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Le chemisier

Le Chemisier de Bastien Vivès, Casterman

Pour résumer:

Étudiante en Lettres classiques à la Sorbonne, Séverine n’est ni belle, ni laide, ni brillante, ni médiocre. La jeune femme coule une existence banale, sans éclat mais sans drame, aux côtés d’un compagnon qui lui prête moins d’attention qu’aux séries télévisées ou aux jeux vidéo. À l’issue d’un baby-sitting, elle se voit prêter un chemisier en soie qui va mystérieusement changer sa vie. Du jour au lendemain, les hommes posent sur elle un regard différent, chargé de désir. Le vêtement est-il doté d’un pouvoir magique ? Séverine l’ignore, mais elle constate qu’il lui permet de se sentir davantage en confiance. Et de reprendre en main son destin…

Ce que j’en pense:

Séverine, étudiante en lettres, est transparente. Tout change à cause d’un chemisier qui révèle sa silhouette.

Voilà, je lis mon premier Vivès. J’ai lu beaucoup d’avis partagés sur l’oeuvre de Vivès et je voulais me faire ma propre opinion. C’est avec Le Chemisier que j’ai décidé de sauter la pas. 

Pour le coup, le scénario tourne autour de l’influence du regard des autres sur notre propre regard. Grâce à ce chemisier, Séverine va se libérer sexuellement et faire des choses dont elle ne se pensait pas capable. C’est un véritable jeu des apparences qui se noue. Le chemisier va permettre au personnage de s’affirmer et lui permet de se questionner sur sa vie de jeune femme adulte.

Ce one-shot a un côté plutôt dérangeant, certaines planches ne m’ont pas vraiment mises à l’aise. L’auteur insiste sur le regard des hommes. Ce regard, très sexualisé, fait de Séverine un objet de désir. Finalement, quel est le message derrière cette BD? Je me pose encore la question. 

L’esthétique en noir et blanc est très simple. Parfois les personnages n’ont pas de regard pour mettre d’autres détails en avant qui sont parfois là aussi plutôt dérangeants.

Bref:

Une BD qui m’a dérangée par certains aspects.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

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Le reste du monde et Le monde d’après

Le reste du monde de Jean-Christophe Chauzy, Casterman
Le monde d’après de Jean-Christophe Chauzy, Casterman

Pour résumer:

Comment garder sa part d’humanité en s’efforçant de survivre ?
 
Dernière soirée de vacances pour une jeune femme récemment plaquée,qui a du mal à faire face à sa nouvelle situation de mère d’ados célibataire. Et c’est un crève cœur de fermer le chalet d’alpage où elle avait pour un temps trouvé refuge. Quand un orage de montagne d’une violence inouïe éclate, suivi de secousses sismiques, celle qui se croyait dévastée, va comprendre ce qu’est la vraie dévastation…

Destruction en chaîne, fin des communications, des blessés et des morts partout et surtout des secours qui survolent la zone et ne s’arrêtent pas.

S’engage alors une lutte pour la vie, où pour protéger les siens et continuer à avancer coûte que coûte il faut réapprendre l’instinct, les gestes de survie, tout en évitant de sombrer dans la sauvagerie.

Ce que j’en pense:

Marie profite du dernier jour de vacances avant la rentrée pour faire du rangement mais un événement va bouleverser sa vie et celle de ses deux fils. La famille va devoir survivre suite à ce désastre apocalyptique.

Le scénario a des allures de fin du monde et est rempli de mystère. Où s’arrête le désastre? Qu’est-ce qui s’est réellement passé? On peut dire que l’auteur ne ménage pas le lecteur!

Le tome 1 met en avant le point de vue de Marie qui doit garder la tête froide et essayer de survivre et de protéger ses fils.

Le tome 2 quant à lui se consacre au point de vue des deux fils.

J’ai beaucoup d’admiration pour le personnage de Marie qui a une sacrée force de caractère. Elle se bat pour sa famille avec fougue. Les enfants quant à eux sont quelques peu agaçants…

Chauzy nous livre donc un récit de survie avec des personnages forts.

L’esthétique est sombre avec de nombreux paysages. C’est angoissant à souhait. Je ne suis pas forcément conquise par le graphisme mais l’ensemble fonctionne plutôt bien. 

J’attends de voir avec impatience ce que va nous révéler le tome 3.

Bref:

Une lecture angoissante.

Si je devais le noter:

4-plumes

Un petit aperçu:

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bd·Mercredi BD

Le Joueur d’Echecs

Le Joueur d’Echecs de David Sala, Casterman

Pour résumer:

David Sala adapte le chef d’œuvre de Stefan Zweig en BD.

