essai·Prix des Lectrices Elle 2020

19 femmes

19 femmes de Samar Yazbek, Stock

Pour résumer:

« 19 femmes est le fruit d’une série d’entretiens que j’ai menés avec des Syriennes dans leurs pays d’asile, ainsi qu’à l’intérieur du territoire syrien. À chacune j’ai demandé de me raconter ‘‘leur’’ révolution et ‘‘leur’’ guerre. Toutes m’ont décrit le terrible calvaire qu’elles ont vécu.
Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s’emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s’appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. »

Ce que j’en pense:

La guerre, souvent, nous la vivons de loin, tout ce que nous en voyons, c’est ce que nous montrent les médias. La guerre pour certains, c’est lointain et pour d’autres c’est leur vie. Samar Yazbek s’est intéressée à ses personnes qui vivent la guerre. Mais, pas à n’importe quelle personne, à des femmes syriennes, 19 exactement. C’est ainsi que 19 femmes est né. Tour à tour, chacune raconte son histoire, sa guerre, son expérience.
Je me suis plongée avec beaucoup d’appréhension dans cette lecture. Les essais ne sont pas vraiment mon genre de prédilection et le sujet bien que intéressant m’effrayait un peu. Et puis, j’ai commencé ma lecture et tout doucement, je me suis retrouvée en Syrie, au milieu de ces femmes qui livrent leurs secrets. Commencer à lire ce livre, c’est rentrer dans l’intimité de ses personnes, c’est découvrir leur vie, leur famille. Chaque femme a vécu la guerre différemment mais chacune a dû en payer le prix. Au fil des témoignages, j’ai découvert l’injustice, l’horreur. Au moment où je pensais avoir lu le pire, une autre situation me révulsait. Ainsi, j’ai découvert le long glissement vers la dictature et le culte de l’image. J’ai découvert les combats silencieux, les extrémismes religieux. Mais il n’y a pas que cela dans 19 femmes. Il y a aussi des femmes fortes, qui crient leurs idées haut et fort et sont pleine d’amour pour leur pays. J’ai vu des femmes se sacrifier pour d’autres êtres humains et lutter pour leur liberté.
À l’heure où les pays ferment leurs frontières aux migrants, Samar Yazbek prend le parti de raconter leur histoire. Chaque témoignage débute avec une présentation sommaire. Un nom, un âge, une profession et une situation familiale qui donnent d’emblée une dimension réelle et humaine à ces témoignages. Journaliste, étudiante ou avocate, aucune couche de la société syrienne n’a été épargnée par cette guerre. Grâce à son récit, l’auteure nous rappelle qu’avant d’être des immigrants, ces personnes étaient comme nous. Elles avaient une vie, une famille.
Le style reste très journalistique et essaie de ne pas tomber dans le pathos. Les faits bruts nous sont décrits et aucune horreur ne nous épargnée. 19 femmes est plus qu’un essai c’est une preuve que malgré la guerre, la voix des femmes trouvera toujours le moyen de s’exprimer.

Bref:

Une vraie claque.

Si je devais le noter:

5-plumes

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Sélection d’octobre 2020

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