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Formica

Formica, Une tragédie en trois actes de Fabcaro, 6 Pieds sous terre

Pour résumer:

C’est dimanche, c’est le jour du repas en famille, tout le monde est ravi de se retrouver ensemble autour de la table. Alors que tout est prévu pour faire de ce rendez-vous un moment d’amour et de partage surgit tout à coup la question à laquelle personne n’avait pensé : De quoi on pourrait parler ? Formica est construit comme une pièce de théâtre, avec une unité de lieu et de temps, et découpé en trois actes. Tragique. Mais pas que…

Ce que j’en pense:

Encore une fois Fabcaro nous a concocté une BD comme il sait si bien les faire. Avec un ton bien à lui, il décortique les fameux repas dominical en famille. Nous retrouvons donc une famille lambda, un dimanche et c’est là que le drame survient irrémédiablement ! Effectivement, les adultes ne savent pas de quoi parler. Alors forcément, Fabcaro s’appuie sur cette situation truculente pour nous dérouler une tragédie en trois actes.

Le premier acte est une sorte de mise en bouche, il présente la situation et les protagonistes et le ton est donné. L’humour sera grinçant et sarcastique et les situations ridicules.

Le deuxième acte est dans la droite lignée du premier avec une légère montée en puissance mais sans réel plus.

Quant au troisième acte, il est sans doute celui qui pousse la situation dans le paroxysme du ridicule. Je n’ai pas franchement adhéré à ce dernier acte qui pour moi allait bien trop loin et partait un peu dans tous les sens ce que je trouve dommage.

Cela n’enlève en rien à l’humour de Fabcaro mais là, j’avoue que c’était too much.

D’un point de vue esthétique, le trait est fidèle à l’illustrateur, fin, propre et net. D’habitude, les personnages de Fabcaro n’ont pas vraiment de visages mais ici c’est le cas et je trouve cela plutôt sympa. J’ai trouvé que les expressions faciales étaient précises et bien retranscrites, ce qui donne un petit côté réaliste. J’émettrai un petit bémol sur l’utilisation de la couleur. Bien que peu présente, je l’ai trouvé un peu trop vive et j’aurai préféré plus de nuances.

Bref, Fabcaro a su à nouveau me séduire mais pas complètement cette fois ci. Néanmoins, je vous conseille cette lecture afin que vous puissiez relativiser sur vos propres déjeuners en famille.

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Cette semaine chez Noukette.

Un petit aperçu:

Ma chronique en vidéo:

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Battue

Battue de Lilian Coquillaud et Marine Levéel, 6 Pieds sous terre

Pour résumer:

Alors qu’elle mène une nouvelle vie, loin de sa contrée natale et de ses racines, Camille reçoit la visite d’Hassan, un ami d’enfance devenu journaliste. Des retrouvailles amères qui font ressurgir un passé qu’elle avait chassé depuis longtemps.

Hassan cherche à infiltrer la « Grande Battue », chasse exclusive menée une fois l’an dans les montagnes de leur région par les Blanchistes, un groupuscule d’influence néo-païenne et réputé proche de l’extrême-droite. il voudrait mettre au jour ce mouvement et son idéologie, persuadé depuis toujours que cette chasse cache les complots ou les exactions qui permettraient de les dissoudre. Camille, fille repentie d’un Blanchiste, pourrait l’aider dans sa mission. Très froide, la jeune femme prend rapidement congé de son vieil ami : elle ne veut plus se pencher sur cette part de son histoire. Les hasards de la vie, avec la mort de son père, figure tutélaire de ce mouvement, se chargeront de brouiller ses plans et la feront replonger dans ce passé haï qu’elle avait fui enfant, grâce à sa mère. 

Ce que j’en pense:

Dans un premier temps, j’avoue que je ne m’attendais vraiment pas à cela. Je pensais lire bêtement l’histoire d’une femme battue mais gare aux homophones ! La Battue désigne ici un type bien précis de chasse. Autant vous dire que j’étais loin du compte.

Avec Battue, j’ai été plongée dans un univers complètement inconnu, celui des sectes. Ici j’ai découvert les Blanchistes, un groupuscule proche de l’extrême droite au rite de passage musclé. Camille qui avait réussir à fuir cet environnement dans son enfance se retrouve mêlée à la fameuse Battue. Espionne parmi les siens, elle va essayer de donner le plus d’informations à son ami Hassan un  journaliste qui cherche depuis longtemps à démanteler ce réseau.

Le scénario a eu, je dois l’avouer, un peu de mal à me séduire au départ. Et puis, au fil des pages et des vignettes, je me suis retrouvée complètement prise dans cette histoire forte. Le récit est raconté du point de vue de Camille, le lecteur se retrouve donc dans sa tête. Cette immersion directe dans l’esprit du personnage mais également dans cette secte m’a rendue très vite empathique avec Camille. J’ai découvert avec curiosité, les différentes étapes de cette Grande Battue, j’ai frémi avec elle, j’ai parfois éprouvé du dégoût. Sans même m’en rendre vraiment compte, je suis devenue Camille. Le scénario est habilement construit car au fil des pages, les autres protagonistes tentent de rallier à nouveau à leur cause la jeune femme. Leur discours nous heurte dans un premier temps et au fur et à mesure de notre immersion, le regard change de façon étrange et subtile.

Lilian Coquillaud sème le doute au détour de gestes et de mots simples, dénonçant le pouvoir envoûtant que peuvent avoir les sectes.

D’un point de vue esthétique, c’est une vraie claque. Là aussi, j’ai eu du mal au départ. Ces traits parfois flous m’ont légèrement dérangée. Et tout à coup, la magie opère. Je tourne une page et un magnifique paysage s’offre à mes yeux. C’est beau, c’est lumineux, c’est plein de couleurs, c’est tout ce que j’aime mais en mieux.

Finalement, l’ensemble m’aura complètement séduite. Les dernières pages, sont comme la dernière ligne droite de cette Grande Battue, éprouvante, lumineuse…Je suis arrivée à la fin de ma lecture à bout de souffle avec une espèce de sidération. Je garderai un souvenir marquant de cette BD qui a su me toucher vraiment.

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Un petit aperçu:

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Cette semaine chez Moka.