Les premiers pas furent un fiasco, je n’arrêtais pas de m’embrouiller, cinq, dix, vingt fois, je dus reprendre le début de la partie.
Mais j’avais tout mon temps… Moi, l’esclave du néant…

1941. Dans les salons feutrés d’un paquebot en route pour l’Argentine, le champion du monde d’échecs affronte lors d’une ultime partie un aristocrate viennois, dont l’incroyable maîtrise du jeu est née dans l’antre de la tyrannie. 
Cette dénonciation poignante et désespérée de la barbarie nazie est le dernier texte écrit par Stefan Zweig avant son suicide.

Ce que j’en pense:

Quelque chose est certain, cette lecture ne vous laissera pas indifférent! Le scénario est très habile et mène le lecteur dans les méandres de cette histoire très prenante. C’est tout simplement envoûtant. Les récits sont enchâssés et il flotte un petit air de surréalisme.

Les personnages sont à la limite de la folie et tout semble tellement irréel dans une ambiance d’après guerre où chacun essaie de se reconstruire comme il le peut.

Le tout est servi par une esthétique magnifique. Les traits sont fins et délicats ce qui crée un contraste avec la dureté des expressions faciales. Les couleurs sont sublimes le décor est très géométrique, presque hypnotique.

Bref:

Un véritable coup de cœur.

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Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez

bd·Littérature de Jeunesse

Momo

Momo, Tome 1 de Jonathan Garnier et Rony Hotin, Casterman

Pour résumer:

Avec Momo, Jonathan Garnier et Rony Hotin recomposent le parfum inoubliable de l’enfance.
 
« Hey le bon dieu ! Dis à mon papa qu’il faut qu’il rentre vite ! Et dis-lui que je lui fais des gros bécots ! Et mamy aussi, elle lui fait des bécots ! … Même si elle pique un peu… »

Avec Momo, Jonathan Garnier et Rony Hotin recomposent le parfum inoubliable de l’enfance. Le temps des copains, des découvertes, des petites bêtises, des grands bonheurs et des gros chagrins. Le temps aussi d’un émerveillement constant que contrarient parfois les réalités du monde adulte.

Ce que j’en pense:

Quand j’ai regardé cette magnifique couverture, je me suis d’emblée sentie attirée par cette BD. Momo, son petit short, sa tignasse hirsute et surtout ses grands yeux… Je n’ai pu m’empêcher de me demander ce que cachait ce regard.

Momo est une petite fille qui vit avec sa grand- mère lorsque son père part en mer. Le scénario est très touchant. On découvre cette petite fille mal dans sa peau et qui a du mal à se sociabiliser. Un peu étrange aux yeux des autres enfants, Momo souffre de son image. L’intrigue nous fait suivre les pas de cette petite fille si émouvante. On ne peut que être émue par ce personnage que l’on a envie de prendre dans ses bras et de rassurer. Et que dire de la fin de ce tome? Elle relance complètement l’intrigue et ouvre tout un panel de possibilités pour le tome 2.

J’ai aimé le côté espiègle de Momo, sa fragilité, sa sensibilité. J’ai aimé cette grand- mère qui tente de faire que sa petite fille se sente bien dans sa peau. ce duo est tout en émotion et leur lien m’a énormément touché.

J’ai été surprise par le dessin au tout début de ma lecture. Mais, finalement, je me suis laissée séduire. C’est une véritable explosion de couleurs qui s’offre à nous. Les traits sont fins et délicats et rappellent par certains côtés le style de dessin des mangas.

Bref:

Un coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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bd·Mercredi BD

Dolor de Catel et Philippe Paringaux

9782203015913

Dolor de Catel et Philippe Paringaux, Casterman

Pour résumer:

Libre et farouchement indépendante, Dolor, 38 ans, journaliste, virevolte entre les amants, menant sa vie à la hussarde. Pourtant, cette jeune femme au caractère bien trempé dissimule une blessure : la disparition soudaine de son père, Paco, qui les a abandonnées, elle et sa mère, alors qu’elle était encore enfant.
Or voilà que le souvenir de Paco se ravive brusquement. Dolor vient d’être avisée de son décès et, lors de l’enterrement, se voit remettre une mystérieuse enveloppe contenant de nombreux documents : des photos, des souvenirs et, surtout, un journal intime. Dolor part alors sur les traces de ce père qu’elle a si peu connu.

