. L’auteure trouve les mots justes pour nous émouvoir et nous prouve encore une fois qu’elle eut faire mouche.

Bref:

Un coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Documentaire·Prix des Lectrices Elle 2020·Service Presse

Le Consentement

Le Consentement de Vanessa Springora, Grasset

Pour résumer:

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
«  Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Ce que j’en pense:

Je l’avoue, je ne suis pas fan des documents. Ce n’est vraiment pas ce que je préfère. Et pourtant, avec Le Consentement, Vanessa Springora fait mouche. Dès les premières lignes, je me suis sentie complètement transportée. D’emblée j’ai accroché avec le personnage principal. Au fur et à mesure de la lecture, l’intensité dramatique augmente, créant une tension presque palpable. J’ai littéralement dévoré ce document et j’ai retenu tout le long de ma lecture mon souffle. L’histoire de V qui tombe amoureuse de G, un homme de 50 ans et se laisse peu à peu emprisonner dans un cercle vicieux m’a bouleversée. Et que penser lorsque l’on sait que tout cela est une histoire vraie ?

Lire Le Consentement, c’est également accepter de passer par une palette infinie de sentiments. Ce livre est rempli d’émotions fortes allant de la tristesse à la profonde colère. J’ai d’ailleurs encore du mal à comprendre comment les gens ont pu laisser faire une chose pareille. Car cette relation n’avait rien de secret. Elle se passait au vue du monde entier. Mais comment s’élever face au grand intellectuel qu’est G ?

Le document est partagé en différentes parties qui représentent les différents moments de cette relation toxique. Jusqu’au bout, on se demande comment V va se reconstruire. On a envie de l’épauler et de lui dire que ce n’est pas de sa faute, qu’elle était jeune et influençable. En effet, la culpabilité, l’acceptation du statut de victime, la reconstruction sont des parties majeures de ce document. Il montre le pouvoir destructeur que peut avoir un être sur un autre.

De plus, Vanessa Springora use d’un style très agréable. Elle raconte avec des mots simples son histoire. Il y a une certaine pudeur dans ses mots. J’ai vraiment apprécié cette écriture qui se livre en toute humilité.

A sa sortie, ce document a fait l’effet d’une bombe. Dévoilant un secret de polichinelle, Vanessa Springora se livre sans détour pour que plus personne ne ferme les yeux sur ces actes odieux.

Bref:

J’ai pris une vraie claque.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

bd·Mercredi BD

Trois Ombres

Trois Ombres de Cyril Pedrosa, Delcourt

Pour résumer:

Joachim vit paisiblement à l’écart du monde avec ses parents. Mais un soir, ne parvenant pas à trouver le sommeil, ils remarquent des ombres qui semblent les attendre sur la colline en face… Ces dernières apparaissent sous la forme de trois cavaliers et s’évanouissent dès que l’on s’en approche. Ces « choses » sont là pour Joachim. Son père aura-t-il raison de se battre contre l’inéluctable ?

Ce que j’en pense:

Découvrir un nouveau roman graphique de Cyril Pedrosa, c’est un peu comme découvrir une nouvelle merveille. Cet opus ne fait pas exception à la règle.

Trois Ombres raconte l’histoire de Joachim qui vit tranquillement avec ses parents. Mais un jour, trois ombres apparaissent, trois ombres qui sont là pour l’amener. Son père refuse l’évidence est prend la décision de fuir. Avec ce scénario, Cyril Pedrosa aborde un sujet douloureux, la mort d’un enfant. En effet, comment accepter l’inacceptable? Face à cette situation l’auteur met en avant deux réactions: celle de la mère qui accepte la situation et est prête à laisser partir son enfant et celle du père qui veut lutter contre vent et marée. Le scénario nous narre la fuite du père avec son fils, cette fuite en avant qui vise à éviter l’inéluctable. Tout au long de leur périple,  les liens qui existent entre le père et le fils se renforcent et très vite, on comprend pourquoi le père refuse la situation. Mais, quel est le prix à payer pour cette fuite? Très vite, le père se perd, se consume, comprenant peu à peu qu’il ne pourra pas indéfiniment lutter.

Cyril Pedrosa a décidément le truc pour aller puiser au plus profond de l’âme humaine et la mettre en scène. Il traite ici d’un sujet sensible et nous livre un récit au rythme haletant. Sans s’en rendre compte, on arrive aux dernières pages qui nous laissent tremblant d’émotion. Les personnages de ce roman graphique sont très attachants.

