bd·Mercredi BD

Brigade Verhoeven- Irène

Brigade Verhoeven, Tome 2: Irène de Bertho, Lemaitre et Corboz, Rue de Sèvres

Pour résumer:

Le lundi 7 avril 2003, Camille Verhoeven, commandant à la Brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime dans une friche industrielle de Courbevoie. Deux femmes ont été torturées, tuées, dépecées… Un crime particulièrement épouvantable et déroutant. Un assassin qui a tout prévu, jusque dans le moindre détail et qui, semble-t-il, connaît bien Verhoeven. Un peu atypique, notre commandant : la quarantaine, né hypotrophique, chauve comme un oeuf, amoureux d’Irène et bientôt père de famille. Accompagné de son équipe hétéroclite et efficace, parviendra-t-il à arrêter ces crimes avant qu’il ne soit trop tard ?

Ce que j’en pense:

Me voici enfin en possession du tome 2 de Brigade Verhoeven. J’avais beaucoup aimé le 1er tome qui m’avait transportée dans l’univers de Pierre Lemaitre.

Le scénario de ce deuxième tome est sous tendu par une tension permanente. Cette dernière devient de plus en plus ténue au fil de l’histoire. Construit de façon machiavélique, on ne peut qu’être happé par cette lecture. Lors de ce tome, l’indicible se passe et comme très souvent, avec la Brigade Verhoeven une affaire est résolue.

J’ai apprécié l’évolution des personnages qui gagnent en humanité et en épaisseur. On découvre d’autres pans de leur personnalité. C’est vraiment appréciable de voir que les personnages grandissent et se modèlent en fonction des événements qu’ils traversent. Ainsi, on découvre de vraies blessures.

L’esthétique est fidèle au premier tome. Il y a pleins de détails, les dessins sont d’un trait fin. L’ambiance des couleurs est toujours très tranchée ce qui colle parfaitement à l’atmosphère de la BD.

Bref:

Une deuxième tome à la hauteur du premier.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez Moka

bd·Mercredi BD

La parole du muet

La parole du muet, Tome 1: Le géant et l’effeuilleuse de Laurent Galandon et frédéric Blier, Bamboo Edition

Pour résumer:

Fin des années 1920. Célestin n’a qu’un rêve en tête : réaliser des films. Fraîchement débarqué à Paris, il devient décorateur pour un grand studio, où il rencontre Constance qui lui fait lire une histoire qu’elle a écrite. Enthousiaste, il décide de la porter à l’écran, malgré son inexpérience. Aidé de quelques amis, il va investir la nuit les studios pour réaliser son film !

Ce que j’en pense:

Avec cette BD, le lecteur fait un plongeon dans les années 20. L’apparition et l’expansion du cinéma muet est au centre de ce scénario qui a su me captiver dès les premières planche.

Nous découvrons donc le personnage de Célestin, un homme au physique massif qui s’avère très vite être un nounours rêveur. Fasciné par le monde du cinéma, il veut réaliser ses propres films. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Célestin a une sacrée culture cinématographique. Son arrivée à Paris, sera marquée par la découverte d’un nouveau genre de film, les pornos. Il se retrouve donc à observer une femme entrain de s’effeuiller. À la sortie de la séance, Célestin a pris sa décision, l’effeuilleuse sera l’héroïne de son futur film.

Le scénario est passionnant. Il nous plonge dans une histoire émouvante. J’aime ce rythme qui rappelle justement les films des années 20. Le tout est soutenu par des personnages touchants. En effet, la galerie de protagonistes est magnifiques. Ils ont su m’émouvoir par leur sensibilité et leurs choix. J’espère que le deuxième tome offrira une belle évolution à tous ces personnages.

L’esthétique est quant à elle est très belle. J’ai adoré la façon dont les personnages sont dessinés. Les vignettes fourmillent de détails et c’est véritablement sublime. Mention spéciale à Sébastien Bouet dont le traitement des couleurs complètent cette ambiance très années 20 qui a su me séduire.

Bref:

Un coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez

bd·Mercredi BD

Les ignorants

Les ignorants d’Etienne Davodeau, Futuropolis

Pour résumer:

Par un beau temps d’hiver, deux individus, bonnets sur la tête, sécateur en main, taillent une vigne. L’un a le geste et la parole assurés. L’autre, plus emprunté, regarde le premier, cherche à comprendre « ce qui relie ce type à sa vigne », et s’étonne de « la singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents ».
Le premier est vigneron, le second auteur de bandes dessinées.
Pendant un an, Étienne Davodeau a goûté aux joies de la taille, du décavaillonnage, de la tonnellerie ou encore s’est interrogé sur la biodynamie.
Richard Leroy, de son côté, a lu des bandes dessinées choisies par Étienne, a rencontré des auteurs, s’est rendu dans des festivals, est allé chez un imprimeur, s’est penché sur la planche à dessin d’Étienne…
Étienne et Richard échangent leurs savoirs et savoir-faire, mettent en évidence les points que ces pratiques (artistiques et vigneronnes) peuvent avoir en commun ; et ils sont plus nombreux qu’on ne pourrait l’envisager de prime abord…

Ce que j’en pense:

Suite à ma chronique sur Vin, gloire et bonté, de nombreux commentaires m’ont orientée vers la lecture des Ignorants d’Etienne Davodeau. Comme par magie, je suis tombée dessus en amenant mes élèves à la médiathèque du village. Ni une, ni deux, me voilà repartie avec le livre sous le bras, prête à me lancer dans sa lecture.