Ce que j’en pense:

Dolor vient de perdre son père qui l’avait abandonné il y a des années. Le jour de l’enterrement, elle récupère une enveloppe qui va l’amener sur le chemin de son père. Cette BD nous livre donc une quête autour d’un secret de famille.

Le scénario est bien ficelé et rythmé. Cela a été un vrai plaisir de découvrir l’histoire de Dolor. Cette dernière est un personnage complexe qui va découvrir un grand secret qui va complètement la bouleverser. Il est difficile de ne pas en dire trop, donc je ne vais pas trop m’étaler.

En revanche, j’ai eu un peu de mal avec l’esthétique. Ce n’est pas forcément le dessin qui m’a dérangé mais plutôt le traitement des couleurs.

Bref:

Une BD agréable mais au visuel qui ne m’a pas entièrement séduit.

Si je devais le noter:

3-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Stephie.

bd·Mercredi BD

Olympe de Gouges de Catel et Bocquet

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Olympe de Gouges de Catel et Bocquet, Casterman

Pour résumer:

De Montauban en 1748 à l’échafaud parisien en 1793, quarante cinq ans d’une vie féminine hors-normes, et l’invention d’une idée neuve en Europe : la lutte pour les droits des femmes. Née dans une famille bourgeoise de province, sans doute fille adultérine d’un dramaturge à particule, Marie Gouze dit Olympe de Gouges a traversé la seconde moitié du XVIIIe siècle comme peu de femmes l’ont fait. Femme de lettres et polémiste engagée, elle se distingue par son indépendance d’esprit et l’originalité parfois radicale de ses vues, s’engageant pour l’abolition de l’esclavage et surtout pour les droits civils et politiques des femmes. Opposée aux Robespierristes et aux ultras de la Révolution, elle est guillotinée pendant la Terreur.

Ce que j’en pense:

Catel et Bocquet sont de vrais spécialistes des biographies de grandes femmes de notre Histoire. Avec ce roman graphique d’une épaisseur de 300 pages, ils nous livrent avec brio le destin d’Olympe de Gouges.

J’avoue, je ne connaissais pas du tout ce personnage historique et j’ai adoré découvrir sa vie sous la Révolution Française. J’ai découvert une femme majeure! Olympe a eu une vie incroyable!

Le roman graphique est tellement riche, c’était un vrai morceau de bravoure de s’attaquer à une telle vie et les 300 pages ne sont pas de trop pour dépeindre tout ce que cette femme a vécu. De la naissance modeste, à l’adolescence pauvre en passant par sa passion pour le théâtre et sa libre façon de penser, Olympe de Gouges est un personnage digne d’être retenu. Cette BD est une vraie mine d’informations.

L’esthétique me plaît toujours autant et reste fidèle aux précédents opus des auteurs comme avec Joséphine Baker par exemple. Tout est entièrement en noir et blanc avec pleins de petits détails dans les tenues et les décors. On sent que tout est très documenté.

Bref:

Un petit bijou dont je vous conseille la lecture.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Moka.

bd·Mercredi BD

Le Journal de mon Père de Jirô Taniguchi

9782203003385

Le Journal de mon Père de Jirô Taniguchi, Casterman

Pour résumer:

De retour dans sa ville natale pour les obsèques de son père, Yoichi se remémore son enfance. Dans ce récit intimiste, Taniguchi nous restitue toute la profondeur des sentiments et des émotions d’un homme qui plonge dans ses souvenirs.

Ce que j’en pense:

Mon amour pour Jirô Taniguchi est infini et à chaque oeuvre découverte, je suis complètement envoûtée. Avec Le Journal de mon Père, le mangaka nous livre un opus d’une sensibilité à fleur de peau.

À l’annonce de la mort de son père, Yoichi doit retourner dans sa ville natale pour la veillée funèbre. C’est à cette occasion, qu’il redécouvre son père et se rend compte que ses rancœurs l’ont empêchées de profiter de ce père maintenant disparu.

Le scénario est sublime alternant moments présents et souvenirs du passé.

Ce roman graphique est profondément émouvant et prend aux tripes. C’est triste, plein de regrets mais il y a aussi de vrais beaux moments.

L’esthétique est sublime et impeccable comme d’habitude. C’est fin et délicat, avec pleins de petits détails.

Bref:

Une vraie belle BD.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

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Y a pas que moi qui en parle:

Tachan

Encore plus de Jirô Taniguchi:

Le gourmet solitaire

Les gardiens du Louvre

L’homme qui marche

L’Orme du Caucase

La Forêt Millénaire

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