Quant à l’esthétique de Pedrosa, elle est ici différente de celle que je lui connaissais. Ici les traits sont toujours fins et on reconnaît la patte de l’illustrateur mais l’ensemble est en noir et blanc. Moi qui adore la façon dont Cyril Pedrosa joue avec les couleurs, j’ai d’abord été un peu déçue mais très vite, je me suis laissée séduire.

Bref:

Un coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

Prix des Lectrices Elle 2020·Roman·Service Presse

Rien n'est noir

Rien n’est noir deClaire Berest, Stock

Pour résumer:

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.»

Ce que j’en pense:

Frida Kahlo, artiste peintre mexicaine, est mise à nue dans ce roman. Le lecteur se retrouve plongé dans la vie de cette jeune femme à la vie mouvementée et passionnante. Tout commence par un accident, celui qui marquera sa vie entière. Frida se réveille avec la colonne brisée. Alors que tout le monde pense qu’elle ne marchera plus jamais, elle se relève la tête haute et se lance dans la peinture. Ce simple fait, montre à quel point Frida peut se montrer déterminer. Très vite, elle rencontre Diego Rivera qu’elle va épouser et qui sera l’amour de sa vie. Le roman raconte la carrière de la peintre mais aussi son histoire d’amour tumultueuse.

J’avais déjà entendu parler de cette artiste, mais j’avoue que je ne connaissais rien d’elle. À travers ce roman, j’ai découvert la femme derrière la peinture. J’ai découvert le courage, l’abnégation, la souffrance physique de ce personnage au fort caractère. L’auteure nous narre une vie mais ne se montre jamais intrusive. On entre dans l’intimité de l’artiste sans devenir voyeuriste. Et pourtant, certains passages nous montrent la peintre dans des situations délicates (comme sa fausse couche par exemple). J’ai apprécié ce style simple et efficace. Il y a une délicatesse dans l’écriture de Claire Berest qui confère aux mots un pouvoir envoûtant. Tout au long du récit, on sent le respect de l’auteure pour l’artiste.

Enfin, comment ne pas être touché par Frida et son histoire. J’ai aimé la voir évoluer dans sa peinture. Malheureusement, plus sa peinture est stupéfiante, plus sa vie est triste. L’artiste semble sans cesse étonnée par l’intérêt que lui porte les gens. Malgré certaines extravagances extérieures, Frida est montrée comme une femme qui a su rester simple et humaine.

Jusqu’au bout, Claire Berest nous guide dans la vie de cette peintre hors norme. Jusqu’aux derniers instants, la magie opère. Les dernières pages m’ont laissé une petite boule d’émotion dans la gorge et quelques larmes aux coins des yeux. Alors, pour faire vivre plus longtemps la grande Frida Kahlo, j’ai ouvert mon moteur de recherche et j’ai admiré ses peintures. Chacune d’elle décrivait un moment de sa vie et c’est ainsi que Frida devint éternelle.

Bref:

Un véritable coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

bd·Mercredi BD

Mon année en BD

Et voilà, c’est déjà la fin de l’année. 2019 aura été une année remplie de belles lectures notamment de  belles BD. Grâce au rendez-vous du mercredi, j’ai découvert de multiples blogs derrière lesquels se cachent de formidables personnes. J’ai également découvert une multitude de BD, allongeant de façon vertigineuse ma wish- list déjà bien remplie.

Alors, pour clôturer cette année en bulles, je vous présente mes 5 tops de l’année. C’est parti! (Conseil: imaginez vous une musique festive et entraînante afin de rythmer la lecture de cet article).

Pour lire les chroniques des BDs, il suffit de cliquer sur l’image.

Cbs Love GIF by LoveIslandUSA

On commence avec Moi, ce que j’aime, c’est les monstres que j’ai apprécié pour sa superbe esthétique.

On poursuit avec Speak qui m’a profondément émue.

On continue avec les Ogre- Dieux qui m’a fasciné.

Je ne pouvais pas parler des tops sans parler du superbe Le prince et la couturière.

Et enfin, mon dernier choix se portera sur Shi qui est une série fascinante.

En choisir seulement 5 a été une torture! Si vous désirez découvrir plus de BD, il suffit de cliquer sur BD dans Catégories (colonne de droite).

Enfin je vous souhaite pleins de belles bulles pour cette fin d’année et je vous invite à aller découvrir les tops et/ou flop sur les autres blogs.

Aucune description de photo disponible.

Cette semaine chez Noukette