Ce roman graphique parle de la vigne, des vignerons, de la fabrication du vin mais aussi du monde de la BD et de l’ensemble qui s’entremêle. Le lecteur va donc devenir le témoin privilégié d’une amitié entre Etienne Davodeau et Richard Leroy. Les deux compères vont donc passer une année ensemble, partageant leurs passions.

Là où Vin, gloire et bonté ne montrait que le côté des critiques du vin, ici nous découvrons l’envers du décor. Ainsi, l’amour de la terre et le respect de la nature sont au centre de ce roman graphique. J’ai particulièrement aimé, les échanges entre les deux amis et la façon dont les deux compères se complètent.

J’ai aimé énormément de choses dans ce roman graphique. J’ai vraiment apprécié les références au monde de la BD. J’ai adoré voir ces deux mondes qui se rencontrent et se trouvent pleins de points communs. J’ai aimé la tendresse que se dégage de ce récit souvenir. J’ai aimé la complicité qui s’étoffe entre les deux hommes au fil des pages.

D’un point de vue esthétique, l’utilisation du noir et blanc ne m’a pas dérangée plus que ça, bien que au vue des paysages la couleur aurait pu donner un sacré rendu. Les traits de Davodeau sont clairs et il pousse le détail ce qui est appréciable.

Bref:

Une lecture instructive et tendre aux confins des coteaux.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez Noukette.

bd·Mercredi BD

Trois Ombres

Trois Ombres de Cyril Pedrosa, Delcourt

Pour résumer:

Joachim vit paisiblement à l’écart du monde avec ses parents. Mais un soir, ne parvenant pas à trouver le sommeil, ils remarquent des ombres qui semblent les attendre sur la colline en face… Ces dernières apparaissent sous la forme de trois cavaliers et s’évanouissent dès que l’on s’en approche. Ces « choses » sont là pour Joachim. Son père aura-t-il raison de se battre contre l’inéluctable ?

Ce que j’en pense:

Découvrir un nouveau roman graphique de Cyril Pedrosa, c’est un peu comme découvrir une nouvelle merveille. Cet opus ne fait pas exception à la règle.

Trois Ombres raconte l’histoire de Joachim qui vit tranquillement avec ses parents. Mais un jour, trois ombres apparaissent, trois ombres qui sont là pour l’amener. Son père refuse l’évidence est prend la décision de fuir. Avec ce scénario, Cyril Pedrosa aborde un sujet douloureux, la mort d’un enfant. En effet, comment accepter l’inacceptable? Face à cette situation l’auteur met en avant deux réactions: celle de la mère qui accepte la situation et est prête à laisser partir son enfant et celle du père qui veut lutter contre vent et marée. Le scénario nous narre la fuite du père avec son fils, cette fuite en avant qui vise à éviter l’inéluctable. Tout au long de leur périple,  les liens qui existent entre le père et le fils se renforcent et très vite, on comprend pourquoi le père refuse la situation. Mais, quel est le prix à payer pour cette fuite? Très vite, le père se perd, se consume, comprenant peu à peu qu’il ne pourra pas indéfiniment lutter.

Cyril Pedrosa a décidément le truc pour aller puiser au plus profond de l’âme humaine et la mettre en scène. Il traite ici d’un sujet sensible et nous livre un récit au rythme haletant. Sans s’en rendre compte, on arrive aux dernières pages qui nous laissent tremblant d’émotion. Les personnages de ce roman graphique sont très attachants.

Quant à l’esthétique de Pedrosa, elle est ici différente de celle que je lui connaissais. Ici les traits sont toujours fins et on reconnaît la patte de l’illustrateur mais l’ensemble est en noir et blanc. Moi qui adore la façon dont Cyril Pedrosa joue avec les couleurs, j’ai d’abord été un peu déçue mais très vite, je me suis laissée séduire.

Bref:

Un coup de cœur.

giphy

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez

bd·Mercredi BD

Open Bar

Open Bar de Fabcaro, Delcourt

Pour résumer:

Que fait un bébé éléphant dans la salade ? Quels sont les ingrédients pour s’assurer un horrible voyage en TGV ? L’Inde ou le

 Yémen, quel pays visiter pour pouvoir mieux frimer ? On découvre sous un angle inédit, à la sauce Fabcaro, la rentrée littéraire, la rentrée sociale, l’alimentation bio, la radicalisation, tout ce qui fait notre quotidien, qui deviendra bien plus supportable et léger après la lecture du livre.

Ce que j’en pense:

Fabcaro ou l’art de mettre en lumière les situations les plus absurdes de la vie quotidienne.  Alors, on aime ou on n’aime pas, en tout cas, moi j’adore!

Chaque planche peut se lire individuellement et décrit donc une situation où l’absurde est de rigueur. Le regard de Fabcaro est impitoyable et, avec humour, il met en lumière des situations du quotidien. L’air de rien, tout le monde en prend pour son grade: les politiques, le monde des médias, les bobos écolos…

Le trait de Fabcaro reste épuré. Les traits sont fins et il n’y en a aucun décor. Les personnages n’ont aucun visage et sont donc peu expressif ce qui rajoute au côté absurde. Les dialogues sont finement ciselés. C’est un véritable délice!

Bref:

Fabcaro fait mouche, comme à chaque fois.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

bd_de_la_semaine_big_red

Cette semaine chez