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Puisqu'il faut des hommes

Puisqu’il faut des hommes-Joseph de Pelaez et L. Pinel, Grand Angle

Pour résumer:

Parfois, il est des secrets qu’il vaut mieux taire.

1961 – Joseph revient d’Algérie. Pour les habitants du village, il n’est qu’un planqué qui officiait dans un bureau plutôt que sur les zones de combat, un lâche qui a esquivé les durs travaux de la ferme. Personne ne lui pardonne d’avoir abandonné sa famille, alors que son frère est cloué sur une chaise roulante, victime d’un accident de tracteur pendant son absence. D’enfant du pays, Joseph revient en paria. Heureusement, l’honneur du village est sauf : le fils du cafetier, lui, s’est battu en Algérie. Mais quand il revient à son tour de la guerre et révèle aux habitants le secret de Joseph, l’invraisemblable vérité éclate au grand jour.

Ce que j’en pense:

A son retour de la Guerre d’Algérie, Joseph n’est pas accueilli en héros. Traité de planqué par les habitants du village, méprisé par son père, il va tenter de se réapproprier sa vie. Mais comment faire quand on a vu les horreurs de la guerre? Comment faire lorsque l’amour que l’on avait dû quitter a refait sa vie? Comment faire lorsque durant son absence, son frère a eu un accident qui l’a cloué dans un fauteuil?

Cette BD au scénario au cordo, traite du stress post traumatique et du retour à la vie ordinaire lorsque l’on revient d’une telle épreuve. J’ai été très touchée par cette histoire, par la sensibilité et le mal être de Joseph. J’ai également été outrée par les réactions des proches et des gens du village qui jugent sans savoir. La violence morale et physique dont est victime Joseph est innommable.

Le personnage de Joseph est très mystérieux. Tout ce que nous savons de lui, c’est qu’il rentre de la Guerre. Le lecteur découvre le personnage à travers les propos et le regard des autres. D’après les dires, il serait donc fainéants, pédants et surtout un planqué et un pleutre. Mais que cache vraiment Joseph? Car très vite, on perçoit une blessure, une sensibilité à fleur de peau… Joseph est donc un personnage fort. Sa relation avec son père m’a particulièrement marquée car on sent une véritable rancœur. Finalement, le dénouement lèvera le voile sur le secret de Joseph, à vous de le découvrir.

D’un point de vue esthétique, j’ai trouvé l’ensemble vraiment très beau. Les traits sont fins et il y a pleins de détails dans le décor des vignettes. Les couleurs sont dans des tons sépias ce qui confère une certaine nostalgie à l’ensemble. Le graphisme utilisé dégage une ambiance qui colle parfaitement à l’époque où se déroule l’histoire et cela permet d’être complètement immergé.

Bref:

Une vraie belle BD.

Si je devais le noter:

5-plumes

Un petit aperçu:

Pour pouvoir feuilleter la BD c’est par ici!

19 commentaires sur “Puisqu'il faut des hommes

  1. Ouh, ce que tu en dis me plait beaucoup. Entre l’ambiance, la veine graphique et l’intrigue, je suis très tentée à l’idée de pouvoir un jour lire cet album 🙂

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